NoirZenith de James Barclay

Chroniques des Ravens (les) 2

A Parve, dans la cité des seigneurs sorcyers, les Ravens et leurs compagnons de combat ( Le xetesk styliann et ses protecteurs, les cavaliers du général Darrick) viennent juste de battre Les seigneurs-sorciers en lançant Aubemort, le sort de fin du monde, qui a été maitrisé par Denser. Mais il n’avait pas prévu que le sort ouvrirait une faille interdimensionelle reliée…à la dimension des Kaans, les dragons qui protégent Balaia. A la tête de sa couvée, Sha-Kaan – le dragon dont le premier dragonen était Septern qui lui avait confié un des catalyseurs d’Aubemort dérobé par Denser – parvient à protéger la faille de l’invasion des autres couvées de dragons. En effet, si ceux ci parviennent à envahir Balaia et à détruire toute vie à sa surface, ils affaibliront les Kaans et pourront les vaincre. Mais la désorganisation rêgne entre les dragons et les différentes couvées ne parvenant pas à s’entendre, elle s’entre-déchirent tout en affrontant les Kaans, qui mettent ce désordre à profit pour les repousser.

Mais ils ne pourront défendre la brèche longtemps, car celle-ci ne cesse de grandir. Or, les Kaans ne sont pas assez nombreux pour s’opposer à leurs adversaires quand elle aura cru. Il devient alors primordial de la refermer, car dans le cas contraire, les Kaans et les Balaiens mourront, et ils n’en ont pas particulièremet envie.

Pourtant, ce n’est pas le seul enjeu, puisque les Ouestiens ont réussi à envahir l’Est. Une armée commence à assiéger Julatsa, qui doit se retrancher dans son collège et faire appel aux démons pour établir un mur infranchissable. Une autre occupe la passe de Sous-Roc et menace à plus ou moins long terme Korina, la capitale de l’Est. Une dernière remonte du Sud après avoir capturé Noirépine, mais sur sa route se dressent les vestiges de l’armée des barons Noirépine et Gresse.

Partant chacun de leurs côtés, les 3 groupes protagonistes de l’élimination des seigneurs sorciers devront à la fois éliminer leurs séides ouestiens et sauver le monde. Et ce alors que privé de la magie de leurs maîtres, les Ouestiens n’ont qu’à peine faibli et continuent leur avancée inexorable, mettant en péril la mission des Ravens : refermer la faille à partir des travaux de Septern sur le sujet. Mais où trouver ses travaux, à part dans les collèges assiégés?

Ce deuxième tome est à la fois meilleur et moins bien que le premier, paradoxal je sais mais pourtant vrai. Il n’y a pas à dire, on démarre sur les chapeaux de roues, c’est toujours le même style incisif et vif, sans fioritures ni chichis, l’action avant tout, les détails après.

Ce second tome se cracatérise par la prééminence des batailles, pour la plupart sans les Ravens qui plus est. Et James Barclay est très bon à ce petit jeu, les récits de batailles se suivent sans se ressembler, les tactiques déployées sont claires, toutes différentes, bien expliquées sans s’y approfondir. La bataille est bien un lieu instable où les situations se renversent au gré des imprévus, les mages lancent des sorts, s’épuisent, meurent, les soldats chargent, se battent, c’est limpide, c’est rapide, c’est sympathique. Et les descriptions des combats des protecteurs ou des Ravens sont encore mieux réussis, car déployant une virtuosité hors pair dans la narration des exploits guerriers imparables des uns et des autres. Le style est épuré, simple, mais rudement efficace.

En fait, ce que je pourrais lui reprocher, c’est le manque d’originalité. Rappelez vous le tome 1, les Ravens se lancent à la recherche des 3 catalyseurs d’AubeMort et doivent encore atteindre Parve pour lancer le sort tout en combattant des ennemis plus forts qu’eux. Dans ce nouveau tome, c’est exactement le même scénario qui se reproduit. Ils doivent récupérer les travaux de Septern sur la théorie dimensionelle, tous éparpillés dans les 4 collèges bien entendu, puis se rendre dans la dimension dragonienne en pleine guerre entre dragons, rien de moins. Cette fois, les menaces et les ennemis sont encore plus puissants, mais ce n’est toujours qu’une resucée du premier tome.

Néanmoins, on appréciera le traitement approfondi dont bénéficie les principaux protagonistes, qu’ils soient Ravens, Estiens ou Ouestiens. leur psychologie est fouillée, bien établie, et leur réactions en deviennent donc logiques, trop peut être. En effet, c’est justement le manque d’approfondissement dans les traits d’un des personnages qui nous indiquent, sans aucun doute possible, qu’il n’est destiné qu’à un rôle mineur, souvent fatal. Avec Barclay, pas de surprise, en aiguisant ses sens, on peut quasiment dresser tout de suite la liste des personnages qui seront morts à la fin du livre.

Pour autant, NoirZénith n’est pas mauvais, loin de là. Il souffre juste de quelques défauts relativement importants. A noter d’ailleurs que l’aspect jdr se ressent ici fortement, surtout à propos de la récupération du mana qui est un des thèmes principaux, puisque les mages étant constamment obligés d’user de leur art, leurs réserves s’épuisent rapidement. Ce qui a évidemment des répercussions sur l’histoire!! Mais l’ensemble est toujours aussi ensorcelant, avec les pointes d’humour propres à l’écriture de Barclay, qui rendent cette équipe de mercenaires si sympathique, et leurs aventures si agréables à suivre.

Donc, c’est un bon livre, pas le meilleur qui ai été écrit en fantasy ces dernières années, pas le pire non plus. Il a ses défauts, ses qualités, mais c’est surtout et avant tout la suite de AubeMort, rien que ce statut devrait vous pousser à vous le procurer le plus tôt possible!

Le mage Denser a lancé AubeMort, le sortilège apocalyptique, les Seigneurs Sorcyers ont été bannis et les habitants de Balaia peuvent maintenant se concentrer sur la menace des Ouestiens pour les vaincre.
Mais il s’est passé quelque chose de terrible. Le sortilège a créé une déchirure entre les dimensions, une tâche de néant dans le ciel bleu qui jette une ombre en plein zénith. Et de jour en jour, cette ombre grandit.
Tandis que les Ouestiens prennent d’assaut Balaia, les Ravens doivent répondre à un appel étrange du fabuleux dragon Sha-Kaan. La couvée Kaan affronte dans un combat perdu d’avance les autres couvées de la dimension des dragons, pour les empêcher de se déverser dans la déchirure dimensionnelle et de ravager Balaia.
Et d’une façon ou d’une autre, les Ravens doivent les aider.

Pocket (2006)450 pages 9.99 € ISBN : 2-266-15145-2
Traduction : Isabelle Troin
Titre Original : NoonShade (2000)

Couverture : Guillaume Sorel
Bragelonne 2003

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *