Le Saint-Patron des plans foireux d’Eric Gauthier

En me baladant dans les travées des Utopiales, j’ai eu la chance de croiser Eric Gauthier, qui faisait partie de la délégation québécoise présente sur le salon. L’occasion d’échanger sur d’éventuelles différences et de me donner l’opportunité de découvrir le dernier titre d’un auteur connu outre-manche.

Dire que la couverture – et le titre – m’ont intrigué ne sera pas une surprise et je me suis donc lancé dans la lecture des aventures de Philippe Sigouin, ce jeune homme qui a longtemps monter des combines avec son frère et qui cherche maintenant à se faire une situation plus enviable.

Néanmoins, une proposition d’une de ses amies lui permettant de remporter un dernier pactole, en tout cas l’espère-t-il, l’a fait craqué : ils contribuera donc à un acte qu’il n’aurait jamais pu envisager… Le squelette d’un Saint devrait rejoindre, grâce à ses services, la collection d’un riche armateur.

Le Saint en question, Saint Deodadus, a pourtant attiré l’attention d’un autre groupe, qui, sous couvert de religiosité, va donner vie au squelette… Une nouvelle aventure va commencer dans laquelle nous apprendons beaucoup plus sur la sainteté des reliques et leurs origines, et durant laquelle notre jeune “prodige” des petites combines va subir coup du sort contre coup du sort…

L’ambiance est très étrange et bourrée d’humour et c’est une histoire rocambolesque mais oh combien trépidante que nous découvrons au travers des quelques 400 pages que composent le récit. Philippe Sigouin est l’archétype du brave type pour qui rien ne marche comme cela devrait…

Les personnages vont rapidement se révéler attachant, et en tout premier lieu le duo improbable que forme Philippe avec Hortensia, une antiquaire aussi sympathique que perdu par l’affaire dans laquelle elle va se plonger… Notamment, tous deux vont découvrir dans leur acheteur un personnage aussi colérique qu’il peut devenir violent. A l’opposé de cela, ou en tout cas en contre de leur activité, une petite bande de conspirateurs de bar vont devenir les héros malgré eux du retour à la vie d’un Saint que nous découvrirons être autre chose que ce que l’on imaginait… Une surprise qui en amènera d’autres et vous fera passer un bon moment.

Néanmoins, il faut que j’admettes que le québécois, bien que proche du français, n’est pas si facile à lire que ce que je pensais en première approche.. La conséquence étant que j’ai eu bien du mal dans les premiers temps à rester concentrer sur le récit et – honte à moi – je me suis même demandé si finalement une traduction dans un français plus “classique” ne serait pas intéressant.

Mais qu’à cela ne tienne, nous nous y faisons finalement assez rapidement et la difficulté des premières pages va rapidement s’estomper pour nous interroger sur la capacité du jeune Sigouin à résoudre la situation dans laquelle il s’est gentiment mis tout seul 🙂

A lire (Mars 2019) – 444 pages – 20€ – 9782896151998
Couverture : Pascal Colpron

Philippe Sigouin a passé sa jeunesse à monter des combines avec Yannick, son grand frère et partner de toujours. Mais comme ce dernier vient de le trahir joliment, Sigouin a décidé que ça ne se reproduirait plus : dorénavant, il volera de ses propres ailes.
Pourtant, si on lui avait demandé quel serait son premier coup d’envergure, jamais il n’aurait pensé répondre « l’importation du squelette d’un saint couvert de bijoux ». Or, c’est bien ce que lui propose Hortensia, une antiquaire peu habituée aux transactions criminelles mais en relation avec un « respectable » acheteur prêt à débourser une somme faramineuse pour acquérir cette sainte marchandise.
Si l’entrée au pays de saint Deodatus se déroule sans anicroches, le plan de Sigouin dérape soudain quand des intrus s’emparent du squelette. Puis c’est la réalité même qui dérape quand, kidnappé parce qu’il a reconnu un des voleurs, Sigouin assiste à une troublante cérémonie au terme de laquelle il voit le squelette s’animer !
Ébranlé par ce miracle indésiré, contrarié par les disciples d’un martyr douteux et bientôt menacé par de plus grosses crapules que lui, Sigouin ne sait plus à quel saint se vouer pour demeurer fidèle à sa parole, c’est-à-dire livrer la « marchandise » au client !

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