L’Héritage de Christopher Paolini

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Moyenne : 7.0/10 (1 vote pris en compte)

Eragon 1

L’empire de l’Alagaësia est dirigé par un Dragonnier Parjure, qui a détruit son ordre et ses anciens compagnons. Les Dragonniers étaient des héros, tout puissant sur leurs montures. Ils avaient réussi à faire régner une paix acceptée par tous, elfes, nains et humains, sans pour autant y retirer un profit personnel. Mais ce temps est loin, et c’est une dictature du mal qui est maintenant installée.

Eragon est un enfant, à la porte de l’âge d’homme. Au cours d’une chasse, il se retrouve en possession d’une pierre mystérieuse. Il ne sait pas encore que cette pierre est l’un des derniers Œufs de dragon, et que l’être puissant qui dort depuis des siècles dans cette coquille va le choisir pour être le renouveau des dragonniers.
Aidé par Brom, le vieux conteur du village, et de Saphira son dragon, il va devoir partir sur les routes de l’empire, à la poursuite de deux créatures malfaisantes, pour passer rapidement de chasseur à proie.

Dilvich : Dans la quatrième de couverture, il est dit «un livre hors du commun, digne de J.R.R Tolkien, écrit par un très jeune écrivain qui, avec le premier roman de cette trilogie «L’Héritage », est d’ores et déjà entré au panthéon des grands auteurs de la littérature de fantasy ! » … Rien que ça. Il faut quand même relativiser cet avis, à mon avis. C’est en fait un très bon livre. Mais de là à le comparer à Bilbo le hobbit ou au Seigneur des anneaux, c’est un peu présomptueux. On retrouve en effet elfes, nains, dragon, des sortes d’orcs sous un autre nom, et même un pseudo Gandalf sous le nom de Brom ainsi que des Nazgul à peine camouflés. Mais cela ne suffit pas.

Bon, j’ai fini de taper sur l’auteur, ou plutôt sur les critiques 😉 et j’arrête de disserter sur les comparaisons (commerciales ?)

Pour une collection jeunesse, annoncée par certain pour à partir de 8/9 ans, c’est un sacré pavé. 694 pages, des chapitres relativement longs, du vocabulaire, un nombre raisonnable de personnages. Donc pour jeune, oui, mais déjà bon, voir très bon lecteur, du genre à déjà avoir fait ses armes avec le Seigneur des anneaux ou Harry.

En dehors de ces difficultés possibles, on retrouve tous les aspects d’un récit de fantasy à la Tolkien. Magie, dragon, nain, elfe, affrontement Bien / Mal, carte du monde, et en prime, un lexique des différentes langues de l’Empire. Le début est un peu lent, il faut bien poser les bases de la trilogie, mais prend rapidement de la vitesse lors des combats, peu nombreux, ce premier volume me semblant surtout être fait pour que les différents personnages se découvrent. Surtout pour les rapports entre Eragon et son dragon.

Du côté roman ados, on a bien un voyage initiatique, avec son mentor sous le double rôle de Brom et du dragon. Découverte de la mort violente, du Mal, avec la construction de la personnalité du jeune par rapport à sa position entre mal et bien. Découverte de la responsabilité, du pouvoir. Et pour finir, de l’amour, mais encore sous la forme de rêve ou de fantasme.

Pour finir, et non, ce n’est pas contradictoire, un très, très bon livre, qui présage de bons moments, idéale pour commencer à lire de la fantasy, si l’on n’a pas déjà lu les bouquins de Feist, Tolkien, et autres pontes du genre, et que l’épaisseur d’un livre ne vous impressionne pas.

Orcus : Rien qu’à voir l’avis des éditeurs français, on croit tout de suite avoir dans les mains un livre digne des aventures de Frodon. Mais quelle déception au final, les éditeurs sont des fieffés menteurs, ils manipulent le public et les oeuvres comme des marionnettes. Ce livre a certes des qualités, mais est loin d’égaler la maitrise de Tolkien.

Nous nous trouvons ici dans un scénario des plus classiques : un jeune homme trouve un objet qui l’entraîne dans de folles aventures. Son oncle est tué, il doit fuir de chez lui, poursuivi par d’impitoyables ennemis. Il découvre un dragon, qui sera sa monture et en plus il apprend en quelques semaines la lecture, l’escrime et la magie. C’est vraiment un héros picaresque hors du commun. Evidemment ,par la suite, il rencontre des êtres fantastiques, certains ennemis, certains amis. Et il participe à une grande bataille digne d’Homère, pendant laquelle il devient le héros adulé par la foule. C’est, selon moi, un synopsis pitoyable de banalité.

Oh, il a quelques atouts :
– l’action est intense, on reste captivé par ce livre, qui enchaîne batailles, courses poursuites, scènes de narration pures où l’on découvre des pans de la trame, des phases d’apprentissage et des dialogues bien ficelés. On ne sombre pas dans la catastrophe littéraire, le style est bon et les phrases bien tournées.
– l’intervention cohérente de créatures fantastiques. Le dragon reste normal, il ne crache pas le feu tout de suite, il grandit avec le temps, ainsi que sa puissance. Les nains restent des créatures souterraines et troglodytes, armés de hâches et de marteaux. Les elfes sont sages, réservés et de bons archers. Les humains sont bêtes, impulsifs et assez moyens. C’est un bestiaire semblable au “Seigneur des Anneaux”.
– l’effort de l’auteur pour nous fournir des dictionnaires variés est appréciable. Nous avons droit à des cours d’Elfique et de Nain, avec des mots dont on peut parfois retrouver la racine, c’est bien.

Disons que le livre est bon, mais sans plus. Il reste un gout amer sur la langue après la dégustation. De plus, on peut noter que le succès est un peu artificiel, car l’auteur est fils d’éditeurs. Donc il vit dans un milieu qui a pu le pousser vers l’écriture et l’a très fortement aidé. En fait, il y a peut-être mieux, mais le destin a fait que son livre a été favorisé.

Allan : J’étais intrigué depuis longtemps par cette trilogie qui est annoncée comme étant du niveau de Tolkien (comme déjà dit par mes accolytes) et on doit reconnaître aux livres de nombreuses qualités, dont celles de ne pas prendre le lecteur pour un imbécile. J’insisterai plus sur le dragon, en fait la dragonne, qui est comme Eragon jeune et découvre donc la relation avec l’Homme. On pourrait s’attendre à des scènes de combats nombreuses avec une maîtrise du dragonnier et de sa monture. Mais non, l’auteur à l’intelligence de développer la relation entre les protagonistes.

J’avoue que l’histoire en elle-même est relativement banale : un jeune homme, orphelin (c’est mieux) trouve un oeuf de Dragon sans le savoir dans un premier temps. De retour chez lui, il commence à apprivoiser sa dragonne lorsque son village reçoit la visite d’étranges émissaires qui pour le coup, tue le reste de famille d’Eragon (sauf le cousin). Cela sera le point de départ du combat d’Eragon, qui décidera de se venger de cette violence faite à sa famille.

Il sera accompagné dans sa quête par Brom, un conteur qui semble plus qu’un simple ménestrel et qui va l’aider à prendre la mesure de ce qu’il est, lui apprendre le nécessaire sur les dragons, sur la magie mais surtout sur l’histoire de leur monde. Et c’est là que je trouve que l’ensemble est bien ficelé… Notre apprentissage du monde d’Eragon se fait en même temps pour nous que pour le jeune homme, évitant les travers notamment du Seigneur des Anneaux, de voir une succession d’évènements racontés sans que pour autant cela soit directement utile pour l’action.

Pour le reste, il faut quand même reconnaître que, si le livre est bien écrit, il n’est pas non plus génial mais permettra à des lecteurs déjà bibliovore d’avoir de bonnes heures de lecture. A noter que l’action n’est pas le point fort de ce roman qui pose plutôt l’univers et les relations entre les personnages.

Bayard Jeunesse (2004)694 pages 9.99 € ISBN : 9782747033343
Traduction : Bertrand Ferrier
Titre Original : Eragon (2003)

Couverture : John Jude Palencar

Depuis des décennies, le mal règne dans l’Empire d’Alagaésia.
Or, un jour, Eragon, un jeune fermier, découvre au coeur de la forêt une pierre magnifique. Elle est si bleue, si lisse ! Fasciné, il l’emporte à Carvahall, le village où il vit avec son oncle et son cousin. Comment pourrait-il deviner qu’il s’agit d’un oeuf, et qu’un dragon porteur d’un héritage ancestral, aussi vieux que l’Empire lui-même, va éclore… ? Dès lors, la vie d’Eragon est bouleversée. Contraint de quitter les siens, il s’engage dans une quête qui le mènera aux confins de l’Alagaêsia.
Guidé par les conseils de Brom, un vieux conteur, le garçon devra affronter, avec son dragon bleu, les terribles ennemis envoyés par le roi dont la malveillance démoniaque ne connaît aucune limite. Eragon n’a que quinze ans, mais le destin de l’Empire est désormais entre ses mains. Un livre hors du commun, oeuvre d’un très jeune écrivain qui, avec le premier roman de cette saga ” l’Héritage “, s inscrit d’ores et déjà parmi les grands auteurs de Fantasy !

L’Héritage de Christopher Paolini, 7.0 out of 10 based on 1 rating

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