Les voyages d

Suite du cycle des Cantos d’Hypérion.
Sur Endymion :
Quelques 200 ans ans se sont écoulés depuis l’achèvement du pélerinage d’Hypérion, et l’univers semble avoir sombré dans le chaos. Aux dangers qui semblaient pourtant avoir été écarté à la fin du pélerinage s’ajoutent le pouvoir de la Pax, et l’utilisation des cruciformes du TechnoCentre pour récuciter les personnes qui auront choisi le baptême.

Tout comme Les cantos d’Hypérion, Les voyages d’Endymion sont des récits de voyage, mais cette fois-ci non pas dans un Retz dans sa splendide décadence, mais dans des mondes ravagés par la guerre ou où la terraformation s’est lentement annulée, la nature reprenant ses droits.
Depuis sa boîte à chat de Schrödinger, prison en orbite où il attend une mort “quantique”, Raul écrit le récit de ses voyages et de sa vie avec Enée.

Les personnages, Endymion, Enée et Bettik ne savent pas réellement où ils vont, et nous non plus. Il est un peu déconcertant de les voir avancer par série de fulgurances intuitives. Déconcertant, mais loin d’être désagréable. Le chemin initiatique qu’ils parcourent à travers le voyage dans les mondes de l’ancien Retz reste un mystère à la fin des deux premiers volumes. Qu’ont-ils vraiment appris ?
Simmons est assez pédagogique, dans sa démarche littéraire, à savoir que de nombreux “rappel” ou “résumé” sont efféctués par les personnages. Même le lecteur qui aurait été peu attentif comprendra la trame de l’histoire.

La construction très linéaire des deux premiers volumes de cette partie du cycle fait comme un choc. A la fois linéaire, et pas du tout. Après les récits des pèlerins qui ouvraient Les cantos d’Hypérion, le roman s’ouvre sur la continuité d’un voyage, quoique ce dernier soit mouvementé. L’alternance des chapitres entre poursuivis et poursuivants nous fait faire des sauts dans le temps et dans la trame générale, brisant le schéma de construction qui autrement pourait devenir ennuyeux. Pour être plus clair, un chapitre du point de vu des poursuivis est conclu par un évenement spectaculaire qui sera expliqué au court du chapitre suivant, du point de vu des poursuivants.
Mais cela n’engendrerait-il pas un manque de suspens ? Pas du tout. En cela, Simmons est un auteur de talent. Par la construction du récit “à rebourt” (le premier chapitre nous présente Raul Endymion en train d’écrire ses mémoires dans une prison où la mort peut survenir à chaque instant) il est certain que la mort ne va pas frapper subitement tous les personnages. La tension narritive est là, et la question que se pose le lecteur est plutôt “comment vont-ils s’en sortir ? Comment ont-ils fait pour en arriver là ?”

Sur L’éveil d’Endymion :

Un roman qui tient ses promesses.
Au moment où il faut en terminer avec l’histoire d’Enée et de Raul Endymion, les choses s’accelèrent, et la pelote complexe du récit se dénoue. On peut regretter que ces explications soient si condensées, alors que les voyages ont quelque peu tirés en longueur.
Simmons prend cependant le temps nécessaire pour achever son récit, si complexe, ne laissant que peu de question en suspend. J’ai appréciée cette fin posée, qui laisse au lecteur le temps de souffler, digérer le récit, avant de l’achever.

J’ai gardé un souvenir mitigé du personnage de Raul Endymion, dont l’acte le plus héroïque est de survivre à un calcul rénal. Son combat contre Némès est totalement irréaliste (bien sûr, qui peut parler de réalité quand on combat une créature à l’armure telle du mercure après avoir voyagé dans des dizaines de mondes…) sachant que Némès à tout de même mis une râclée du Gritche lui-même !
Et cette manie horripilante, cette détestable habitude qu’a Raul d’appeller Enée “ma grande” ! Insupportable.
S’il est un piètre héros, Raul est en fait le poète à la fois inutile et indispensable, qui n’est au fond là que pour faire le récit d’une évolution en marche.

Le changement de traducteur surprend grandement au début de L’éveil d’Endymion. Le lecteur, un peu furieux, poursuit sa lecture en transformant mentalement le “vide qui reli” (nouvelle traduction) en “espace qui lie” (traduction des précédents volumes), un des concepts fondemmentaux du cycle. Ce changement n’est cependant pas étrange, car il permet de rapporcher d’avantage le texte des philosophies zen, boudhiste et taoïsme, qui ont apparemment grandement inspiré l’auteur. On met simplement un peu de temps à le comprendre…

Un problème au niveau de l’édition : l’exemplaire que j’ai eu entre les mains manquait cruellement de soin. Passons sur l’impression plus que moyenne et une grossière faute de frappe sur le 4e de couverture du 4e tome (ce qui prouve à quel point l’édition a été faite avec sérieux et soin…), ce qui m’a le plus frappé a été la répétition de deux fois le même paragraphe dans le troisième tome. Je trouve cela presque insultant. Fort dommageable. Un conseil : choisissez une autre édition.

Tome I :
Raul Endymion est né sur la planète Hypérion à l’ère de la Pax. Il n’a pas accepté le cruciforme, ce qui le voue à une mort définitive. Mais voici qu’il est exécuté (à l’âge de 27 ansà et se réveille vivant…)
Pour le vieux poète Martin Silenus, auteur des Cantos inachevé, le jeune homme est marqué par le destin : à lui de retrouvé la petite Enée, disparu à l’âge de douze ans dans l’un des Tombeaux du Temps, de la protéger de la Pax, et finalement de renverser la puissance de l’Eglise.
Un programme d’autant plus difficile que la Pax se sait menancée : quand Enée sortira des Tombeaux du Temps, trente mille gardes suisses se tiennent prêts à l’intercepter. Pour l’aider à fuir, Endymion aura le Vaisseau du Consul, mais la Pax est prête à les poursuivre, et les voyages d’Enée et d’Endymion ne sont pas près de finir.

Pocket (1996 – 1998)350 pages 7.00 € ISBN : 2-266-08398-8
Traduction : Guy Abadia
(1995)

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