Nobliaux et sorci

Les Annales du Disque Monde 14

De retour de leur dernière aventure (voir Mécomptes de fées), les trois sorcières du pays de Lancre vont découvrir de bien singuliers changements. Magrat Goussedail se retrouve propulsée future reine du royaume et se consacre entièrement à la préparation de ses noces avec le roi Vérence II et à l’apprentissage du métier de reine, négligeant son devoir de sorcière. Nounou Ogg et Mémé Ciredutemps de leur côtés mènent l’enquête sur les événements étranges qui se manifestent : des cercles mystérieux apparaissent dans les cultures. Elles vont découvrir l’évidence : quelqu’un a dansé autour des vieilles pierres levées et “quelque chose” est entré dans le monde du disque. Encore une fois, les sorcières, menées par Mémé Ciredutemps, vont devoir faire face à la menace pour que tout rendre dans l’ordre.

GIL:
Une nouvelle aventure du trio de sorcières toujours aussi délectable et drôle. Terry Prachett s’attaque une nouvelle fois aux clichés de l’heroïc fantasy, à la grande joie du lecteur. Cette fois ci ce sont les elfes qui passent à la moulinette : ils sont beaux certes mais particulièrement cruels et vicieux. On découvre de nouvelles facettes de Mémé Ciredutemps qui redécouvre son passé et on a même le plaisir de retrouver les mages de l’université d’Ankh-Morpork, l’archichancelier Ridculle en tête, suivi du célèbre bibliothécaire orang-outang. Une petite pincée d’actualité avec les “cercles de cultures” mis à l’affiche dans le film “Signes” et la recette humoristique est prête à être savourée.

ETIENNE:
J’ai eu l’impression, à la fin de ce livre, qu’après avoir démontré qu’il pouvait faire du polar (pieds d’argile), Pratchett s’attaquait au roman de fantasy “traditionnel”, j’entends avec des méchants qui font peur et sont très très puissants. autant le reste des annales est léger, fantaisiste plutot que fantasy, autant celui ci a des passages presque sombres.
Pratchett prend plaisir à démonter tous les clichés de la fantasy un à un : les trolls et nains sont plutot sympas et les elfes des vraies saloperies. Le trait est ici un peu gros (on dirait parfois surjoué) mais je pense qu’il aurait mérité un tome plus gros, permettant de mieux expliciter la fin. curieuse propension de Pratchett que cette manie d’expédier l’épilogue mystico-magique en une page, nous laissant un peu déboussolés par le manque d’explication.
Mais à part ces quelques remarques, un excellent tome, à lire avec le précédent, offrant une confrontation Mages/sorcières assez rare pour être notée.

l’Atalante (Janvier 2001)0 pages ISBN : 2-841-72117-5
Traduction : Patrick Couton
Titre Original : Lords and Ladies (1992)

Couverture : de Josh Kirby
Réédition 1999

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