L’outsider de Stephen King

L’Outsider est donc le dernier roman en date de Stephen King paru à nouveau chez Albin Michel.

A chaque fois que nous ouvrons un Stephen King, la question qui se pose est de savoir si le roman sera aussi percutant que les romans qu’il a écrit jusque là.

L’histoire proposée en quatrième de couverture est alléchante : une mort (qui plus est un enfant), un coupable tout trouvé, une petite ville et on sent que le dérapage sera terrible et que Stephen King va à nouveau mettre en lumière un certain nombre de travers de notre société… Et on ne se trompe pas en lisant ce roman qui début clairement comme un thriller.

Tout de suite, nous sommes plongés dans l’horreur, mais l’horreur réelle, celle que nous aimerions pouvoir ignorer et dire qu’elle n’existe pas parce qu’elle concerne ce que nous avons de plus cher : notre descendance.

Alors quand le corps du jeune est découvert, nous découvrons une quantité importante de détails sordides et que nous souhaiterions finalement ne pas connaître : maltraitance, viol (et quel viol) et partiellement dévoré, voilà ce qu’aura subi notre jeune victime. Bien qu’habitué à l’écriture de Stephen King, j’ai eu beaucoup de mal avec ces descriptions mais elle n’est pas inutile puisque c’est cette violence qui justifiera que Ralph Anderson décide d’arrêter sur la base des preuves collectées (et Dieu qu’elles sont nombreuses) le coach Terry Maitland…

Et tout dérape…. Alors que l’entraîneur clame son innocence, la population qui ne jurait hier que par cet homme qui a su se mettre au service de sa communauté est prêt à le lyncher en public, la vie de sa femme et de ses deux filles est en passe de devenir infernale… Mais s’il était innocent ? Cette option n’est pas envisageable, même si certains éléments sont troublants et notamment sa présence au même moment à plusieurs centaines de kilomètres, avec le témoignage de personnes fiables.

Une fois que vous avez éliminé le possible, ce qui reste, aussi improbable que cela puisse paraître, ce doit être la vérité.

Comme bien souvent, Stephen King n’est pas tendre avec ses personnages, mais il n’est surtout pas tendre avec notre société. La description qu’il fait de cette foule prête à tout pour faire justice par elle-même fait peur et montre à quel point une situation peut déraper… D’autant plus, que les médias flairant le sang ne se privent pas de faire le siège du domicile familiale du présumé innocent devenu indubitablement coupable idéal…

Avec le talent qu’on connait à l’auteur, nos convictions, comme celle de Ralph vont être bousculées au fur et à mesure, pour nous ouvrir les yeux sur une situation qui est finalement plus compliquée que prévue. Cette montée en puissance mettra en lumière comme vous vous en doutez (au moins au vu de la couverture) un événement fantastique.

Mais ce n’est pas cela l’essentiel… On sent que le monstre décrit n’est pas tant le coupable réel que la réaction de tous ces braves gens.

A noter néanmoins que Stephen King montre une forme d’optimisme dans l’engagement de Ralph et nous retrouverons avec plaisir Holly que nous avons pu voir entre autre dans Mr Mercedes.

Albin Michel (30 janvier 2019) – 576 pages – 24,90€ – 9782226435897
Traducteur : Jean Esch (Etats-Unis)
Titre Original : The Outsider (2018)

Parfois, le mal prend le visage du bien.
Le corps martyrisé d’un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses ADN ne laissent aucune place au doute.Pourtant, malgré l’évidence, Terry Maitland affirme qu’il est innocent.
Et si c’était vrai ?

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