Olympos de Dan Simmons

Après avoir combattu les Troyens pendant près de 10 ans, Achille décide de s’allier avec Hector pour donner une leçon aux dieux. Il faut dire qu’après l’assassinat de Patrocle et de Scamandrios, les 2 héros sont assez remontés. Heureusement qu’ils ne savent pas que c’est hockenberry qui a fait le coup avec les artefacts divins que lui a confié Aphrodite. En outre, les Moravecs ont débarqué sur Mars et y ont découvert les Grecs, grâce à l’intervention de Mahnmut et de Hockenberry, une alliance a été conclue entre les 2 peuples.

D’ailleurs, les moravecs préparent une autre expédition, car à leur plus grande surprise, ils se sont rendus compte que ce n’était plus de Mars que venait la menace quantique, mais de la Terre. Il se pourrait bien que leur nouveau vaisseau puisse aussi abriter des humains cette fois.

Sur Terre d’ailleurs, les humains se sont organisés contre la menace des voynix. grâce au cours d’Odysseus, ils ont retrouvé l’instinct guerrier qui avait disparu et commencent à réapprendre les bases de la civilisation. Mais les voynix se massent autour des 300 communautés humaines, et ce ne sont pas quelques fusils à flêchettes qui les arrêteront.

Il semble en outre qu’un nouveau protagoniste entre en scène, Sétébos, qui a quitté sa geôle martienne pour la Terre où , avec l’aide de Caliban, il compte bien régler ses comptes avec Prospero et Ariel. Mais il oublie Syconax dans ses calculs.

ORCUSNF IMPERATRICE MOA
Magistral, Dan Simmons conclut ici une oeuvre ambitieuse qui, comme pour Hypérion, reprend une oeuvre classique, et l’adapte avec succès. Certes, les puristes diront qu’on ne retrouve pas dans ces 2 tomes toute la verve, la passion, le dynamisme d’Hypérion, mais il est dur de dépasser un tel chef d’oeuvre. Simmons avait atteint ses limites avec Hypérion, il ne peut plus nous livrer maintenant que des chefs d’oeuvres encore supérieurs à la moyenne.

Les plus impatients des lecteurs pourraient reprocher les références constantes à de la littérature plus orthodoxe que la SF, mais qui au final a toute sa place et sert de la plus belle des manières l’intrigue d’Olympos. Ils pourraient aussi dire que c’est parfois un peu longuet, que les humains sont moins interessants que les grecs, mais ce serait une comparaison somme toute fallacieuse et subjective. L’Illiade appartient au patrimoine de l’Humanité, et ses personnages sont immortels. Alors sous la plume de Simmons, ils reprennent vie et peuvent faire pâlir la plupart des autres personnages de roman. Ce sont tout simplement 2 catégories différentes de personnages, et je dois avouer, que j’ai quand même apprécié les pérégrinations de nos descendants humains. Un peu balourds, un peu naïfs, mais comment ne pas l’être en étant post-alphabetisé et gâté au delà du déraisonnable.

Les péripéties s’emboitent à merveille, l’action ne se relâche pas, et nous sommes toujours pris aussi inexorablements dans les filets de l’auteur, qui nous donne toujours autant envie de continuer. Pas à dire, une technique narrative aussi bonne qu’on pouvait l’attendre, l’ennui n’est pas de mise avec Simmons, juste quelques ralentissements ici ou là, mais qui peuvent apporter un petit plus à l’histoire.

Les intrigues et sous-intrigues se succèdent, se déroulent , se résolvent et s’enchainent parfaitement. On pourrait reprocher trop d’action justement, une histoire trop longue et facilement réductible, voire une longueur mercantiliste. Et nombre de détracteurs de Simmons se sont emparés de cet argument massue, qui n’est pourtant pas fondé lui non plus. S’ils veulent du texte court, sans fioritures, sans le petit plus qui rend une description belle, un combat sublime, un roman phénoménal, je les incite à reprendre 1984 de Orwell et à faire la énième édition du Novlangue. Raccourcir ici, c’est enlaidir. C’est long, ça fait près de 1400 pages, mais c’est justifié, personne n’a dit que la Sf n’était pas un investissement en temps. Je propose qu’on aille déterrer Tolkien pour lui demander de réduire le seigneur des anneaux à moins de 500 pages, ça lui fera sûrement plaisir.

Par contre, lecteurs, soyez attentifs, ne sautez pas de lignes, vous pourriez faire des méprises et mal comprendre l’intrigue. En effet, une fois les explications sur un sujet faites, il n’est plus question d’y revenir, et aucun glossaire ne vous viendra en secours. Dans ses descriptions techniques, Simmons se montre d’une concision et d’une précision extraordinaire, qui nous permet de comprendre sans toutefois nous perdre dans un charabia scientifique abstrait pour tous les néophytes.

En conclusion, une oeuvre magistrale, encore une belle réussite pour Dan Simmons, qui espérons le ne s’arrêtera pas en si bon chemin, rares sont les enchanteurs comme lui, capable de nous ravir au sommeil pour nous pousser à compulser un peu plus ses oeuvres d’art. Une réécriture spectaculaire de L’Illiade et de l’histoire grecque, qui bien que partant sur de nouveaux rails dans Olympos, n’en reste pas moins aussi intéressantes, voire plus. Une conception intéressante de l’avenir, des méfaits de la technologie utilisée inconsciemment, et la reprise en général de mythes et d’oeuvres humains bien réalisée. A lire absolument.

ETIENNE
J’ai commis l’énorme erreur de lire les deux tomes avec plusieurs mois d’écarts (délais de parution de la version poche): c’est à éviter absolument. Il m’a bien fallu 200 ou 300 pages pour raccrocher les wagons de ce livre entre uchronie, post apocalypse et SF classique. Cela m’a surement gaché une partie du plaisir car j’ai trouvé ce deuxième tome poussif, peu clair et pas fini.

Je n’ai rien à redire à l’écriture, à la dynamique du récit qui sont très bien, mais c’est plus sur le fond: je me suis même ennuyé par moment.
Il m’a manqué également les quelques chapitres d’explication finale ou au moins une épilogue, la fin est vraiment abrupte.

En plus, la citation de Gramsci présente vers la fin a suffit à me gacher le plaisir : je me suis planté dessus en devant la commenter lors d’un concours. con de Gramsci !

Surement à relire, un jour, les deux tomes d’affilée.

Ilium chantait les exploits de la guerre de Troie, surveillée par le scholiaste Thomas Hockenberry pour le compte des posthumains divinisés qui habitent sur Mars le mont Olympos.
Depuis, les choses se sont corsées. Echappant au scénario d’Homère, Grecs et Troyens, Achille et Hector, se sont alliés pour vaincre les dieux et assiéger leur forteresse martienne. Ils profitent de la porte ouverte dans l’espace par les Moravecs, qui leur apportent un sérieux appui.
Mais la porte commence à se refermer…
Sur Terre, les Voynix, qui ont longtemps été les serviteurs des Derniers Hommes, ont soudain entrepris de les massacrer. Les Derniers Hommes, élevés dans la soie, vont devoir apprendre à se battre.
Orphu d’Io et Mahnmut sont envoyés sur Terre pour prévenir un cataclysme qui menace la planète depuis des millénaires, sous la forme d’un sous-marin doté missiles à trous noirs.
Harman retrouvera-t-il ada après un périple qui lui fera traverser la moitié de la Terre sous la conduite d’un Prospero qui n’est peut-être que le fantôme d’une Intelligence artificielle ?

Mêlant avec génie sa vaste culture littéraire à des actions débridées, Dan Simmons fournit toutes les réponses aux énigmes dont il avait peuplé Ilium. Et en suscite quelques autres…
Robert Laffont Ailleurs et Demain (2006)792 pages 23.00 € ISBN : 2-221-09451-
Traduction : Jean-Daniel Brèque
Titre Original : Olympos
Pocket 2009

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