Le Terrier de Franz Kafka

L’histoire, racontée par lui-même, d’un homme qui a choisi de vivre dans un terrier.

On ne peut pas dire que j’apprécie la quatrième que les mille et une nuits ont trouvé. Elle en dit trop ou pas assez.
Déjà, elle pourrait préciser qu’on est peut etre sur un texte intégral mais surtout un texte inachevé, qui s’achève en milieu de phrase. J’ignore où les éditeurs ont trouvé l’aspect “inexorable”; “destinée tragique”; “mortelle” qui laissent entendre la mort du héros et donc imaginent une fin à cette nouvelle qui n’est peut etre pas celle imaginée par Kafka.

Kafka réussit encore une très belle nouvelle en tout cas, proche de “la colonie pénitentiaire” pour l’aspect tragi-comique. On est également dans une dimension fantastique assez marquée, dans cette sorte de folie qu’on peut trouver dans le Horla. Ce héros n’est pas un troglodye non plus puisque troglodyte veut dire “pénétrant/plongeant dans une caverne”. Là on est dans un vrai terrier, où l’on rampe, où l’on a de la terre plein les doigts, où l’on croise des rongeurs, pas dans une caverne avec un feu et des ours.

J’aurais pu imaginer Kafka concluant sa nouvelle avec une humanisation animale en forme de coup de théatre : on croit que c’est un homme qui parle mais c’est une taupe (demain les chiens par ex), mais Kafka indique nettement qu’il s’agit d’un homme. Une folie donc, originale et rationnelle, avec une écriture très claire, très fine, très drôle finalement, si on aime l’humour noir.

La Postface n’apporte pas grand chose si ce n’est beaucoup de paraphrase. Resituer ce récit dans son contexte eut été plus pertinent.

Je ne le conseille pas en première lecture pour découvrir les nouvelles de Kafka. Mieux vaut lire la colonie pénitentiaire, puis la Métamorphose évidemment, moins dure mais plus torturée. Ce texte est plus pour les “fans”…

(merci Edwige pour la relecture !)

L’histoire, racontée par lui-même, d’un homme qui a choisi de vivre dans un terrier.

Le Terrier, l’une des dernières nouvelles écrites par Franz Kafka (1883-1924) est celle où se mèlent avec le plus de violence l’issue inexorable d’une destinée tragique et une extraordinaire distanciation comique. L’humour noir atteint ici un paroxysme. Un troglodyte nous fait partager l’extrème ingéniosité de sa vie enterrée, et ce lieu de sécurité maximale devient celui de tous les dangers : lieu où la paix du “chez soi” devient mortelle : un tombeau pour l’éternité.
Mille et une nuits La Petite collection (1998)88 pages 2.50 € ISBN : 9782842056674
Traduction : Dominique Miermont
Titre Original : Der Bau (1923)

Couverture : Marc Lizano

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