Les Utopiales de Nantes 2006

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Du 02 novembre 2006 au 05 novembre 2006

Les Utopiales. Un des moments mythiques de la vie de la SF en France. On m’en avait tellement parlé, que cette fois, j’y suis allée : quatre jours dans le monde de la SF, cernée par des fans et des auteurs.

Rencontres et tables rondes :

C’est un des moments phares des Utopiales, ou comment retrouver des auteurs autour d’un thème, les entendre expliquer leur point de vue sur la littérature ou comment va le monde. Outre le fait de suivre les tendances actuelles de la SFFF, ces rencontres permettent évidemment de découvrir des auteurs. C’est parfois mieux que tout les synopsis imaginables.
A noter que certaines interventions sont effectuées avec l’aide de scientifiques, parce que dans Science fiction, il y a toujours “science”.
Au programme cette année, entre autres :

  • Socialisme et Utopie
  • Les autres, nous ressembleront-ils ?
  • La SF, une autre occasion de parler de l’autre ?
  • le 22e siècle sera magique ou ne sera pas !
  • Bed time for democracy

Les expositions :

Peu d’expositions, cette année, paraît-il.
On notera entre autres :

  • Les voitures volantes : photos et commentaires sur la construction d’un rêve aujourd’hui oublié (crise du pétrole oblige)
  • L’atelier direct ou Aleksi Briclot et Benjamin Carré présentent leur travail en plus petit comité, accompagné de l’exposition des oeuvres de Benjamin

  • Super-pouvoir, entre science et fiction : un peu décevant, entre costume de super-héros et affiches de cinéma, le traitement manquait un peu de mise en perspective
  • The Blue Man goes to New York : Je n’ai toujours pas compris ce “truc”, mais c’était amusant. C’est un très long court-métrage, qui présente un bonhomme dans un costume trop grand bleu se baladant dans NY. C’est totalement absurde et crée des situations incongrues, ou l’indifférence générale. Si les martiens débarquent, il vaut mieux qu’ils évitent New York, on ne s’en apercevrait pas. Peut-être ont-ils déjà débarqué, en réalité
  • ChessBoxing : malheureusement, je n’ai pas vu, mais le concept est intéressant : alliance d’un combat de boxe et d’une partie d’échec (cf. Froid équateur d’Enki Bilal). C’était à voir, mais j’ai raté
  • Espace La Volte : présentation d’oeuvres graphiques et musicales autour des romans publiés par une micro-édition qui a de l’avenir (http://www.lavolte.net/).

Prix et exposition Art&Fact :

Aleksi Briclot et Benjamin Carré (prix Art&Fact), créateurs d’illustrations pour l’édition SF et le jeu vidéo, ont fait à plusieurs reprises des présentations de leurs techniques de travail sous photoshop, ou l’art de créer du rêve avec un ordinateur. Entre les explications très techniques sur le logiciel, comment créer ses pinceaux, sous quel format créer les dessins, comment leurs créations sont insérées dans des jeux vidéos, ils se mettent à deux pour créer, sous nos yeux, une oeuvre originale, sur le grand écran de la salle des conférences. Un moment intéressant, même pour un pur amateur.

Le salon du livre :

Le salon du livre est une sorte de caverne d’Ali Baba. Mieux vaut oublier sa CB et son chéquier avant d’y entrer. Les Librairies Complices (regroupant librairies et maisons d’édition nantaises) y présentent un choix remarquable de titre. Tout ce que vous avez lu, mais surtout tout ce que vous allez lire. Tout les livres que vous avez eu du mal à trouver sont là, à portée demain, à vous murmurer “achète-moi ! achète-moi !”. Titre rare ou best seller, il y en a pour tous, dans tout les genres, pour tous les goûts.

Cinéma :

De nombreux films, en compétition ou pas, étaient présentés. Je regrette simplement le chevauchement des séances avec d’autres activités. C’est toujours une question de choix, mais c’est cruel.

GN :

Des associations présentaient leurs activités d’organisation de jeux de rôle grandeur nature. Ici encore, on retrouvera la difficulté (et on notera les efforts) de s’insérer dans le thème, le domaine de prédilection du GN restant incontestablement le médiéval fantastique.
Quelques liens :

Jeux de rôles :

Des parties étaient proposées au public, pour débutants ou joueurs confirmés, accompagnées d’un concours de meneur de jeux et de scénarii. Surprenant, la majorité des jeux de rôle ne s’inscrivaient pas dans le thème “Invaders from Marx”. J’en profite pour faire un salut personnel à Quentin Forestier, qui présentait des parties de son jeu R.O.B.O:T, actuellement sous presse.

Association et fanzines :

Pour les association, il y a un mélange habile entre thématique et bric-à-brac infernal.
On retrouve des associations d’animation local qui font des choses ma foi fort intéressante pour les enfants, des stands de présentation (et de vente, évidemment) de jeux de plateau et de figurines. On notera la présence, très mal située et donc quasi inexistante, d’un espace manga.
Le magazine Galaxie (www.galaxies-sf.com) proposait l’intégralité de ses parutions, ainsi que le Club Présence d’Esprit. Je suis évidemment aller toucher deux mots à ces derniers à propos de l’annulation de l’AT de juillet dernier. Ça s’est bien passé ; j’ai gardé mon calme. C’était, après tout, plus un concours de circonstance qu’autre chose…

Organisation et planning :

Les horaires des dédicaces des auteurs sont assez bien affichés, le lieux bien indiqué (au salon du livre, bien évidemment) bien qu’ils le soient de façon journalière.
Un conseil pour ceux qui viendraient : je conseille fortement de trouver un moyen de logement qui vous laisse vos soirées de libres, afin de profiter de toutes les animations possibles.

Fréquentation :

La fréquentation des Utopiales semble en chute libre, à ce que m’ont dit des amis habitués du festival. En tant que découvreur, j’ai en effet trouvé qu’il y avait vraiment peu de monde pour un festival international. Est-ce dû aux vacances scolaires ? Est-ce le thème qui a rebuté les visiteurs ? Il semblerait aussi que moins d’auteurs aient été invités cette année.
On est en droit de s’interroger sur la pertinence du thème “Invaders from Marx”. Ouvertement très orienté politiquement, il est quasiment certain que cela n’a pas incité à venir un nombre important de visiteurs.
La SF doit-elle s’afficher de gauche ?
La présence de l’idéologie socialiste ou communiste (présentée négativement ou positivement) correspond à un moment dans l’histoire de la littérature, qu’elle soit imaginaire ou non. Après la désillusion et l’effondrement des idéaux, suite à l’échec socialiste en France, les critiques de littérature blanche voient dans le désenchantement qui transparaît à travers la SF un déclin, une décadence du genre. Les auteurs actuels seraient incapables de créer de l’idéal. Ils le font pourtant ! Ils appellent à la révolution en pleine conférence sur la démocratie ! Oui, idéologiquement, il y a création et espérance, mais cela se confronte à un réalisme exacerbé sur la nature humaine.
Le thème n’était-il pas un peu trop fermé cette année ?

Mon avis sur diverses choses :

On remarquera qu’il n’y a pas de “forfait intégral festival”, mais un achat de billet pour chaque jour. Si, il existe un Passe intégral- truc-chose, mais il coûte la modique somme de 150 euros, et franchement, pour aller boire un coup avec les auteurs dans les coulisses des Utopiales, c’est totalement de l’abus.

Remise des prix :

J’ai rarement vu une cérémonie de remise de prix aussi froide et plate. Celle du festival de la BD à Chambéry était pitoyable, mais les gens essayaient au moins d’être drôles et de passer un bon moment. Aux Utopiales, j’ai presque eu l’impression que c’était une corvée, certains “présentateurs de prix” bâclant totalement leur présentation. L’ambiance s’est certes détendue sur la fin: “Elle est où Mélanie ? Faut qu’elle vienne chercher son prix… Bon… Mélanie doit être au bar…”

  • Catégorie Roman Francophone : Catherine Dufour pour Le goût de l’immortalité, (Mnémos)
  • Roman étranger : Graham Joyce pour pour Lignes de vie (Bragelonne)
  • Nouvelle francophone : Sylvie Lainé pour Les yeux d’Elsa, paru dans Galaxies n°37
  • Nouvelle étrangère : Lucius Shepard pour Aztechs (Le Bélial)
  • Roman jeunesse : Timothée de Fombelle pour pour Tobie Lolness, Tome 1 : La vie suspendue (Gallimard-Jeunesse) et Jonathan Stroud pour pour La Trilogie de Bartimeus (Albin-Michel)
  • Graphisme: Eikasia
  • Essai : François Rouiller pour 100 mots pour voyager en science-fiction (Empêcheurs de Penser en Rond)
  • Traduction : Mélanie Fazi pour pour Lignes de vie de Graham Joyce (Bragelonne)
  • Prix spécial : La revue Fiction (Moutons Électriques)
  • La catégorie prix Européen du Grand Prix de l’Imaginaire est décernée à Brian Aldiss.

Un grand moment, par contre, quand Catherine Dufour a eu fini ses remerciements. Madame a poussé une gueulante, justifiée, contre l’organisation des Utopiales, car il n’y avait que trois auteures invitées cette année. Comme si les femmes écrivains étaient la portion négligeable de la SFFF française. Le thème de l’année prochaine : SF et féminisme ?
A l’année prochaine !

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