La Saga des Ibars de Daniel Piret

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Iona vient d’avoir 13 ans et devient à ce titre un homme. C’est aussi la période où le père raconte à son fils l’histoire des Ibars, issus de la planète « Oura ». Sur cette planète, deux mondes existent, un monde vivant sous le commandement d’un ordinateur (Baal IV) et un monde avec des mutants. Mais un homme s’opposera au sort fait aux mutants et par conséquent à Baal IV. Il n’aura donc d’autre choix que de fuir.

Cette terre, je te la donne à toi et à ta descendance… sachez la mériter, lui dit la pierre. Il ne tient qu’à vous de suivre mes enseignements ou de retomber sous la domination des machines et de perdre votre liberté. Vous êtes  le moindre des peuples de l’univers pourtant c’est par vous que passera mon message, par vous que les autres peuples connaîtront mon existence.

La couleur est annoncée dès le début du roman, « Toute ressemblance avec un peuple existant n’est pas forcément fortuite » et effectivement, aucun doute n’est possible sur le rapprochement entre les Ibars et le peuple juif (pour être plus précis un grand nombre d’évènements ne sont pas sans faire penser à des histoires de l’ancien testament, auxquels vous pouvez ajouter les évènements de ce siècle). Et du coup, cette histoire nous parle forcément, nous retrouvons un certain nombre de codes, de sentiments qui nous rendent l’histoire moins lointaine.

Alors bien sûr, l’originalité en prend un grand coup, banalisant le contenu mais cette transposition, augmentée de petites phrases rappelant qu’un peuple ayant oublié son passé à le risque de reproduire ses erreurs, rend le message intéressant. On retrouvera dans la persécution dont sont victimes les ibars, la persécution vécut par les juifs, et certains des propos poussé par Baal IV ne sont pas sans rappeler les raisons poussés par les antisémites pour justifier leur haine : appropriation des postes clés, complotages, … La seule différence étant que le persécuteur est une machine !

Un seul passage m’a gêné, du fait de cette proximité entre réalité et fiction, il s’agit de cette phrase énoncée lorsque les Ibars sont sur Naan, déjà habitée,  : « L’être Suprême nous a promis cette terre, nos ancêtres l’ont habitée mais ils ont pactisé avec les indigènes… Ils veulent l’affrontement, ils l’auront… ». Gêné parce qu’ambigue, comme si les Ibars voulaient s’approprier un territoire qui n’est pas à eux, sans respect pour les primo-habitants. D’ailleurs, ces guerres incessantes auront des conséquences dramatiques sur des populations pas uniquement militaires. De même, la présence de la puissance supérieure qui règle grand nombre de problèmes m’a déplu bien que parfaitement en ligne avec l’histoire et le message.

Pour le reste, une déception quant à l’oubli total accordé aux mutants, et pour lequel j’attendais une vraie histoire…

Si vous rajoutez à ces messages, l’asservissement de la population par la technologie, du fait d’un choix de facilité, il y aura de quoi réfléchir à la lecture de ce titre.

Le Domaine

Le monde est désormais entièrement contrôlé et ne laisse aucune marge de réflexion aux individus qui doivent se cantonner aux tâches et actions qui leur sont affectées. Pourtant, de plus en plus d’habitants se posent des questions, font des rêves étranges, que ce soit en ville ou à la campagne. A tel point que le Grand Gouvernant craint une révolte et projette la suppression de tous les déviants. Olia et Jason s’enfuiront pour y échapper.

Dans ce deuxième récit, nous voyons à nouveau la technologie rendre les humains esclaves de leurs habitudes, cantonnés à des rôles dès leur naissance sans aucune liberté ni libre arbitre jusqu’à ce qu’une force, non identifiée pendant une grande partie du récit, ne tente de réveiller le collectif humain. Le thème de l’oppression et de la résistance est bien entendu central de cette nouvelle histoire qui attire aussi l’attention sur ces personnes qui commettent des horreurs tout en croyant améliorer l’ordinaire du plus grand nombre rendant d’autant plus vrai le vieil adage « L’Enfer est pavé de bonnes intentions ». Un récit surprenant bien que les personnages principaux tombent bien facilement épris l’un de l’autre en dépit de tout le conditionnement qu’ils ont eu…

 

Black Coat Press (Avril 2011) – Rivière Blanche – 264 pages – 18,00€ – 978-1-61227-000-5

La Saga des Ibars : Après la « Grande Destruction » la planète Oura est partagée en deux blocs séparés par une barrière magnétique. D’un côté, les « Protégés », de l’autre, les « Isolés ». Les premiers vivent sous la coupe d’un ordinateur géant : Baal IV qui régit tout. Les autres sont des mutants victimes des radiations conséquentes de la grande destruction. Mais un peuple parmi les « Protégés » se révolte contre l’ordinateur. C’est à ce moment que débute LA SAGA DES IBARS.

Le Domaine : Olia et Jason, répondant à de mystérieux appels, quittent la protection du Grand Dirigeant pour rejoindre les Territoires interdits que l’on dit inhabités. Mais ces derniers recèlent un secret qui met en péril l’existence même du DOMAINE…

Couverture : Jean-Felix Lyon

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