La trilogie steampunk de Paul Di Filippo

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Comme son nom l’indique presque, il s’agit d’un recueil de trois nouvelles :

  • Victoria :

La reine Victoria est remplacée par un triton mutant mais pas méchant (cela reste un triton) à l’appétit sexuel insatiable, usant d’un vaporisateur pour maintenir l’humidité de sa peau et la première locomotive nucléaire se transforme en désastre, tragédie ridicule qui nous fait cruellement sourrire. La quête de Cosmo Cowperthwait, créateur dudit triton et l’ayant secrètement mis à disposition du gouvernement britanique, est de retrouver la véritable Victoria, fugeuse, afin d’éviter que le susdit triton ne soit couronné reine d’Angleterre.

  • Des Hottentotes :

Jacob Cezar et son épouse Dottie contactent le célébissime Pr. Agassiz pour retrouver un fétiche constitué de l’appareil génitale de la mère de Dottie, une Hottentote, le tout conservé dans du vinaigre. Cet artefact serait capable, si l’on effectue le rituel nécessaire, de vous rendre maître du monde. Encore faut-il contrer les ambitions des sorciers aborigènes, des néo-Templiers fanatiques et autres hurluberlus. Un hommage à Lovecraft des plus louffoques.

  • Walt et Emily :

Emily Dickinson rencontre Walt Withman, au cours des préparatifs d’une expédition du frère d’Emily et de ces compagnons au pays de l’éternel été, royaume de transition entre le royaume des morts et celui des vivants. Raconté avec les mots et la sensibilité d’Emily, avec son lot de naïfs et de charlatants, cette dernière nouvelle semble raconter l’histoire d’une expérience révélant une femme à elle-même et la tristesse désolante de son destin.

Paul Di Filippo manie la légerté et l’humour de manière à raconter de véritables horreurs avec une totale désinvolture. Ses nouvelles n’en sont que plus réjouissantes. Il sait jouer avec les clichés avant de les tordres. McGroaty, le factotum de Cosmo Cowperthwait est ainsi présenté en américain qui a tout vu, tout vécu, voyagé en Inde et avec les Peaux Rouges, et qui marque la permière nouvelle bien que son rôle y soit plus que secondaire. Les situations sont totalement saugrenues.

Dans Des Hottentotes, l’accent teuton de Jacob Cezar est tellement bien retranscrit, presque trop bien, qu’il en est parfois difficile à comprendre. Di Filippo fait d’excellement clins d’oeil à l’histoire et présente magnifiquement les défauts de la nature humaine. Il transcrit avec brio les obessions du savant Agassiz, imbu de lui même, par la transcripton des noms savants des animaux auxquels il associe les gens, les choses, les situations. C’est un Lovecraft burlesque, mais derrière le ridicule des situations et des dialogues se dresse un tableau incisif du racisme le plus primaire, de la grandiloquance bourgeoise confite dans ses prétentions.

J’ai été moins enthousiaste à la lecture de la dernière nouvelle, Walt et Emily. Elle est avant tout moins légère que les autres. On touche à la vie des poétes de l’Amérique, cela justifie-t-il alors tant de gravité, de solennité ? Emily est tout simplement aggaçante, trop romantique, trop emphatique, le moindre souffle d’air risquant de la faire défaillir sous le poids de l’émotion. Elle est une petite chose fragile énervante, mais bien de son époque. En cela, Paul Di Filippo réussi parfaitement à retranscrire une certaine atmosphère, une certaine époque.
Je n’ai pas compris cependant le but de cette nouvelle, ce qu’elle cherchait à raconter. L’expédition ridicule prend forme, superposé aux émotions d’Emily. Elle se déroule et s’achève sans qu’on en comprenne exactement le comment et le pourquoi. Comment a lieu le voyage si les médiums ne sont que des charlatans ? Comment a lieu le retour ? Qu’est-ce qu’Emily y a réellement apprit, si ce n’est ce qu’elle savait dès le début ?

J’ai Lu SF 318 pages – 7.00 € – 9782290302378

La rumeur court que la jeune Victoria a été enlevée et remplacée par un clone, mutant mi-femme mi-batracien. Qui pourra, sans trahir ce terrible secret d’Etat, retrouver la trace de l’original et lui faire regagner son trône ?
Des créature marines, digne de Loveraft, font peser une lourde menace sur le Massachusetts. Mais cette menace n’est rien, selon certains de ses plus « conservateurs » habitants, comparée aux Hottentotes, ces curieux aborigènes sud-africains récemment débarqués sur le Nouveau Continent…
La poétesse américaine Emily Dickinson s’amourache de Walt Whitman, qui la fait devenir femme et lui sert de guide dans une dimension temporelle aleternative où ils croisent la route du jeune Allen Ginsberg…

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