L’Oreille Interne de Robert Silverberg

Un livre qui ne laisse pas indifférent. J’avoue avoir plus aimé certaines choses que d’autres. Commencons par le moins bon : j’ai eu du mal à apprécier le style de l’auteur, sa façon de sauter du coq à l’âne, de changer de narrateur, de parler à la première personne est un peu pesante. D’autant que la retranscription des pensées du narrateur donne beaucoup de points d’interrogation et d’exclamation qui alourdissen tun peu. Egalement, c’est finalement assez peu un roman fantastique, en tout cas pas du tout SF et c’est un peu décevant.

D’un autre côté, c’est pas si mal cette approche anticonventionnelle : un antihéros, superman qui perd son pauvre pouvoir, dans une antihistoire, sans début et presque sans fin, sans rebondissement et pour tout dire, se résumant à l’aspect psychologique, cela donne un roman original à défaut d’etre passionnant.

Si on aborde l’oreille interne comme un roman psychologique on ne sera pas déçu: l’essentiel du livre tourne autour de cet aspect. Woody Allen télépathe et névrosé. Ca peut plaire quand on aime Allen. Moi j’ai bien aimé ce côté “anti” mais heureusement que le livre est court car il m’aurait vite lassé.

David Selig, Juif new-yorkais d’une quarantaine d’années, se considère comme un raté. Il est pourtant télépathe et pourrait profiter de ce don pour faire fortune, conquérir – et garder ! – les plus belles femmes… Mais non, rien à faire, il estime être un monstre tout juste bon à faire le nègre sur des devoirs d’étudiants, incapable de réussir sa vie. La dernière preuve en date : ce talent qu’il déteste tant, mais qui est finalement son seul lien avec le reste de l’humanité, est en train de le quitter ! Apeuré à l’idée de se retrouver seul avec lui même, Selig nous conte sa misérable existence. Grand roman psychologique, plein d’humour et de mélancolie, L’oreille interne est peut-être le plus beau livre de Robert Silverberg et à coup sûr un chef-d’Œuvre de la science-fiction.
Folio Science-Fiction (2007)334 pages 6.60 € ISBN : 2070319377
Traduction : Guy Abadia
Titre Original : Dying inside
Couverture : Damien Venzi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *