La Nuit du Chasseur, par R.A. Salvatore

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milady51

La Nuit du Chasseur

En vingt-cinq ans d’existence, l’univers de Drizzt Do’Urden n’a cessé de s’agrandir, les personnages récurrents autour de l’elfe noir se multipliant, pour former en quelque sorte un petit monde dans celui des Royaumes Oubliés. Il y a d’abord eut Drizzt et ses frères les elfes noirs, puis les Compagnons du Hall, les frères Harpell, Artémis Entreri, plus récemment les Shadovars, et bien d’autres encore. Les années sont passées pour Drizzt aussi, les siècles mêmes, si bien que certains personnages ne sont plus. Mais par la magie des Royaumes Oubliés, nombreux sont ceux à avoir survécu aux affres du temps. On imagine pourtant mal tous ces personnages faire partie d’une seule et même aventure, tant ils sont nombreux et leurs objectifs différents. Et pourtant, avec La Nuit du Chasseur, R.A. Salvatore parvient à réunir quasiment tous les personnages formant cet univers qu’il a créé, pour une grande aventure peinant un peu à démarrer, mais qui ravira malgré tout les fans de l’elfe noir.

Après « Les compagnons » qui formait une sorte de prologue à cette nouvelle trilogie, et qui m’avait agréablement surpris bien que je ne partais pas ravi à l’idée que l’auteur réunisse les Compagnons du Hall, je partais cette fois-ci avec un bon a priori sur cette nouvelle aventure. Les nouveaux Compagnons du Hall ayant chacun un passé intéressant promettant de bonnes aventures, j’étais assez impatient de découvrir tout ça. Et pourtant, je dois avouer que les 150 à 200 premières pages m’ont presque ennuyées.
Dans cette première partie, on suit d’un côté les elfes noirs de Gontelgrim, qui fondent cette nouvelle cité drow, et notamment Quenthel qui complote une fois de plus. Pourtant ces machinations drows ne m’ont franchement pas intéressé. On ne parvient pas à comprendre vers où ils veulent aller, et les non-dits continuels m’ont ennuyé. En parallèle de ça on retrouve évidemment Drizzt et les Compagnons du Hall, qui se sont donnés pour première mission d’aller sauver un ancien ami à eux, Gaspard, dont Bruenor a découvert la nouvelle existence au cours de sa nouvelle vie. On devine donc que cela va les mener à Gontelgrim, et qu’ils vont donc croiser évidemment le chemin de ces drows qui y ont élu domicile, mais Salvatore traine à les faire partir, et l’aventure reste donc au point mort dans un premier temps. Et puis on retrouve également le groupe d’Artémis et Dhalia que je regrettais amèrement d’avoir abandonné après la séquence « Neverwinter« , et que j’étais donc plutôt content de retrouver ici. Pourtant dans cette première partie, on se demande bien ce qu’ils viennent faire dans l’histoire, tant la leur (sans réelle intérêt) paraît n’avoir aucun rapport avec l’histoire de Gontelgrim.
Ce n’est qu’une fois que ces trois histoires commencent à se relier les unes aux autres que le roman devient vraiment intéressant. Malheureusement pour cela, Salvatore nous aura fait passer par quantité de manigances drows en tous genres, et maints combats interminables pour les deux groupes de héros. C’est d’ailleurs l’un des points faibles de ce roman à mon avis, comme ce fut le cas de certaines autres aventures de Drizzt avant ça : la trop grande présence de combats. Certes Salvatore est doué pour les décrire, mais à force de les multiplier et de les faire durer et durer encore, on en arrive une fois encore à regretter presque les traductions tronquées de Fleuve Noir.

Le reste de l’aventure est bien plus intéressante, mais ne surprendra pas beaucoup les lecteurs connaissant déjà toutes les précédentes aventures de l’elfe noir. On est ici en terrain plus que connu, et Salvatore ne fait pas preuve de beaucoup d’inventivité, excepté la fin. Là où la séquence « Neverwinter » apportait un peu de fraîcheur à la saga, grâce à un groupe de héros bien différent des Compagnons du Hall, et à des ennemis totalement inédits également, ici on se retrouve face à un énième affrontement de Drizzt et les elfes noirs. L’histoire des drows ayant envahi la cité naine de Gontelgrim rappelle un peu trop Les torrents d’argent, et le combat des drows et des nains ramène évidemment trop à celui ayant déjà eut lieu dans L’invasion des ténèbres.

Pour cette nouvelle aventure des Compagnons du Hall à nouveau réuni, Salvatore semble donc un peu trop rester sur ses acquis et ne pas chercher à innover. C’est d’autant plus décevant que l’histoire de Régis ou celle de Cattie-brie, découvertes dans le précédent roman, promettent des aventures très différentes de celles qu’on vécues jusque là les héros. Espérons que tout cela viendra par la suite, car on se doute forcément que l’auteur n’a pas intégré ces éléments pour rien. Il est dommage qu’il faille avant ça passer par des aventures plus classiques, car la suite ici semble nous ramener à ce que Drizzt et les siens ont déjà vécu dans la trilogie « Les Lames du Chasseur » et sa suite Le Roi Orque. Seule petite différence, la toute dernière phrase de l’Epilogue révèle un coup de théâtre que j’avoue ne pas avoir vu venir, et qui est assez original. On peut aussi imaginer à travers certains personnages que Salvatore pourrait raconter une aventure différente à la manière de la trilogie « Mercenaires » bien que j’en doute fort sachant que désormais l’auteur semble vouloir tout faire tourner autour de Drizzt et uniquement lui.

Milady (Septembre 2015) – 448 pages – 21,90€ – 978-2811215187

Traducteur : Tristan Lathière Couverture : Tyler Jacobson

Au côté de ses vieux amis enfin retrouvés, Drizzt Do’Urden retourne à Gontelgrime pour sauver l’âme du fidèle garde du corps de Bruenor devenu vampire. Un périple à haut risque : outre les dangers de l’Outreterre et des morts-vivants qui y rôdent, les Compagnons du Hall vont au-devant d’une troupe de drows prêts à tout pour occire le renégat Drizzt Do’Urden. Dame Lolth n’a pas dit son dernier mot…

La Nuit du Chasseur, par R.A. Salvatore, 10.0 out of 10 based on 1 rating

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