Malédiction du sang de Celia Rees

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Moyenne : 10.0/10 (1 vote pris en compte)

L’écriture de Celia Rees est agréable bien qu’il me soit arrivé de me perdre au gré des changements de point de vue, mais ce n’est qu’un détail ; les chapitres très courts sont appréciables. La construction du roman est bien également avec deux premières parties semblables et une dernière où l’aventure s’accélère. Revenons aux parties un et deux, on y découvre, en compagnie d’Ellen, le journal de son arrière-arrière grand-mère rédigé en 1878. Ce fut vraiment très sympathique de partager la curiosité et l’impatience de connaître la suite avec l’héroïne. D’autre part, son ancêtre ayant été l’une des premières femme médecin, elle est l’occasion d’évoquer la place des femmes à la fin du XIXème siècle, leur éducation ainsi que les quelques connaissances en médecine de l’époque. Certaines tournures de phrases ne m’ont pas toujours parues appropriées à l’époque mais passons.

Pour rentrer un peu plus dans les détails, Ellen est une jeune fille de 16 ans qui souffre d’une étrange maladie : par crise, elle se retrouve à bout de force, anémiée puis tout revient dans l’ordre comme si rien n’était jamais arrivé. Les médecins se trouvent démunis face à ce cas et, afin de rencontrer d’autres spécialistes, elle part habiter chez sa grand-mère.

C’est lors de son séjour, qu’au grenier, Ellen fait la découverte du précieux journal. Au cours de sa lecture, elle prend conscience de l’étrangeté du récit et des évènements. Elle va partager ses découvertes avec un ami d’enfance, Andy, qui lui sera d’une grande aide. Malheureusement, Ellen va finir par être hospitalisée et c’est là que tout s’accélère et les rencontres étranges vont se multiplier.

Un schéma de roman peu original donc mais qui a prouvé son efficacité néanmoins j’ai été déçue. Au fur et à mesure, j’ai cru découvrir un savant mélange entre fantastique et superstition ; en effet, Celia Rees prend le temps d’évoquer certaines maladies dont les symptômes sont probablement à l’origine des superstitions passées sur les vampires et, pourtant, ce roman se termine sur quelque chose de totalement fantastique. Dommage donc que cette dimension scientifique ne soit pas exploitée jusqu’au bout. Quelle utilité y’avait-il à l’évoquer, par conséquent, d’autant plus que ces considérations médicales ne me semblent pas très abordables pour le public visé ; je les ai comprises car je les connais mais elles sont à peine expliquées. Je me suis au final retrouvée face à un énième Dracula, avec une fin trop rapide et convenue…

Pour conclure, « Malédiction du sang » part sur de bonnes bases, la découverte du journal est très sympathique ainsi que les quelques évocations scientifiques ; malheureusement, cette dernière dimension n’est absolument pas exploitée et aboutit sur un roman uniquement fantastique qui m’a quelque peu déçue.

« A seulement seize ans, Ellen souffre d’une étrange maladie du sang. Dans la maison londonienne de sa grand-mère, où elle tente de reprendre des forces, sa seule distraction est la lecture des journaux intimes de son arrière-arrière-grand-mère, dénichés dans une malle au grenier. Ellen se plonge avec passion dans le quotidien de cette jeune fille déterminée, élevée par son père médecin, en pleine période victorienne. Avec l’arrivée chez eux d’un comte séduisant, d’une pâleur et d’une étrangeté glaçantes, le destin de la jeune fille bascule…

Au fil des pages, Ellen a l’impression d’être plongée dans un palpitant roman sur les vampires. Sauf que cette histoire est vraie. Sauf que, parallèlement à sa lecture, la jeune fille se sent de plus en plus mal, comme si la malédiction dont avait été victime son ancêtre perdurait dans ses veines… »

Seuil (17 mars 2011) – 256 pages – 13€90 – ISBN : 9782021041651
Traduction : Anne-Judith Descombey
Titre VO : Blood Sinister (2009)
Malédiction du sang de Celia Rees, 10.0 out of 10 based on 1 rating

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