L’invention du représentant de la planète 8 de Doris Lessing

Quatrième roman de la série Argo : Archives, L’invention du représentant de la planète 8 peut néanmoins ce lire indépendamment des précédents comme le prouve cette chronique puisque je n’ai moi-même pas lu les trois autres titres Shikasta, Les Mariages entre les Zones Trois, Quatre et Cinq et Les Expériences siriennes tous publiés aux éditions la volte.

Tout commence sur la planète 8, une planète prospère, possédant une végétation luxuriante, avec une population qui ne manque de rien et vie dans la paix permanente… Cette planète est sous surveillance bienveillante d’une autre civilisation bien plus avancée, Canopus, qui envoie régulièrement des émissaires pour accompagner le développement de la planète tout en partageant ce qui se passe par ailleurs sur les autres mondes.

Mais un événement surgit qui va bouleverser la planète, faisant apparaître le froid (ils découvriront la neige pour la première fois) et faisant basculer les populations dans l’inquiétude.

Nous n’avions auparavant jamais eu conscience de la douceur de nos existences, tant nous accueillaient toujours des créatures affectueuses quand lorsqu’on allait par monts et par vaux.

Cette inquiétude est d’abord minorée par la visite régulière de Johor, un des émissaires de Canopus qui incite les locaux à construire un mur pour se protéger du froid, leur indiquant qu’une solution arrivera. Mais très vite, les changements climatiques qui ont nécessairement un impact sur l’habitat et l’alimentation vont transformer ce monde jadis idéal en un monde inhospitalier où la faim entre autres entraînera une apparition de la violence, renforcée par la perte de confiance vers les Représentants.

Ce roman, écrit en 1982, résonne fortement avec le dérèglement climatique dont nous avons du mal à prendre encore conscience actuellement. Ce changement, et ce qu’il implique derrière, est montré ici à vitesse grand V puisque l’échelle de temps sur laquelle cela se produit est très courte.

Quand une génération regarde ses jeunes grandir, lorsqu’elle songe à leur avenir, à leurs responsabilités futures, et quand leur héritage s’avère si pitoyable, si réduit, alors la honte forme une vague irrépressible, irraisonnée. Non, ce n’était pas de notre faute si nos enfants devaient subir de telles épreuves, s’il leur fallait renoncer à tant de choses que nous, le s pls âgés, avisons simplement reçues.

On y voit la nécessité d’adaptation à ces changements de façon accéléré : habitation, alimentation, relations sociales. Ces changements de vie pour les habitants de la planète sont révélateurs du poids de l’environnement sur le mode de vie humain même si nous ne sentons pas dans le roman le poids de la modification par les “résidents”.

Un roman qui a pu bénéficier, pour ceux qui aiment l’opéra, d’une adaptation de Philip Glass en 1986 The Making of the representative for Planet 8.

La Volte (Avril 2019) – 168 pages – 20.00€ – 9782370490773
Traduction : Sébastien Guillot (de l’anglais)
Titre Original : Canopus in Argos: The Making of the Representative for Planet 8 (1982)
Couverture : Corinne Billon

Terre d’harmonie et de paix, la Planète 8 est le fruit d’une longue évolution favorisée par la bienveillante Canopus, civilisation très avancée au savoir multi-millénaire. Quand survient un accident cosmique qui bouleverse le climat, ce monde prospère bascule dans un hiver glacial irréversible. L’édification d’un gigantesque mur offrira, aux dires des agents canopéens, un sursis en vue de s’organiser, de changer radicalement de mode de vie. Mais l’horizon devient noir de froid pour les populations désemparées, qui perdent confiance dans les paroles de leurs Représentants. S’engage alors, peu à peu, la lutte obstinée de tout un peuple pour sa survie.

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