Le Dit de Frontier I de Léa Silhol

Musiques de la frontière 1

Nous sommes au début des années 2000. Au fond des centres, des enfants anormaux sont entassés, parqués et surveillés. Leur faute : être des changelings, des enfants fées, ou en tout cas, suspectés de l’être. Il n’ay a pas d’autre explication à leur existence. Des gens normaux ne peuvent avoir donné naissance à de pareils monstres aux pouvoirs si effrayants.

Certains se sont enfuis. Ont grandi. Ces enfants perdus, sans terre ni asile, se sont regroupés, et sillonnent nos villes, le couteau à la main, le pistolet gravé d’incantations passé à la ceinture. Le Glamour, leur magie qui les rend si différents, toujours au bout des doigts et des lèvres. Et surtout avec cet air de ne pas faire partie de notre monde.

Quand Shade décide de trouver un refuge à tous ces «Changelings », de libérer ce qui deviendra son peuple, celui des Fay, ils seront plusieurs à le suivre dans un chemin de violence, de combat d’où naîtra la Ville fée, Frontier.

Ce recueil de nouvelles retrace la genèse de cette ville, le parcours de certains de ses membres, de ses habitants les plus frappants.

Je n’avais pas encore lu de livre de cette auteure, à ma grande honte. Mais j’avais lu l’interview d’elle sur Fantastinet, lu les critiques qui avaient déjà été faites sur ses précédents livres. Et je ne peux que rejoindre ces avis. Léa Silhol est une poétesse doublée d’une conteuse. J’ai été marqué à la lecture de ce recueil comme je l’avais été avec Le Dit de la terre plate de Tanith Lee (le maître des ténèbres, le maître de la mort, le maître des illusions, la maîtresse des délires, les sortilèges de la nuit), ou le Cycle de Lyonesse, de Jack Vance.
De la fantasy que l’on voudrait pouvoir se faire conter par l’écrivain, pour voir, pour pouvoir se perdre complètement dans la personne qui l’a fait naître. Mais avoir ce monde entre les mains, vous permet déjà de vous y immerger, je vous le promets.
J’ai trouvé ce livre lors d’une opération faite sur le Cyberpunk dans une petite Fnac (dont je remercie au passage la nouvelle responsable du rayon merveilleux). La fantasy urbaine fait partie de ce style, et même si je ne suis pas pour une démultiplication des genres, j’aime bien cette dénomination. Elle décrit bien ce récit.
Mélange de réalité et de magie. Mélange de violence et de douceur. Confiance et peur. Tout au long des nouvelles, deux mondes qui malgré la peur de l’inconnu cherchent à se connaître, à se rejoindre, à briser les murs créés par l’ignorance. Seulement le monde des fay, s’il veut bien accepter en son sein les membres de la réalité, garde jalousement certains de ses mystères. Léa Silhol nous en entrouvre les portes. Et on ne peut que l’en remercier.

Ah oui, la préface de Jess Kaan (http://perso.wanadoo.fr/jess.kaan/ ) étant encore plus dithyrambique que mon résumé, si vous préférez vous faire un avis objectif du livre, lisez après 😉 . Vous trouverez aussi, à la fin du livre, une étude de Frontier par Natacha Giordano. Le long de ces quarante pages, elle vous décortique Frontier avec précision, presque clinique (Après un petit tour sur le glamour numérique, Natacha Giordano peut se permettre une étude pareille, allez la découvrir ici (http://www.oxymore.com/inter_giordano.php4) . Pour ceux qui n’aiment pas qu’on leur montre les trucages d’un film, ce n’est pas obligatoire, je trouve. Même s’il n’y a aucun trucage dans l’Œuvre de Léa Silhol.

Oxymore Moirages (2004)313 pages 9.99 € ISBN : 2-913939-47-3 Couverture : de Amar Djouad, Frédérique Berthon

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