Le Phare au Corbeau de Rozenn Illiano

Agathe et Isaïah travaillent ensemble à exorciser des lieux, s’appuyant pour l’un sur sa connaissance des rites permettant de le faire et pour l’autre sur sa capacité à entendre les morts…

L’équipe qu’ils forment est atypique dans le milieu des sorciers parisiens… Isaïah appartient à une famille de sorciers qui connaissent et lui ont appris les rites Hoodoos permettant d’exorciser les lieux mais il n’a personnellement aucun don. Ce qui ne l’a pas empêché d’être accepté avec sa différence contrairement à Agathe qui est la seule détentrice d’un don (elle voit les esprits) au sein de sa propre famille, ce qui lui a valu d’être mise à l’écart.

Pour pouvoir payer leur loyer (et la réparation de leur chaudière), le couple d’enquêteurs acceptent d’enchaîner les missions et vont notamment accepter de répondre à l’appel au secours de Gaël, un ami d’Isaïah, devenu maire d’une petite ville bretonne…

En effet, une étrange malédiction semble frapper le domaine de Ker ar Bran, sur lequel autant la propriété que le phare adjacent véhiculent depuis des siècles, avec évidemment le lot de drames associés à ce genre d’événements : disparitions surprenantes, morts discutables et fantômes à tous les étages.

Persuadés de pouvoir régler le problème rapidement, notre duo d’enquêteurs va se rendre sur place, pour se rendre compte rapidement que le phénomène dépasse largement leurs capacités… ce qui est probablement renforcé par le fait qu’Agathe ne se sente pas forcément légitime dans son métier !

Et c’est bien le point important de ce récit de mon point de vue : Rozenn Illiano a su construire des personnages nuancés, connaissant leurs points faibles et capables de se remettre en question. Isaïah et Agathe fuient déjà des histoires amoureuses qui les ont marqués tout deux à des niveaux divers et prennent cette escapade comme un bon bol d’air. Ils sont aussi conscients de la limite de leurs “pouvoirs” : Is dépendant totalement de la capacité d’Agathe à voir les fantômes, et Agathe dépendante d’Is pour libérer les esprits. Le sentiment de non-complétude que ressent Agathe est un bruit de fond que nous entendons sans réussir à mettre le doigt – tout comme elle d’ailleurs – sur l’impact que cela aura sur leur aventure bretonne.

L’ambiance qu’instille progressivement l’autrice dans le roman mettra aussi vos nerfs à rude épreuve et c’est avec beaucoup de frissons que nous suivons ce couple d’enquêteurs atypiques.

Editions Critic (Août 2019) – 416 pages – 20€ – 9782375791271

« La plupart du temps, les gens qui nous reçoivent n’y entendent rien, ils se montrent sceptiques, même. Ou du moins, ils l’étaient avant que le malheur frappe leur maison. »
   Agathe et Isaïah officient comme exorcistes. L’une a les pouvoirs, l’autre les connaissances ; tous deux forment un redoutable duo. 
   Une annonce sur le réseau social des sorciers retient leur attention. Un confrère retraité y affirme qu’un esprit nocturne hante le domaine d’une commune côtière de Bretagne et qu’il faut l’en déloger. Rien que de très banal. Tout laisse donc à penser que l’affaire sera vite expédiée.
   Cependant, lorsque les deux exorcistes débarquent sur la côte bretonne, le cas se révèle plus épineux que prévu. Une étrange malédiction, vieille de plusieurs générations, pèse sur le domaine de Ker ar Bran, son phare et son manoir.
   Pour comprendre et conjurer les origines du Mal, il leur faudra ébranler le mutisme des locaux et creuser dans un passé que certains aimeraient bien garder enfoui…

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