Le printemps d

Helliconia 1

Yuli est un jeune chasseur, avec son père, ils sortent de leurs montagnes pour aller chasser sur les plaines d’Hélliconia, car la famine sévit chez lui. Mais son père est capturé et emmené en esclavage par des phagors. Yuli ne peut rien faire, et s’aventure sur la longue plaine, exposé au blizzard permanent et au froid insistant. Par miracle, il parvient jusqu’à une cabanes habitée par un traqueur et sa femme. Ceux-ci le soignent puis le confient à deux commerçants qui, une fois hors de vue, tentent de le tuer. Yuli parvient à leur échapper et s’enfuit. Puis se ravisant, car sachant avoir peu de chance de survivre encore une fois, les suit à distance. Une fois proche de Pannoval, une ville nichée dans des grottes creusées dans les montagnes, il tue les deux marchands, s’empare de leur traineau et se dirige vers la Ville.

Là, il est recueilli par deux marchands, qui l’aident et l’initient aux moeurs de la cité. Après une révélation mystique, il se convertit au culte d’Akka, et décide d’entrer dans la prêtrise. Commence un enseignement d’un an, très particulier car son maître n’est pas celui qu’il semble être. Il l’initie à de grands secrets, et notamment à des idées jugées hérétiques.

Yuli finit par s’enfuir, nostalgique du monde extérieur, et poussé aussi par certaines contraintes assez dangereuses. La route sera longue et non dénuée d’embûches. Mais une fois parvenu à destination, il saura vite se montrer un meneur d’homme exceptionnel, un conquérant. Il finira par devenir le chef d’Embruddock, un gros bourg local.

La véritable histoire commence, celle de ses descendants, qui eux vivent durant la fin de l’Hiver et l’aube du Printemps.

J’ai beaucoup entendu parler de cette trilogie comme d’un des cycles majeurs de la SF. Et certains se réjouissaient même de l’invention de la bombe atomique, car Aldriss ayant combattu dans le Pacifique, elle lui a peut être suavé la vie. Une idée bien tranchée et assez dangereuse, mais qui montre bien l’estime qu’ont les fans de Sf pour Aldriss.

Et pourtant, j’ai été déçu. Pour dire simplement, peut être vous rappelez vous le dossier intitulé “comment ne pas écrire des histoires”, écrit par Yves Meynard pour Solaris. J’ai juste eu l’impression qu’Aldriss faisait exactement le cotraire de tout ce qui était conseillé. J’ai quasiment eu l’impression de lire un auteur débutant, pour dire.

Ainsi, s’il fallait un exemple, ce sont les noms de certains lieux proprement imprononçables. C’est bien, ça fait exotique, mais c’est pas très intéressant. Sans parler de certains aspects peu développés par rapport à d’autres sur développés. Ainsi, une espèce, les dourêves, disparaissent. Bien qu’ils apparaissent plusieurs fois dans le texte, ils ont droit à une description sommaire et à une explication télégraphique de leur disparition. Sympa quand même. C’est un peu dommage, et ça entache énormément la confiance que je pouvais mettre en lui sur la base de sa réputation.

Néanmoins, du point de vue de l’histoire, rien à dire. Le décor est un microcosme, à peine 150 habitants au début, mais ça suffit largement pour bâtir un système cohérent de tensions sociales, de luttes politiques et d’exacerbation des sentiments. Un vrai petit Etat en crise. Et l’histoire ests bien menée, avec beaucoup de suspense, des retournements imprévisibles, des alliances improbables, un scénario en béton en somme.

Donc, un fond incroyablement riche et bien réalisé, mais une forme parfois médiocre, qui dévalorise réellement le livre, sans en reflèter sa vraie valeur.

Helliconia, planète de type terrestre, surveillé depuis des siècles par un satellite terrien, tourne autour de deux soleils, Batalix et Freyr. Son orbite autour de Batalix dure une petite année de quatre cent quatre-vingts jours. Mais elle accompagne Batalix autour de Freyr en mille huit cent vingt-cinq petites années.

Parce que Freyr est une étoile géante et que cette grande orbite est très elliptique, Helliconia connaît un terrible hiver de plus de cinq cents ans, un été torride de même durée, et entre les deux un bref printemps.

Ces saisons sont si longues que les habitants d’Helliconia, humains et phagors, n’en conservent pas le souvenir, sauf dans leurs légendes. Pour Yull, le chasseur, le printemps d’Helliconia, c’est le monde à l’envers, l révolution, le dégel de l’histoire…

Robert Laffont Ailleurs et Demain (1984)440 pages 9.99 € ISBN : 2-221-01020-5
Traduction : Jacques Chambon
Titre Original : Helliconia Spring (1982)

Jonathan Cape 1982

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *