Le Sommeil du chien de Pierre Pelot

Ron Dublin est en proie au doute, il a perdu ses certitudes, a peur du monde qui l’entoure. Il sait que sa maison sur la colline est son refuge. Il a peur de sortir du cratère, d’aller dans le dehors, et il va à contrecoeur jusqu’au village du dehors. Il s’isole, reste seul, promène le chien pour lequel il construira une barrière au printemps, et se balade aux alentours, dans la forêt, jusqu’à l’étang. Parfois, il rencontre Natha Ray, et, quand il a de la chance, Cygnée Siudmak, mais sans jamais lui parler. Autour de lui, c’est le chaos, car il ne reconnait plus sa femme, ses amis s’éloignent, et surtout, il ne sait pas s’il a réellement une existence dans le monde. Ses livres sont publiés, quelques uns sont refusés sans explication, et jamais il n’a d’écho de son travail. Aucune mention à la télévision, dans le journal, et pas même de courriers de lecteurs ou d’indices lui montrant qu’il est lu. Il est perplexe. Et puis, quand il commence à tomber de plus en plus dans les pommes, dans ce qu’il appelle la plongée, il s’inquiète. D’autant plus que dans ces moments là, une mystérieuse voix l’appelle, le nommant le fuyard, lui disant que l’éclaireur n’est pas stable. Et il ne comprend rien, cherche et s’épuise…jusqu’à la crise de nerfs.

Un roman très étrange, c’est le moins que l’on puisse dire. Il hésite énormément entre la littérature blanche et le fantastique, c’est assez déstabilisant, et surtout, ça demande un peu de temps avant de s’adapter et d’être pris par l’histoire. Car, autant le dire, le début est si bizarre qu’on s’ennuie un peu, il faut patienter pour que l’histoire débute réellement et soit en mesure d’interésser le lecteur.

En fait, on entre vraiment dans une sorte de confession de l’auteur, qui nous confie ses doutes, ses pensées intimes, d’autant plus qu’en cherchant un peu, on se rend compte que l’univers décrit est réel, c’est là où il vit vraiment. ( je ne garantis pas les noms) On est donc là presque dans l’autofiction délirante, où l’auteur extrapole une situation pour en faire un livre dérangeant car posant certaines questions sur le monde telles que le rapport entre l’auteur et son public, le travail de l’éditeur, l’inspiration, et d’autres encore dont je garde le secret pour ne pas gâcher l’histoire.

Sachez en tout cas que, bien que l’histoire soit assez courte, elle est surprenante de par le sujet qu’elle tendra à aborder dans sa seconde partie. C’est là que le style prend toute sa puissance et que l’originalité se déploie dans toute son ampleur, c’est une partie vraiment interessante du point de vue stylistique et psychologique, un Pierre Pelot intime, ça ne se refuse pas. Le tout est de savoir dépasser l’aversion première et de se forcer, même si ce n’est pas toujours agréable.

Ron Dublin est en proie au doute, il a perdu ses certitudes, a peur du monde qui l’entoure. Il sait que sa maison sur la colline est son refuge. Il a peur de sortir du cratère, d’aller dans le dehors, et il va à contrecoeur jusqu’au village du dehors. Il s’isole, reste seul, promène le chien pour lequel il construira une barrière au printemps, et se balade aux alentours, dans la forêt, jusqu’à l’étang. Parfois, il rencontre Natha Ray, et, quand il a de la chance, Cygnée Siudmak, mais sans jamais lui parler. Autour de lui, c’est le chaos, car il ne reconnait plus sa femme, ses amis s’éloignent, et surtout, il ne sait pas s’il a réellement une existence dans le monde. Ses livres sont publiés, quelques uns sont refusés sans explication, et jamais il n’a d’écho de son travail. Aucune mention à la télévision, dans le journal, et pas même de courriers de lecteurs ou d’indices lui montrant qu’il est lu. Il est perplexe. Et puis, quand il commence à tomber de plus en plus dans les pommes, dans ce qu’il appelle la plongée, il s’inquiète. D’autant plus que dans ces moments là, une mystérieuse voix l’appelle, le nommant le fuyard, lui disant que l’éclaireur n’est pas stable. Et il ne comprend rien, cherche et s’épuise…jusqu’à la crise de nerfs.


Ron Dublin, le raconteur, vit seul au fond de son cratère. Seul avec sa femme, son petit garçon et ses cinq chats. Et avec Poo Goom, son chien. Il écrit des histoires avec la machine à raconter; il les poste; plus tard, il reçoit de l’argent et des exemplaires imprimés. Pas une lettre de lecteur. Alors il doute. Sa femme est-elle toujours sa femme ? Ne s’est-elle pas réincarnée dans Cygnée Siudmak, cette créature fantomatique au fond de son marécage ? Et Poo Goom n’est-il que son chien ? N’est-il pas porteur d’un message venu d’ailleurs ? Renouvelant le thème des univers parallèles, Pelot imagine un monde si proche du nôtre qu’on pourrait les confondre. Il écrit là son livre le plus personnel, à mi-chemin de la chronique intimiste et de l’autobiographie fantastique.

Presse Pocket science fiction (1983)200 pages ISBN : 2-266-01293-2 (1978)
Couverture : W.Siudmak
Kesslring 1978

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