Maîtres du Brisants (les) de Erik L’Homme

Dans un univers où deux peuples, l’un dominé par les Comtes de Niffhel, l’autre par les Musfells cohabitaient dans une paix tendue, Planète Morte (sous la juridiction de Niffhell) est un monde clé, celui par lequel les vaisseaux peuvent traverser les chemins blancs, leur permettant de traverser l’univers rapidement…
Pourtant, cette paix ne durera pas : Musffell envoie son général, La Pieuvre, leur plus grand stratège à l’assaut de Planète Morte ; les Comtes se doivent de réagir et envoie à leur tour le capitaine Vrânken de Xaintrailles, le Chien-de-la-Lune…
Il héritera de trois stagiaires âgés de 13 ans comme le veut la tradition…Xâvier, fils de Général Comte et fin stratège, Mörgane, orpheline et devineresse et Mark, fils de quartiers pauvres et bon cuisinier…

Allan : Je ne connaissais pas l’auteur malgré le succès de son précédent cycle Le Livre des Etoiles et donc c’était en novice que je découvrais son style…
Après la lecture des deux volumes qui compose cet aventure, je trouve que la force du récit tient dans la non-prise de partie pour un camp ou l’autre et ce me semble être un point important.
Au premier abord, on serait tenté de penser que nos amis embarqués à bort du Rongeur d’Os sont les “gentils” – si ce terme peut-être employé – et les hommes du Khan se trouverait dans le côté obscur.
Pourtant, en prenant un minimum de recul, on a plus la sensation que le Khan, bien qu’agresseur dans ce cas, n’a attaqué l’Empire que parce qu’il y avait une rancune…
Au delà de ça, nous avons un guerre avec son lot de morts et nous nous plaçons du côté des vainqueurs…
Le soin apporté aux personnages n’est pas étranger au plaisir que nous prenons à lire Chien-de-la-Lune ; en effet, nos héros jeunes et moins jeunes, ne sont pas des surhommes mais ressentent comme tout un chacun peur et angoisse.

Laboukineuze :Nous embarquons dans un space opera haut en couleurs, aux côté du beau capitaine Vrânken de Xaintrailles, aux commandes du Rongeur d’Os, et de son équipage, dont font partie trois apprentis : Xâvier, fils d’un général comte, pas très habitué à suivre des ordres, devra subir ceux capitaine, Mörgane, jeune orpheline des Frä Daüda, utilisera quant à elle ses talents de devineresse aux côtés de son aînée Frä Ülfidas, tandis que Mârk, issu d’un milieu pauvre, se verra affecté aux cuisines…
Ensemble, ils vont vivre de palpitantes aventures dans le sysème solaire de Drasill, à combattre des menaces de plus en plus grandes pour les habitants de Nifhell…

Il n’y a pas à dire, c’est une bonne trilogie! Le seul point qui a tout fait capoter, c’est la période trop longue entre le deuxième et le troisième tome. Au point qu’on a sorti une reliure des deux premiers tomes, ne croyant plus à la venue du troisième.
En dehors de cela, on retrouve un univers bien personnel, avec un système solaire dans lequel se battent deux peuples, dont les planètes principales sont Nifhell la froide et la bouillante Muspell. La technologie, les systèmes de navigation sont bien pensés : des chemins blancs compriment le temps et l’espace entre les planètes, dont la base est Planète Morte, dont le contrôle est à Nifhell au début de la trilogie. Le vaisseau de Vrânken fait un peu penser aux abîmes de Danielle Martinigol, mais la comparaison s’arrête là : celui de ce livre est seul, s’est fait capturer et non apprivoiser, et dort les trois quarts du temps, sans compter que son pilotage est bien différent.

Un autre point qui me plait, c’est l’idée des Frä Daüda, un ordre de soeurs devineresses qui, dans des temps plus anciens, se trouvaient sur chaque bâtiment de guerre, dans un temple où pousse un arbre dans une source de polymétal… Môrgane, surtout, est un personnage extraordinaire, qui prend de l’ampleur au fil des chapitres.
Et enfin, ce qu’on ne pourra renier à cette trilogie de science-fiction dans les règles du space opera, ce sont les sentiments : ils sont partout, en chaque personnage, se cachant ou explosant à la face de tous, blessants parfois, torturants souvent, ils existent bel et bien! Il ne s’agit pas ici de défoncer les méchants à coup de canon laser et tout fini bien! Les situations sont délicates, les rêves et les devoirs de chacun entrent en jeu au moment où on s’y attend le moins.

L’humour entre aussi dans le lot : entre les répliques assassines de Vrânken, du cuisinier, de Xâvier, enfin bref de tout le monde, on se surprend parfois à pouffer entre deux pages, voir à éclater de rire quand on tombe sur un trait d’ironie bien placé.

Ma conclusion : à conseiller à ceux qui veulent partir loin, et qui ont tous les tomes sous la main…

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