Le travail du furet de Jean-Pierre Andrevon

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Ce titre de Jean-Pierre Andrevon date de quelques années désormais (1983) et relate un futur qui n’est pas vraiment très encourageant… Dans cette société décrite par l’auteur, le seul ennemi restant à l’Etat est la maladie et tous les moyens sont mis pour s’assurer que la maladie reculera jour après jour, permettant aux citoyens de vivre une vie heureuse.

Si ce n’est que cette amélioration de la qualité de vie à un impact sur la population qui ne cesserait d’augmenter si l’état, à nouveau, n’avait pas prévu une régulation : une machine tire au sort les citoyens qui vont être éliminés chaque jour pour le bien de tous.

J’aurais voulu une liste. Une liste que Jules m’aurait détaillée nom après nom. La liste de tous les pauvres de cette bulle de merde. J’aurais voulu avoir mon 44 en main, et effacer les uns après les autres tous les pauvres qui avaient dormi dans la bulle.

Pour exécuter les basses œuvres de l’Etat, des “Furets” sont chargés de mener à bien les exécutions, par les moyens qui leur conviennent, tant qu’ils liquident l’ensemble des cibles qui leur sont communiquées. C’est un de ses furets que Jean-Pierre Andrevon nous propose de suivre, un personnage qui va tuer sans aucun scrupule, préparant avec soin les exécutions et les faisant varier au gré de ses humeurs et des films (anciens) dont il est friand.

Au travers de ses exécutions, nous découvrons une société plus fragmentée que jamais avec d’un côté les pauvres, d’un autre les riches, mais aussi une zone pour les intellectuels ou encore les gens du spectacle… La vie de notre furet ne bénéficie que de peu d’originalité, si ce n’est cette étrange relation qu’il a nouée avec une de ses voisines, Jos, dont on suspecte le métier sans jamais en être certain…

Cette vie lui convient et il ne se pose pas de questions jusqu’à ce que les circonstances ne viennent troubler sa sérénité.

Avec un ton très polar et une quantité de références proprement hallucinante aux films noirs, Jean-Pierre Andrevon nous mène sur une société contrôlée par l’Etat, avec comme il se doit une manipulation des populations, bien entendu toujours pour leur bien.

Ce roman est prenant et avec un petit côté grinçant qui pourra donner froid dans le dos.

A noter que dans cette nouvelle édition, vous pourrez retrouver des nouvelles de l’auteur, en plus du roman éponyme :

  • “Le Dernier Dinosaure”
  • “Exzone Z”
  • “Un combattant modèle”
  • “Demain je vais pousser”
  • “Et si nous allions danser”
  • “Il y en a des milliers”
  • “Paysage des morts”

Editions ActuSF (Juin 2018) – 520 pages – 20€ – 9782917689936
Couverture : Diego Tripodi

Centrum, futur proche. La maladie a été éradiquée par la science. Pour maintenir un certain niveau de vie et éviter la surpopulation, des tueurs mandatés par l’État doivent éliminer 400 000 personnes chaque année. Riche, pauvre, homme, femme, personne n’y échappe. Mais les victimes sont-elles vraiment désignées au hasard ? C’est lorsque le Furet commence à en douter que les ennuis lui tombent dessus… Aura-t-il la force de se rebeller ? 
Le travail du furet de Jean-Pierre Andrevon, 9.0 out of 10 based on 1 rating

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