Neil Gaiman de Collectif

Galaxies 1

Nouvelles :
_ Notre Dames des oubliés de Claire et Robert Delmas :
_ Les Cercles intérieurs de Georges Panchard :
_ La Chose la mieux partagée au monde de Jean Pierre Guillet ;
_ Les réparateurs intergalactiques de réfrigérateurs ont rarement du liquide de Thomas Gerencer :
_ Engadine de Xavier Mauméjean :
_ Hommes d’équipage, les papillons tissent les toiles de vos vaisseaux de Fréderic Serva :
_ L’Histoire véritable de Alastair Reynolds :

Articles :
_ Dossier Alastair Reynolds (Gilbert Millet) : analyse, entretien et bibliographie d’un des auteurs anglophones les plus marquants de ces dernières années.
_ Regard sur la SF européenne : l’Italie (Jess Kaan) : A travers une série d’article, Jess Kaan va étudier l’état de la santé de la SF en Europe.
_ Les entretiens : Joelle Wintrebert (Olivier Noël) A l’occasion de la sortie de La chambre de sable chez Glyphe, entretien avec l’une des rares femmes auteur de sf en Franc.
_ Les entretiens : Neil Gaiman (Gillian Gray) : petite discussion avec l’auteur de Stardust sur la sf américaine.
_ Cinéma SF : Z comme zombies (Bruno Paul) : Au cinéma, les zombies sont toujours les bienvenues, retour sur ces héros… «mortbides ».
_ Autremondes : Cormac McCarthy (Denis Labbé) : ou quand un auteur de littérature générale écrit le meilleur roman de sf de l’an dernier.

Que de péripéties autour de ce magazine Galaxies. L’un des tous premiers, plusieurs fois ressuscités pour le plus grand plaisir des fans français de sf, et donc, plusieurs fois morts, et notamment l’an dernier, après de multiples rebondissements incluant des retards phénoménaux, des abonnements débités jusqu’au dernier moment, des passage de flambeaux avortés, bref un beau feuilleton digne de Dallas… Et l’annonce de la reprise/recréation du magazine par Pierre Gévart, romancier peu connu et rédacteur en chef du fanzine Géante Rouge, a tout sauf calmé les passions. Ce numéro 1 est donc le support de nombreuses attentes et espérances, à nous de voir si les fans seront déçus.

Hélas, dès le départ, ça semble mal parti. En effet, comme couverture, nous avons droit à un dessin de Krystal Camprubi, une jeune dessinatrice qui a beaucoup fait parler d’elle ces derniers temps et avait même été invitée à participer à la fresque des Imaginales. Au final, cette couverture, loin d’être exceptionnelle, est en plus rendue grossière par les pixels très apparents, et une mise en page peu convaincante.

Côté dossiers et rubriques, nous avons un peu de tout. Un passionnant entretien avec Alastair Reynolds suivi d’une très bonne nouvelle, voila de quoi réjouir ses fans et ceux qui ne le connaissent pas, dont votre serviteur. Une rubrique intéressante animée par Jess Kaan, celle des regards sur la sf européenne, qui commence avec l’Italie. Bien que courte, cette rubrique contient pas mal de données susceptibles de provoquer un engouement par cette sf uniquement connue en France par la série des Nicolas Eymerich de Evangelisti. D’autres rubriques, notamment e celle sur les tropes de la SFFF, ou Autremondes, se penchant sur des auteurs de blanche qui font des incursions dans l’imaginaire avec un premier article sur McCarthy, auteur du surprenant La Route, un roman narrant les péripéties d’un adulte et de son fils dans une amérique post-apocalyptique. Mais, et toutes les bonnes choses ont une fin, Galaxies retombe dans ses anciens travers avec une partie critique tout sauf modeste, puisqu’elle affiche presque trente pages au compteur. Certains se rappelleront peut être qu’il était question au début de privilégier les nouvelles à la critique des nouveaux romans, idée se basant sur la sortie trimestrielle du magazine, ce qui l’empêchait de concurrencer les sites web. Il faut croire que la tentation du passéisme a été trop forte, d’autant que si les livres analysés sont peu nombreux, les commentaires les accompagnant sont souvent très grands, sans correspondre pour autant à l’actualité. Et avec une rubrique aussi dévoreuse d’espace, on peut se douter qu’elle va empiéter sur l’espace nouvelle, ce qui serait dommage.

D’ailleurs, penchons nous sur les nouvelles. Une bonne surprise, la place conséquente des auteurs français, et pas forcément des très connus : les Belmas, Xavier Mauméjean, Georges Panchard, etc, des auteurs pour la plupart récents. Pour revenir sur celle de Xavier Mauméjean, on regrettera que, dans une nouvelle dont la chute est très importante, il manque le dernier mot, ce qui ne laisse pas d’irriter le lecteur, frustré de sa chute. ( Quant à l’auteur lui-même, il l’a si mal pris qu’il a refusé de dédicacer la nouvelle !) Mais revenons à nos moutons et réjouissons nous de l’extraordinaire diversité de cette sélection. Les Belmas nous font partager une histoire tirée de leur univers familier, celui des Terres mortes. Un texte fort, un peu long mais agréable. Nous enchainons sur Panchard qui, fidèle au style propre à Forteresse, nous offre un texte fort, un peu futuriste, juste ce qu’il faut. Suit le texte de Guillet, un peu faible mais on lui pardonne puisque c’est un jeune auteur, avec une histoire classique sur la nature/Gaia bien que surprenante par sa forme. Une comédie de l’anglais Gerencer, qui n’est pas sans rappeler Adams. Puis un texte de Mauméjean, toujours aussi porté sur la divinité, les religions, et qui nous entraine ici sur les traces du serviteur, tantôt adoré ou haï, d’un dieu. Et enfin, un texte difficile que celui de Serva, puisqu’ancien membre de Limite, il reste fidèle à la tradition de ce groupe mythique avec cette oeuvre expérimentale et poétique, qui clot de manière magnifique ce corpus de nouvelles.

Pour conclure, un bilan un peu mitigé de ce Galaxies nouvelles formule. De très bon choix de nouvelles, beaucoup de diversité, des auteurs pas forcément incontournables aux plumes surprenantes ou aux sujets atypiques. Mais de vieux travers comme cette embarrassante rubrique «notes de lecture» dont on ne sait que faire, et une conception encore un peu amateure du magazine, ce qu’on peut attribuer à l’expérience uniquement «fanzinesque» de Pierre Gévart. Sans être enthousiasmante, cette nouvelle série de Galaxies n’est pas forcément à négliger, notamment si elle conserve dans ses prochains numéros des choix aussi eclectiques en matière de nouvelles.

Dossier Alastair Reynolds
Entretien Neil Gaiman

3A Galaxies (2008)192 pages 9.99 € ISBN : 2914590075

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