Le Dernier Héros de Terry Pratchett

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Les Annales du Disque Monde 23

Cohen le Barbare et ses amis de la Horde d’Argent sont de retour, et autant vous le dire, ils ne sont pas contents. Nous les avions laissés en Aurient à la tête d’un empire Agatéen complétement gaga, et surtout encore plus riche que jamais. Mais ils se sont rendus compte qu’être roi, c’est pas cool pour un barbare, car on s’ennuye à le gérer. Fini les vierges pas effarouchées, les trésors inacessibles, les monstres surpuissants et l’arthrite récurrente. Alors, comme ils ont aussi compris qu’ils se faisaient vieux, qu’ils s’encroutaient et que les dieux étaient les méchants, ils ont décidé de rendre justice eux même. Une équation plutôt simple, un imbécile a eu l’idée de dérober le feu aux dieux et, par la même, a rendu les hommes mortels. Ils vont leur ramener le feu, interêts compris bien entendu, et annihiler la mort.

Pour cela, il leur faut traverser le disque, les montagnes du bélier et escalader le moyeu. Alors, devant eux se dressent les brigands, la fatigue, la magie, la vieillesse, la neige et l’âge. Mais ce sont des héros après tout, et ils trouvent toujours une solution.

Mais Rincevent n’est pas d’accord, ou disons qu’on ne lui a pas laissé le choix d’être d’accord ou non…

ORCUS NF

Le Dernier héros est une oeuvre à part dans toutes les annales, un peu comme Eric. En effet, ce sont les deux seuls tomes à êtres sortis dans une édition prestige, agrémentée de nombreux dessins originaux de Paul Kidby. Mais contrairement à son prédécesseur, LDH va encore plus loin, le livre n’est plus seulement accompagnée d’illustrations, il est lui même une illustration permanente. Le texte devient secondaire, juste l’occasion de faire de beaux dessins. ce n’est pas d’ailleurs pour rien qu’il n’est au fond qu’une grosse nouvelle, rien de plus.

En effet, vous remarquerez que malgré ses 200 pages, le texte est assez court, augmenté grâce à l’utilisation classique de police plus grande et de marges au dessus de la moyenne, il n’est plus qu’un compagnon. Nous avons bel et bien un Art Book, et non un roman. Cependant, il nous faut en parler, car l’histoire est une des plus originales, même si reprenant une fois de plus des héros qui peuvent nous sembler usés jusqu’à la corde tant ils reviennent souvent dans les annales.

Ainsi, outre l’inévitable Rincevent, nous retrouvons avec plaisir Cohen le Barbare et ses amis de la horde d’argent, sans oublier le capitaine Carotte. Bien entendu, au second plan se trouvent l’éventail habituel de personnages tels que le Patricien, les mages de l’université de l’invisible ( ah ce ridculle…), le singe de service ( ook ) et, surprise de taille, le génial et étourdi Léonard de Quirm, trop peu présent dans les annales en dépit de son grand potentiel. Heureusement, cette lacune est ici rattrapée puisqu’il est un des héros majeurs du tome, l’occasion de dévoiler un personnage atypique et si intéressant ( et surtout original).

Schéma classique s’il en est un, la menace des héros, Rincevent envoyé en renfort, les dieux qui continuent à jouer sur leur plateau géant et le Patricien qui s’énerve. D’autant plus que comme au début des annales, nous retrouvons l’idée des chélonautes, ces intrépides voyageurs qui partent faire le tour de la grande A’tuin, et pour ce faire, plongent au dessus du rebord et du périfilet. Mais l’humour parvient à sauver cet archétype littéraire grâce à Léonard de Quirm, qui insuffle un enthousiasme nouveau aux gags de Carotte et de Rincevent. De plus, La Horde d’argent réussit l’exploit de nous émouvoir tout en nous faisant rire, ils accumulent les défauts et les obstacles sans tomber dans la caricature. Ils sont des héros aux noms évocateurs et symboliques, mais ne tombent pas dans le connu, leurs personnalités, seulement ébauchés dans le tome 16, sont ici complétées avec brio. C’est un plaisir de les (re)découvrir.

Donc, l’histoire ne faiblit pas, malgré les descriptions parfois un peu pompeuses, et gagne en intensité au fil de la narration, pour atteindre son apothéose au moment du dénouement. C’est un casting de choix, auquel il manque peu de célébrités ( les sorcières peut être) et qui assure une histoire dynamique et de bonne qualité, même si la plupart des moments clés ont déjà été évoqués ailleurs.

Mais le plus important reste néanmoins le dessin, qui est ici l’oeuvre d’un maître absolu. On peut dire que Paul Kidby n’a pas volé son succès, il est vraiment un des meilleurs illustrateurs du moment, et il participe autant, voire plus à la qualité de ce tome que Pratchett. Car nous savons maintenant à quoi ressemblent nos héros preférés, bien que nous ayons notre propre idée dessus, nous savons maintenant à quoi pensait Pratchett et Kidby. Quelques surprises peut être, mais rien de non plus extraordinaire. Rincevent est toujours un martyr, Vétérini froid et Carotte naïf. Dans le cas présent, la phrénologie serait véritablement une science exacte si on l’appliquait aux annales!!

Outre cela, nous avons droit à des dessins d’A’tuin, des montagnes du bélier, de la mer circulaire, du périfilet, de Dumanifestine, des dieux, des dragons, des poêles, des méchants et des pas beaux, de tout ce qu’on peut rêver de voir et qui est présent dans ce tome. ( il est évident pour des raisons techniques que Deuxfleurs et Mémé par exemple ne sont pas là ). J’aime particulièrement les parodies de tableaux célèbres, comme une certaine fresque murale de Michelange archiconnu, où cette fois Cohen se moque de Io l’aveugle. Mais des doubles pages comme celle là, vous en trouverez des pelletées, toutes plus savoureuses les unes que les autres.

Au final, un livre qui se lit autant qu’il se regarde, et c’est agréable, indéniablement. Une oeuvre d’art rarissime, quasiment introuvable en magasin, probablement jamais rééditée en français, alors si vous le trouvez, n’hésitez pas. De toute façon, en le voyant, vous comprendrez tout de suite pourquoi c’est le seul livre de ma collection à être conservé sous papier bulle…

ETIENNE

Pas grand chose à rajouter à la critique d’Orcus, cet hors-série vaut clairement plus par la grande qualité des illustrations que par l’histoire un peu maigrichonne. Cette dernière donne quelques regrets à ne pas avoir croisé plus souvent Cohen le Barbare dans les tomes classiques, c’est un personnage avec un beau potentiel alors que Carotte n’apporte pas grand chose.

Cette histoire permet donc de mettre des images sur des textes familiers ou de découvrir un univers sous un angle visuel. Il me semble quand même plus approprié à des connaisseurs de l’univers. Les amateurs des aspects graphiques pourront utilement se tourner vers les adaptations télévisuelles (Monnayé, la huitième couleur,  Le Père Porcher) qui sont splendides et permettent de découvrir facilement  l’univers.

C’est une légende vivante, le plus grand héros du disque-monde. Il se souvient encore du temps de la grande aventure. Il se souvient encore du temps où les héros n’avaient pas encore à se soucier de clôtures ni de procès ni des contraintes des civilisations. Il se souvient du temps où l’on ne se faisait pas enguirlander pour avoir abattu un dragon. Mais il ne se souvient pas toujours où il a rangé son dentier. Et c’est agaçant.

Alors, à la tête de ses vieux ( très vieux) compagnons de la Horde d’Argent, Cohen le Barbare s’est mis en route pour sa dernière quête. A l’assaut de Cori Celesti, le moyeu du Disque Monde, la montagne où résident les Dieux.

Il leur rapporte lui, le dernier héros, ce que le premier leur a volé. Avec les intérêts. On frémit. La fin du monde est proche. Va encore falloir s’y coller.

Avec une pleiade de vedettes confirmées, de l’ineffable et calamiteux Rincevent au capitaine Carotte du guet municipal d’Ankh Morpork, et l’exceptionelle participation de Léonard de Quirm, artiste et inventeur génial.

Une aventure qui vous entrainera tout autour du disque et jusqu’à la demeure des dieux.

L’Atalante (2003)176 pages 9.99 € ISBN : 2-84172-251-1
Traduction : Patrick Couton
Titre Original : The Last hero
Couverture : Paul Kidby
2001

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