Myst

Les Thanatonautes 5

Après avoir été Homme, Ange et Dieu, Michael Pinson fera tout pour savoir ce qu’il y a au-delà..

La fin de la Saga

Et en ce qui me concerne, ce pourrait bien être la fin de la Saga Werber. En effet, je pense avoir lu tous ses livres, sauf l’espèce de catalogue pour le film ’Nos amis les terriens’ et si le Papillon des étoiles m’a profondément déçu, je dirai que l’Olympe selon Werber abonde en mites (non, ce n’est pas une faute d’orthographe, c’est exprès 😉 ) de toutes sortes.

Le style est certes facile à lire et coule comme du petit lait, mais la trame est usée jusqu’à la corde à force d’avoir servi et le lait commence à cailler un peu sur les bords. A nouveau, on nous ressert la théorie des chiffres, les rats dominateur, autonome et souffre-douleur, le monde que l’on recrée, l’encyclopédie de l’inutilité relative et absolue, les poncifs. Si je suis si amer, c’est parce que j’attendais beaucoup de ce livre. Depuis les Thanatonautes, j’étais émerveillé par une imagination que je trouvais débordante. L’Empire des Anges m’avait ensuite ébloui, Nous les dieux, scotché et Le souffle des dieux interpellé. Mais cette fois-ci, non, la (deuxième) montagne accouche d’une souris.

Comme le dit le synopsis de l’éditeur, Michael Pinson est réincarné en terrien. Je me dois d’admettre que certaines trouvailles sont très bonnes mais ce qui m’a dérangé au plus haut point et ce n’est qu’une petite révélation, il y a tout ce qui gravite autour : devinez en quoi il se réincarne ? En écrivain qui écrit un livre intitulé ’Le royaume des dieux’ et qui va contribuer à la création d’un jeu vidéo du même nom, qui permettra aux humains de deviner ce qui peut se passer en Aeden. Si cela ne sent pas la publicité… De plus, cet auteur réincarné, qui écrit le matin, rédige une nouvelle par jour et a, bien sûr, lu des livres tels que Les enfants d’Eve ou d’autres Œuvres de BW, prétend donner des leçons de vie. Après tout, pourquoi pas, cela pourrait faire partie du jeu, mais c’est présenté de façon si grosse que l’on sent l’auteur vraiment convaincu.

Au fur et à mesure, tout ce passage m’a vraiment fait penser à de la propagande pure et simple. L’écrivain se complaît à dire que ceux qui le critiquent sont des auteurs ratés et va jusqu’à dire «Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ceci que les imbéciles sont tous ligués contre lui ». Lorsque cette phrase sort de la bouche d’une personne qui semble, justement, avoir beaucoup de détracteurs… ne serait-ce pas une façon indirecte de régler ses comptes ? Et si je n’ai pas lu maintes fois dans ces pages que beaucoup de gens ont commencé à lire grâce à lui, ce n’est certes pas de sa faute. J’extrapole peut-être exagérément, mais le parallèle entre BW lui-même et la réincarnation de Michael Pinson est vraiment trop flagrant. Et bien sûr, cela n’apporte absolument rien de nouveau pour ceux et celles qui ont lu les autres livres ou quelques articles sur l’auteur. Donc : un profond ennui.

Idem pour certains jeux sur Aeden, où l’histoire de Terre 18, si proche de la nôtre, me fait penser à un récapitulatif de mes manuels scolaires. Tout cela m’a semblé du pur remplissage. Ainsi, je me demande si on n’aurait pas une page ou deux en moins en supprimant toutes les occurrences de la maxime ’ce n’est pas parce qu’ils sont plusieurs à avoir tort qu’ils ont raison’. L’auteur nous ressasse sans arrêt qu’il ne faut pas prendre la société pour argent comptant, mais il le fait au travers de phrases toutes faites à prendre… pour argent comptant.

Et le final… je m’attendais à l’apothéose, à la cerise sur le gâteau, mais je n’ai eu droit qu’à un soufflé qui, non content de se dégonfler, dégouline le long des parois du four. Ridicule ! 5 livres, des milliers de pages et plusieurs années, dont une en suspens, pour arriver à cela ? Le dialogue de la fin est bien pensé, mais la révélation en elle-même est loin de répondre aux attentes suscitées par un auteur qui s’attaque à la déité elle-même. En terminant ce livre, je me suis dit ’Ça finit comme un bouquin pour gosses’. D’ailleurs, un conseil : ne faites pas comme moi et ne regardez pas la dernière page afin d’en connaître le nombre : vous tomberez sur un mot qui vous gâchera la surprise. Ne le faites pas et peut-être aurez-vous au moins un sentiment d’inattendu. Mais l’inattendu ne signifie pas nécessairement que la surprise est agréable ou originale. Imaginez-vous sur le début des montagnes russes : ça monte, ça monte, ça monte… clic ! un arrêt et puis zouuuuu ! ça desceeeeeend !!! Mais boum ! y a un mur au bout et splash ! Vous vous écrasez dessus. C’est cet effet que m’a procuré la fin du livre. Et flûte ! Tout ça pour ça ! Si j’avais su, j’aurais attendu le Poche, histoire de ne pas gaspiller les 25 euros que m’a coûtés ce bouquin.

D’après ce que j’ai lu, BW se targue de connaître les bonnes recettes pour faire un best-seller, mais à force de toujours manger les mêmes plats, on finit par se lasser. J’attendrai de voir les critiques de son prochain livre avant de l’acheter.

En conclusion, je dirais que Le mystère des dieux m’a profondément déçu par son côté répétitif et ’autoflagorneur’ de l’auteur qui me semble y faire l’apologie de lui-même et de sa façon de penser. J’ai eu le sentiment que ce livre s’écartait du côté science-fiction pour glisser vers le traité philosophique alors que je souhaitais lire la fin d’une saga d’aventure. Quant à la révélation, je l’ai trouvée bien en deçà des attentes suscitées par les livres précédents.

Après avoir rencontré Zeus au sommet de la montagne d’Aeden, Michael Pinson retrouve sa classe d’élèves dieux pour la partie finale. Ayant échoué à cet examen, il commet l’irréparable : tuer un autre élève dieu.
Condamné au pire chatiment, redevenir un mortel, il va connaître les affres de vivre une vie normale avec la perspective qu’offre le savoir divin. Pourtant, l’épreuve s’avère moins dure qu’il ne le redoutait. Sur Terre 18, il rencontre le grand amour et s’aperçoit que, même mortel, on peut changer beaucoup de choses dans l’univers.
Michael Pinson ne pourra pourtant pas aller au bout de cette expérience nouvelle car l’appel d’Aeden résonne à nouveau. Son ami le professeur Edmond Wells et Aphrodite, la déesse de l’amour, l’appellent pour la dernière grande odyssée, celle qui le menera au sommet de la deuxième montagne, jusqu’au Créateur.
Il va connaître enfin le Grand Secret de l’Univers.

Albin Michel Littérature Générale (Octobre 2007)476 pages 9.99 € ISBN : 9782226179791

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