Les veilleurs du feu de Connie Willis

Les nouvelles qui composent ce recueil ont été écrites entre 1979 et 1985, et sont pour le moins inégales. Pour un recueil doublement récompenser, et on ne peut pas dire que cela soit par des prix inconnus et obscurs, je m’attendais à être foudroyée à chaque nouvelle. Il y a certes de très bonnes choses, mais une sélection s’impose. On pourra s’abstenir de lire Bille de clone, qui est censée être une amusante histoire de pseudo-clonage, arnaque à la petite semaine, et démonstration de la stupidité humaine. Le sidon dans le miroir fait partie des nouvelles SF 100% pur beurre tout en restant intéressante, mais à la fin totalement obscure. A force de trop suggérer, Connie Willis nous embrouille.

Je ne sais que penser de Marguerite au soleil, qui est empreinte de poésie, mêle le rêve à la réalité, met en scène un drame personnel au milieu d’un drame stellaire. Parce que tout reste un brin trop confus. C’est beau, mais c’est confus. Et c’est dommage. Les petites présentations des nouvelles risquent d’ailleurs d’avantage d’embrouiller le lecteur que de l’éclairer dans la compréhension des textes.

Tout de même, des mentions très spéciales, parce qu’il ne faut pas bouder son plaisir : Avec les veilleurs du feu, nous retrouvons maman Connie dans deux thèmes de prédilection, le Blitz et le voyage temporel. Avec une Kivrine en guest star. J’aime toujours retrouver au coin d’une page un personnage attachant (voir : Le grand livre, même auteur). Le père de la mariée est dans la veine de la révision du conte de fée. C’est beaucoup moins glauque que ce que peu faire Neil Gaiman sur
le même thème, mais le point de vue développé (celui du père de la Belle au bois dormant) est intéressant et vous laissera sans doute un sourire tendre. Ma préférée, celle que je trouve la plus réussie, La lune bleue, est un trésor de mise en scène, de comique douloureux (mais avec pansements), l’expression pure de la coincidence heureuse ou catastrophique. Tout y est : de la finesse, de l’humour, des personnages attachant, un très bon rythme.
De quoi finir le recueil en beauté.

Si la publicité vous promet le compagnon idéal sous la forme de votre clone, en échange de quelques dollars, y croyez-vous ? Si les singes sont devenus assez intelligents pour apprendre le langage des sourds-muets et servir la messe, leur accordez-vous le bénéfice d’une âme ? Si parmi les milliers de gens venus observer une éclipse vous remarquez un petit groupe de savants qui regardent dans la mauvaise direction, qu’en concluez-vous ? Sept délicieuses nouvelles de Connie Willis qui apportent à toutes ces questions des réponses pour le moins… inattendues !
J’ai lu 344 pages 6.00 € ISBN : 2-277-22339-5 Titre Original : Fire watch
1994

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