Le Rituel d’Adam Nevill

Vous connaissez Le Projet Blairwitch et vous avez aimé ? Si la réponse est oui, il y a fort à parier que vous allez accroché à cette histoire d’Adam Nevill, plusieurs fois récompenser et notamment pour ce titre par le British Fantasy Award en 2012. A noter aussi que le roman a été adapté / disponible sur Netflix.

De quoi s’agit-il ? de quatre amis de fac, proches de la quarantaine, qui décide d’aller se faire une petite virée dans la nature sauvage, de façon à se rappeler leurs meilleures années. Parmi le quatuor, deux ont une condition physique sportive, Hutch, toujours prêt à rendre service et dans la conciliation et Luke qui a toujours refusé toute forme d’engagement : sans femme ni enfants, travaillant dans un boulot alimentaire, il est en quelque sorte le rêveur du groupe. De leurs côtés, Phil et Dom ont toute la réussite, un travail qui les a rendu riche, une femme et une famille.

Et donc, ce petit groupe se retrouve à faire de la randonnée au travers des bois sauvages suédois jusqu’à ce qu’ils tombent sur un cerf éviscéré suspendu… L’image choquera les quatre amis et ce ne sera que le début d’une situation qui va mettre leurs nerfs à très rudes épreuves.

Le roman d’Adam Nevill peut se voir en deux parties… et aucune des deux n’est vraiment crédible même si la première présente un intérêt certain avec cette fuite des quatre amis devant ce qui semble être un monstre issu des temps anciens nordiques. Pourtant, il est surprenant d’imaginer que ces quatre personnages aient décidés, malgré leur passé de fac commun, de partir ensemble à l’aventure tant les dissensions au sein de leur relation semblent les éloigner : entre Dom et Luke notamment, les avis sont totalement opposés, avec des visions de la réussite et des trajectoires trop opposées pour pouvoir les laisser dans une même pièce (ou tente dans notre cas). Néanmoins, toute l’introspection due à cette situation de stress est ce qui m’a finalement le plus plu…

Il est rapidement perceptible dans cette première partie que quelque chose de très ancien traîne dans le coin, et la découverte de cette maison dans les bois, alors qu’ils sont déjà au bord de la rupture physique est un des moments les plus tendus du récit. Lorsqu’on lit ce passage, on se retrouve plongé dans la terreur que vont subir les personnages, avec cette ambiance obscure, ces visions si bien décrites de l’horreur du lieu.

Mais tout va basculer dans la deuxième partie du roman où l’auteur semble avoir été à court d’idée et c’est bien dommage car tout est gâché par cette facilité dans la narration. Pourquoi avoir voulu tout replongé dans une histoire d’adolescent avec ce cliché autour des amateurs de musique Métal qui sont nécessairement des satanistes ?

Le résultat est un roman donc en demi-teinte qui aurait mérité un peu plus de soin dans son dénouement ou alors qui aurait mérité de s’arrêter avant de tomber sur le groupe d’adolescents…

Donc, à voir si l’adaptation rattrape un peu le roman, un roman plutôt mitigé.

Bragelonne (Février 2019) – Terreur – 451 pages – 6,90€ – 9791028102654
Traduction : Benoit Domis (Etats-Unis)
Titre Original : The Ritual (2011)
Couverture : Shutterstock / Jean-Charles Pasquer

Lorsque quatre copains de fac partent camper dans la nature sauvage scandinave, ils espèrent simplement échapper au quotidien et renouer des liens. Mais en quelques heures leur randonnée tourne au scénario de cauchemar. Perdus et affamés dans des bois inexplorés depuis des lustres, la situation leur échappe à une vitesse vertigineuse. Mises en scène macabres et sacrifices païens en l’honneur d’une créature millénaire : face à l’innommable, la folie guette ceux qui font désormais partie du Rituel…

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