La Porte de Bronze de Bernard Simonay

Il faut reconnaitre que Bernard Simonay maitrise son sujet : l’histoire est rondement menée et j’ai dévoré son livre.
Par contre, il est loin d’être exonéré de toute critique.

Si j’ai aimé de pouvoir suivre un monde de fantasy/SF suffisamment proche du notre pour ne pas alourdir la lecture avec ce besoin fastidieux de comprendre des nouvelles races ou nouvelles matières etc…, j’ai trouvé l’intrigue un peu cousue de fil blanc. L’explication du monde, qu’on perçoit tout au long du livre, est certes surprenante, mais à peine tant les indices qu’il y avait “quelque chose derrière” foisonnent.

On est forcément tenté de comparer ce titre à Phénix (quand on a lu phénix bien sûr) et force est de constater que la comparaison n’est pas en faveur de la porte de Bronze : les personnages sont trop lisses, l’intrigue trop linéaire, l’univers moins riche, et surtout là où Phénix apportait discrètement les messages humanistes de l’auteur, dans la Porte de Bronze c’est directement les gros sabots : le rapport à la nudité, le rapport à la guerre, le rapport à l’amour, le rapport à la femme… les messages sont tellement appuyés qu’ils en sont pesants.

Par contre, si ce titre était étiqueté “jeunesse-ado” cela me dérangerait moins, mais là, l’affichage est clairement adulte (avec un prix de poche assez adulte lui aussi).

Sur la planète Aurévia, tout le monde est en harmonie avec la nature et la violence n’existe pas. C’est particulièrement vrai sur Koralya, petite île de l’archipel de Nacre où vivent Darys et Ele’a. Leur amour semble indestructible et seul l’effacement – l’équivalent de la mort – pourra les séparer. Mais l’arrivée du seigneur Ykhare sur l’île ainsi que des rumeurs d’effacement total de plusieurs villes sur la planète annoncent des jours noirs pour Ele’a… et pour Aurévia tout entière. Bernard Simonay livre avec La porte de bronze un roman à mi-chemin de la science-fiction et de la fantasy, un livre où l’aventure est le maître mot, mais d’où la réflexion, sur la nature de la réalité notamment, n’est pas absente. Une réussite justement récompensée du prix Julia Verlanger.
Gallimard Folio SF (2008)494 pages 8.40 € ISBN : 9782070346769 (1994)

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