Nigredo de Lea Silhol

“L’utilité, c’est cela. Être choisi pour le besoin des autres, et non pour le sien.” (p.39)
“Je veux, moi, ce que tu veux. J’accepte la loi de ta Nuit.” (p.109)
[à propos de son coeur] “Il n’a que la taille de l’espace qu’il faut, pour accueillir ce qui me vient de toi.” (p.133)
“Je riais aussi pendant [ma mort]. Ne pas le faire, ce serait céder par trop de terrain à cette ombre.”(p.314)

La Glace et la Nuit 1

Comme le résumé est long en quatrième de couverture, je vous fais un résumé de taille acceptable ici!
Quelques siècles mortels se sont écoulés depuis La sève et le givre Faërie va mal. Les hommes oublient les anciennes puissances et se tournent vers d’autres divinités. L’oubli guette les Cours. Alors Gaemred, la Reine de la Cour d’Hiver, envoie Kelis, mi-mortel mi-fée, pour retrouver Angharad et lui demander de sauver ce qui peut encore l’être.
Mais Angharad est loin de tous les jeux des Cours, éprise de sa liberté plus que de son destin. Quel sera son choix? Retirée dans un lieu secret avec son seigneur, Finstern, qui a renié son royaume de Dorcha pour la suivre, voudra-t-elle risquer de perdre ce qu’elle a si douloureusement construit par elle-même?

Une fois de plus, Léa Silhol nous enchante par le ton de conteuse qu’elle emploie. Elle n’est certes pas un auteur, mais bien une conteuse, ceux qui transmettent les histoires plutôt que de les inventer… c’est du moins l’impression que l’on a lorsqu’on plonge à corps perdu dans ces histoires immortelles. Il s’agit ici de contes de fées comme on n’en a jamais vus, avec des jeux cruels, des enjeux plus cruels encore, des personnalités évanescentes et pourtant si présentes.
Oui, ses personnages, pareils à nuls autres, envoûtent. Il serait trop simple, avec la couverture, de penser “oui blablabla, l’opposition du noir et du blanc, rien de neuf quoi…”
Ceci n’est pas ce que vous croyez.
Angharad, dont le blanc est certes la couleur, possède des yeux verts, qui rapelle au monde qu’elle n’est pas seulement la fille de la Neige, mais aussi de l’Eté. Née de l’union d’un seigneur de la cour d’Hiver et d’une nymphe de celle d’Eté, union interdite s’il en est. Paradoxe continuel, elle n’a pas fini de vous surprendre dans cet opus!
Contrairement à d’autres histoires où j’écris volontiers qu’il est facile de s’identifier aux personnages, celle-ci ne le permet pas. Les fées de Léa sont si loin de nos basses caractéristiques humaines… Peut-être oui, quelques fois, on prend leurs sentiments pour comparer les nôtres (ou est-ce l’inverse?) et on s’imagine comprendre leur ressenti…
Cependant, dans ce livre, l’auteur nous concède un peu de mortalité grâce au personnage de Kelis. Kelis, fils de Frost et d’une mortelle, qui vit en Hiver et va être mandaté par la Reine pour retrouver Angharad, à sa plus grande surprise. Lui qui se croyait inférieur va se révéler capable d’affronter les pires dangers possibles… et de toujours s’étonner de ce qu’il verra, entendra et comprendra sur les immortels des Neuf Cours. En cela nous lui ressemblons…

Bien sûr au fond de moi je sais qu’il y a une part d’invention, que Léa de fait qu’utiliser des légendes gaéliques comme trame de ses contes, mais elle entrelace si bien l’invention de l’héritage qu’on n’y voit que du feu…pour notre plus grand plaisir de voyager à travers ces dimensions féériques !

Le vent a soufflé sur le Royaume…
En Hiver, la Reine des Neiges déchiffre la Trame du Temps et voit venir les jours derniers, la fin de tous les Chants. Elle confie à l’un des membres les plus inattendus de la Cour Froide une mission capitale, porteuse de tous ces espoirs : retrouver Angharad, Dame de la Sève et du Givre, qui a quitté les Dix-Neuf Royaumes depuis deux cents années mortelles. La retrouver, la ramener, telle est la mission de Kelis, le barde incertain qui connaît si peu le monde.
Un acte désespéré, dont tout dépend. Et Kelis, fou blanc, s’avance sur l’échiquier de sa souveraine, sans se douter qu’il va entraîner, à chacun de ses pas, le plus grand changement qu’ait connu la Féerie. S’avance, tandis que le temps coule comme de l’eau… À travers les pièges des fiefs d’Ombre. Les envoûtements de Nicnevin. Les chasses unseelie et les jeux de Lumière. Les plans des Monarque des Trois Clartés.
Les alliances avec les dieux étranger. Les épées élevées des Nishven et l’art antique des Filidh. Les routes à créer et les héritages à accepter. Sur les pas d’Angharad et Finstern jusque dans leur volontaire exil. Vers la fracture des Cours, la guerre contre la Mortalité, et vers la promesse la plus périlleuse des Cours. Vers l’espoir de Seuil. C’est dans la conquête des passage et des clefs, et sous l’égide des anciens Trésors des Tuatha de Danann, que commence à se tisser le deuxième chant majeur du monde de Vertigen.

Les moutons électriques (Mars 2007)370 pages 9.99 € ISBN : 9782915793291 Couverture : Amandine Labarre

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