Le dictateur qui ne voulait pas mourir de Bogdan Teodorescu

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Moyenne : 8.0/10 (1 vote pris en compte)

Après m’avoir fait découvrir de la science-fiction portugaise avec L’installation de la peur de Rui Zink, les éditions Agullo me font découvrir un oeuvre roumaine qui met en scène une Roumanie sous un régime dictatorial.

L’avantage de ce roman est de nous faire suivre l’histoire du point de vue du dictateur. Ce dernier prévoit un coup d’éclat, permettant comme vous le découvrirez très vite, de faire surgir le passé dans le présent. Ce qui est intéressant, au-delà de cet aspect science-fiction, c’est bien la vision de notre chef d’état sur ce qu’est un dictateur. Nous allons comprendre petit à petit comment a été acquis le pouvoir et comment le faire durer, en slalomant entre les différentes attentes des conspirateurs, celui du peuple et bien sûr celui de ses alliés.

Le roman est d’un cynique plaisant, nous montrant avec une froideur pratiquement clinique tous ces petits arrangements et tout ce parcours pour maintenir ce subtile équilibre entre carotte et bâton.

Il avait toujours fait de la politique et il était au pouvoir depuis cinquante ans. Pendant tout ce temps-là, il avait été entouré de gens qui essayaient de le convaincre de leu loyauté et de la déloyauté des autres. Quand il était jeune, il les écoutait tour à tour. Des heures entières de délations plus infectes les unes que les autres.

Mais la force de ce récit et de nous faire voyager dans les différents protagonistes jusque nous donner un 360° sur ce qui semble être la fin de vie du dictateur, et sur la méthode qu’il souhaite utiliser pour s’affranchir de la mort.

En plus, nous allons pouvoir découvrir l’histoire et les personnages historiques d’un pays qu’on ne connait finalement que très peu et c’est aussi un peu l’objectif que cherche à atteindre notre dictateur: remettre au centre d’une Europe une Roumanie qui finalement n’est que peu écoutée.

Un roman très politisé comme vous vous en doutez, et à découvrir rien que pour le plaisir de découvrir une science-fiction différente.

Pour le plaisir :

On ne peut pas en même temps de la culture et de la culture de masse.

Agullo (Février 2018) – 131 pages – 17,50€ – 9791095718376
Traducteur
: Jean-Louis Courriol

Que se passerait-il si le passé faisait irruption dans le présent, une irruption concrète, visible, palpable ? Telle est la question que rumine le Président, à la veille de lancer son grand défi à l’Histoire. Enfermé dans une serre au verre sali par la pluie, d’où il dirige la Roumanie d’une main de fer depuis plus d’un demi-siècle, le dictateur s’apprête à offrir à son pays la gloire et une revanche éclatante sur le mépris du « monde civilisé ». Au passage, il compte bien acquérir l’immortalité. Pour éterniser son pouvoir et échapper à l’érosion du temps, il a fait construire en secret un prototype unique. Un portail entre présent et passé, capable de ramener les morts. Et demain, il ramènera le plus illustre d’entre eux : un grand homme, un grand guerrier, un grand patriote… Michel le Brave. Mais que fera Michel le Brave au xxie siècle ? Il surfera sur Internet ? Il regardera la télé ? Il ira au stade ? Quand le leader d’une époque où empaler ses adversaires était pratique courante débarque dans notre réalité, c’est la violence brute du Moyen-Âge qui déferle et provoque des réactions en chaîne pour le moins imprévisibles… 

Le dictateur qui ne voulait pas mourir de Bogdan Teodorescu, 8.0 out of 10 based on 1 rating

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