L’Autobus de minuit de Patrick Eris

Habitué des rayons polar, Patrick Eris nous emmène ici dans un roman qui, s’il rappelle le polar, appartient indubitablement au fantastique par la présence de personnages démoniaques, et notamment son personnage éponyme, l’autobus de minuit, une sorte d’agrégat d’âmes de soldats français de la première guerre mondiale mort lors de leur transfert à bord d’un bus, qu’ils feront revivre de manière éthérée en hantant les rues de Paris. Mais les choses se compliquent quand une entité franchement maléfique décide de s’installer à Paris et se sert de l’autobus de minuit pour assouvir ses pulsions. Et là c’est le drame, car une nuit, l’autobus enlève la jeune Caro, au grand desespoir de son petit ami Jeannot, qui devait normalement la ramener chez elle en moto au lieu de la laisser prendre le bus. Il se lance évidemment à sa poursuite, mais va devoir risquer et sa vie et son âme, face à cette puissance infernale qui sévit dans les rues de Paris.

Partant d’une légende urbaine, celle du bus/train/navire fantôme qui continue à circuler après la mort de ses passagers/déraillement/naufrage ( barrez les réponses fausses), Patrick Eris nous brode une petite histoire sympathique où un jeune homme – jeannot – veut retrouver la fille qu’il aime – caro, prisonnière du méchant bus, et devra affronter les acolytes placés sur sa route, dont le Nettoyeur, qui aime asperger les sdf d’essence pour mieux les faire brûler… Ah, ça n’embaume pas l’originalité scénaristique, c’est le moins qu’on puisse dire, mais pourtant, ça marche. Et pour le coup, on doit remercier l’auteur qui, avec son style simple mais accrocheur, un style de conteur pourrait on dire, réussit à nous plonger dans l’histoire, à faire oublier ses lourdeurs pour nous concentrer uniquement sur l’intrigue. Une intrigue qui fonce à cent à l’heure, et ce sans mauvais jeu de mot malgré la passion qu’ont Jeannot et le Nettoyeur pour les bolides, puisque tout est plié en un peu plus d’une centaine de pages. Court mais adapté, car l’histoire n’aurait probablement pas supporté le délaiement dans des détails inutiles ou des intrigues superflues.

En conclusion, avec une histoire doublement cliché ( dans son déroulement et dans son idée de base), Patrick Eris nous a préparé un récit qui se lit très bien. Il appartient à ces livres courts qu’on n’oublie pas de suite, la faute à son style vraiment sympathique, très naturel, qui loin de chercher un ton artificiel nous propose de la bonne émotion, une légère tension qui rend ce roman fantastique agréable jusqu’à la dernière page.

Un mystérieux meurtrier hante les rues de Paris : il est le Nettoyeur et immole par le feu les SDF. Mais une autre créature spectrale erre sur les boulevards à la recherche de victimes : l’Autobus de Minuit des légendes urbaines, une entité immémoriale qui a fait de la capitale son terrain de chasse. Lorsque Jeannot, un jeune motard, se lance à la recherche de son amour avalé par l’autobus, il va précipiter la rencontre entre le psychopathe et le prédateur spectral. Un choc qui ne pourra être qu’explosif…

Un thriller urbain qui nous entraîne dans les rues d’un Paris bien caché sous la surface du quotidien !

Malpertuis (2009)144 pages 13.00 € ISBN : 978-2-917035-06-1 (2001)
Couverture : Nemo Sandman

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