Mal

Ayant atteint ses dix-sept ans, la jeune Mary Wickford est contrainte de quitter l’orphelinat de la sainte charité où elle enseignait l’histoire aux jeunes pensionnaires. Avec un étrange tableau et un non moins étrange médaillon comme seuls bien, elle est conduite à Boston par Philip, le cocher de l’orphelinat. Mais sur la route, ils sont contraints de faire un détour et découvrent le petit village de Old Haven. Mary se sent immédiatement séduite par cet endroit, où elle a l’impression d’avoir toujours vécu. Elle y est accueillie par le prêtre puritain Caleb, qui l’engage en tant que bonne.

Mais elle ne s’entend pas toujours très bien avec lui, surtout quand elle lui fait part de sa volonté de déménager du presbytère pour faire construire sa propre maison. Grâce à l’aide de quelques notables et parvient à ses fins. Près de sa nouvelle maison, elle trouve des carnets qu’elle identifie comme ayant appartenus à sa grand mère, et où celle-ci raconte sa vie. Troublée, Mary se pose de plus en plus de questions quant au lien qui l’unit au village. Peu à peu, elle assiste à de drôles de choses dans la maison du prêtre, d’autant que celui-ci semble très attiré par elle. Puis un jour, alors que le prêtre part en voyage, elle décide de se rendre à l’asile de Salem, d’où vient son tableau. Elle y rencontre un homme, ancien pirate, qui lui parle de son histoire et de sa mère. Elle sort troublée et aperçoit alors Caleb dans un fiacre.

Puis, quelques semaines plus tard, la sainte inquisition débarque à Old Haven, avec pour but affiché de trouver la jeune fille, allant pour cela jusqu’à tuer les villageois peu enclins à la trahir. Elle doit alors s’enfuir, accompagné de Caleb et de quelques villageois. Une fuite suite à laquelle elle ne peut plus se cacher, à elle même ou aux autres, quelle est sa vraie nature. Elle est une sorcière, fille et petite fille de sorcière, héritière de la plus puissante lignée de sorcières. Et ses ennemis sont prêts à tout pour s’emparer d’elle, car elle seule peut sauver le monde, ou le faire basculer en enfer. Autour d’elle, les factions se révèlent et s’affrontent, la révolution est en marche, et elle est la pièce maîtresse de ce complexe processus.


La malédiction de Old Haven, paru en août dernier, est le fruit du mélange entre la fantasy jeunesse, domaine où fabrice colin a déjà prouvé maintes fois son talent, et l’uchronie, un genre qui commence à revenir au goût du jour, et pour cause vu la qualité de l’uchronie proposée ici . Sans être exceptionnel, ce livre se montre à la hauteur de nos attentes et se révèle très bien écrit. Les seuls vrais défauts du livre sont – ironie du sort- imputables à l’éditeur Albin Michel, acteur majeur de l’édition et qui réussit pourtant à commettre des erreurs grossières au niveau du quatrième de couverture…

Mais au delà de cette regrettable erreur, sur laquelle il n’est pas important de s’attarder, la malédiction de Old Haven est un ouvrage qui plaira aux adolescents, et il a à mon avis tout pour plaire à un public plus mature, ne serait ce que par ses quelques scènes de sexe, à peine censurées et, pour tout dire, très explicites ! Mais résumer la littérature adulte au sexe serait la stéréotyper, car il faut aussi compter sur un scénario complexe, des personnages profonds, un univers très fouillé. En vérité, le livre aurait pu – aurait même dû – être beaucoup plus long, si les contraintes de la littérature jeune n’exigeaient pas une taille plus réduite. Encore que, avec ses 636 pages, , il ne soit encore un peu gros pour des enfants ! Mais il est si bon, qu’il sera sans aucun doute lu jusqu’au bout, il le mérite bien. On en viendrait presque à regretter pour une fois que cette histoire ne soit pas déclinée en trilogie, c’est dire !

D’autant que nous assistons là à un habile mélange entre uchronie et fantasy. Une Uchronie indéniable, on reconnait bien là notre 17e siècle, certes bien chamboulé, et ce ne serait encore qu’un euphémisme ( moteurs à explosion, théocratie américaine et ascenceurs au programme). Et même l’absence de point de divergence visible n’empêche pas cette histoire d’être indubitablement originale. Fantasy car nous assistons à une lutte manichéenne, qui est loin d’être réduite à une simple opposition de factions clairement définies. Les sorcières, considérées comme maléfiques, incarnent elles le mal ? Et l’inquisition, qui défend le peuple du Malin, est elle si pure que ça ? Et que penser de la secte dolomite, de la fraternité d’York ? intervenants tiers qui sous des méthodes parfois douteuses semblent oeuvrer pour le bien commun, rien n’est vraiment clair, et le plaisir est là, celui de démêler l’écheveau de l’intrigue, de bien séparer tous les fils pour connaître enfin le fin mot de l’histoire.

Enfin, et même si ce n’est là qu’un supplément agréable et pas forcément utile, on appréciera tout de même les fortes références à la mythologie lovecraftienne, qui vient imprégner l’essence même du scénario, constituant une explication pas plus mauvaise qu’une autre à nombre des évènements bizarres peuplant ce monde. Et ce d’autant que le public visé ne connait pas forcément l’oeuvre de ce monstre de la littérature qu’est Lovecraft, et cette entrée en matière est à mes yeux une très bonne initiation, indispensable pour qui veut s’aventurer plus avant dans les arcanes du fantastique et de la fantasy.

En conclusion, n’hésitez pas à vous procurer ce très bon livre. Une production jeunesse exceptionnelle, qui sait se démarquer de la miévrerie de ses concurrents, trop empressés d’exploiter les mêmes voies mercantiles, en proposant une histoire originale, violente sans excès, qui ne prend pas les adolescents pour des gamins et offre une excellente voie d’accès vers une littérature plus mature. On est là bien loin des mauvais bouquins de fantasy publiés sous des marques célèbres, et c’est tant mieux, Et si vous êtes plus âgé, n’hésitez pas non plus, c’est un excellent bouquin de fantasy, qui parle de magie sans potteriser, et qui, comme la plupart des oeuvres de Fabrice Colin, dégage une atmosphère à part, qui nous rappelle pourquoi il occupe une place si particulière dans la fantasy française.

Ayant atteint ses dix-sept ans, la jeune Mary Wickford est contrainte de quitter l’orphelinat de la sainte charité où elle enseignait l’histoire aux jeunes pensionnaires. Avec un étrange tableau et un non moins étrange médaillon comme seuls bien, elle est conduite à Boston par Philip, le cocher de l’orphelinat. Mais sur la route, ils sont contraints de faire un détour et découvrent le petit village de Old Haven. Mary se sent immédiatement séduite par cet endroit, où elle a l’impression d’avoir toujours vécu. Elle y est accueillie par le prêtre puritain Caleb, qui l’engage en tant que bonne.

Mais elle ne s’entend pas toujours très bien avec lui, surtout quand elle lui fait part de sa volonté de déménager du presbytère pour faire construire sa propre maison. Grâce à l’aide de quelques notables et parvient à ses fins. Près de sa nouvelle maison, elle trouve des carnets qu’elle identifie comme ayant appartenus à sa grand mère, et où celle-ci raconte sa vie. Troublée, Mary se pose de plus en plus de questions quant au lien qui l’unit au village. Peu à peu, elle assiste à de drôles de choses dans la maison du prêtre, d’autant que celui-ci semble très attiré par elle. Puis un jour, alors que le prêtre part en voyage, elle décide de se rendre à l’asile de Salem, d’où vient son tableau. Elle y rencontre un homme, ancien pirate, qui lui parle de son histoire et de sa mère. Elle sort troublée et aperçoit alors Caleb dans un fiacre.

Puis, quelques semaines plus tard, la sainte inquisition débarque à Old Haven, avec pour but affiché de trouver la jeune fille, allant pour cela jusqu’à tuer les villageois peu enclins à la trahir. Elle doit alors s’enfuir, accompagné de Caleb et de quelques villageois. Une fuite suite à laquelle elle ne peut plus se cacher, à elle même ou aux autres, quelle est sa vraie nature. Elle est une sorcière, fille et petite fille de sorcière, héritière de la plus puissante lignée de sorcières. Et ses ennemis sont prêts à tout pour s’emparer d’elle, car elle seule peut sauver le monde, ou le faire basculer en enfer. Autour d’elle, les factions se révèlent et s’affrontent, la révolution est en marche, et elle est la pièce maîtresse de ce complexe processus.


” Il est un trait qui nous distingue, nous les Wickford, du commun des mortels : nous ne savons pas nous soustraire au destin. ” 1723. Gotham. Orphelinat de la Sainte-Charité. Mary Wickford, jeune orpheline à la beauté flamboyante, quitte le couvent et les sŒurs qui l’ont recueillie dix-sept ans plus tôt. En route vers l’est, la jeune fille s’arrête dans le vieux village d’Old Haven où règne une atmosphère lourde de secrets. Sans jamais être venue, elle connaît ces paysages de brumes et de ténèbres… C’est ici, à Old Haven, que fut brûlée vive, quarante-deux ans auparavant, une sorcière du nom de Lisbeth Wickford… Descendante de cette longue lignée, Mary est-elle née maudite ou est-elle destinée à sauver un monde en péril ?
Albin Michel Wiz (Août 2007)636 pages 15.00 € ISBN : 9782226159281 Couverture : Benjamin Carré
Le Livre de Poche 2009666 pages 7.50 € ISBN : 9782253089858
Quatrième1723, Gotham. Mary Wickford, jeune orpheline à la beauté flamboyante, quitte le couvent et les soeurs qui l’ont recueillie dix-sept ans plus tôt. En route pour l’est, la jeune fille s’arrête dans le vieux village d’Old Haven où règne une atmosphère lourde de secrets. Sans jamais être venue, elle connaît ces paysages de brumes et de tenèbres…
C’est ici que fut brûlée vive, jadis, une sorcière du nom de Lisbeth Wickford.

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