La vieille anglaise et le continent de Jeanne-A Debats

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C’est le premier roman publié par les éditions Griffe d’encre que je lis, et j’avoue avoir eu au départ quelques appréhensions. Qui se sont révélées être parfaitement stupides.

Jeanne-A Debats nous offre sa première novella (tout petit roman ou très longue nouvelle) sur le thème des profondeurs marines et de la mnèse, à savoir la transplantation de la conscience ? de l’intelligence ? du savoir ? de la mémoire ? peut-on même dire de l’âme ? d’un corps à un autre. En l’occurrence, il s’agit de débarrasser la riche militante Ann Kelvin de son corps mourant pour lui donner une mission de la plus haute importance dans un corps de cachalot, afin de participer à sauver la population cétacée (et plus si affinité).

Nous allons nous perdre dans les détails de la vie des cachalots, des orques et des baleines, se lamenteront certains. Il n’en est rien. La mise en scène du monde aquatique marque une bonne connaissance du milieu (sans doute l’Œuvre d’une passionnée), marqué par beaucoup de poésie et de sensibilité.

Nous allons être noyés par les détails de la mnèse, et donner dans la surenchère technologique, diront les autres ? Et je m’insurge encore, puisque l’essentiel est expliqué avec calme et intelligence. L’élément de science-fiction douce est parfaitement compréhensible, clair et précis, même pour ceux qui ont arrêté la biologie en seconde. Que les adeptes de sciences dures passent leur chemin. Et puisque j’aime la SF douce, je dois dire que j’y trouve parfaitement mon compte, avec des éléments technologiques qui font partie d’un tout, le tout en question servant à parler de l’humain (parce que si l’on aime la technologie pour la technologie, Science et vie ou Pour la science fait tout aussi bien l’affaire… là, nous avons droit à de la belle littérature).

Nous allons tomber dans les bons sentiments écologico-bien-pensant, hurleront les derniers ? Point du tout. Cette novella est une mise en scène que j’ai trouvée très juste de la nature humaine, avec ce qu’elle a de beauté et d’horreur. Sans concession au « politiquement correct » et au « bien pensant ».

Petite note personnelle : Pour les personnes que les descriptions médicales très « charnelles » effraye, cette novella en contient une qui m’a fait très grande impression (oui, je suis aussi une petite chose sensible). Je pense que c’est à savoir.

Certaines personnes sont si profondément attachées à la Vie sous toutes ses formes, tous ses aspects, qu’elles consacrent leur existence à sa préservation, quitte à sacrifier celle des autres…
Ann Kelvin, elle, lui consacrera sa mort.

Griffe d’Encre 78 pages 8.00 € ISBN : 9782917718001 Couverture : Christophe Sivet
200878 pages 8.00 € ISBN : 9782917718001

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