Paradis perdu de Corinne Guitteaud et Isabelle Wenta

GeMs 1

Dilvich : 2070. Paris est sous un dôme, comme toutes les villes qui ont survécu à la catastrophe qui a ravagé la Terre. Catastrophe climatique qui a fait déborder les fleuves et les mers, et qui a rendu le soleil si dangereux qu’il faut s’en protéger.

Dans les villes, un ordre social s’est installé malgré les pertes humaines et matérielles. Un ordre qui s’appuie en grande partie sur l’utilisation de clones créés pour des besoins spécifiques, depuis les ouvriers aux prostitués. Des clones, les GeMs, au statut social identique au pire esclavage. Tout en étant conscients, ils n’ont aucune existence autre que leur utilisation. Ce ne sont pour les Inédits que des outils. Des choses qui servent aussi à assouvir tous leurs besoins. En fait, les Inédits sont heureux dans les villes.
Et il est censé n’y avoir aucune chance de survie à l’extérieur des dômes.
Seulement propagande ne veut pas dire vérité. À l’extérieur, il y a de la vie. On la trouve dans l’ EDo, le bidonville qui entoure le dôme. Un endroit où l’on survit. Un endroit où les clones qui ont réussi à fuir les dômes gagnent, ou non, la liberté. Là où les Inédits qui ne peuvent plus accepter l’ordre des dômes essayent de créer une nouvelle voie, comme à EDen. Mais aussi un endroit ou les pires tueurs, GeMs ou Inédits se taillent des territoires dans le sang.

À cela, il faut ajouter l’emprise de Mars, ancienne colonie de la Terre, qui après avoir aidé la planète mère à survivre, prend doucement le pouvoir sur elle, avec son consortium, ProsPectiV.

Allan : Quand Gaïl s’enfuit, elle est loin de s’imaginer de toutes les conséquences que cela aura… Seul survivante de son groupe, elle sera recueilli au sein de l’EDen, communauté composé de clones et d’inédits.
Dans ce monde à la couche d’ozone détruite, les clones se retrouvent être les esclaves des non-clones et asservis comme des sous-hommes.
C’est dans cet univers que naîtra un amour entre Gaïl, la survivante, et Gabriel, le monstre génétique

Dilvich : D’abord, voici la présentation par l’une des deux auteures de leur projet commun.

«Voici la petite introduction rédigée par ma coéquipière, Isabelle, pour le projet GeMs, un feuilleton littéraire sur trois saisons de 6 épisodes chacune (au total, 18 histoires). Ce projet un peu fou, nous le portons depuis cinq ans, depuis notre rencontre. Nous avons terminé d’écrire la première saison. Le pilote est téléchargeable gratuitement sur le site http://www.quazar-millenium.net depuis le 31 mars (déjà près de 250 téléchargements et des retours plus que positifs). Nous sommes en contact avec une maison d’édition et espérons finaliser notre projet avec elle assez rapidement. Mais pour la convaincre, nous avons besoin de vous et de votre enthousiasme. Sur le site, vous pouvez aussi télécharger un des titres de la bande originale réalisée par Romano Serra (d’autres seront bientôt disponibles, toujours gratuitement) ou des fonds d’écran réalisés à partir des illustrations d’Annick De Clercq (qui travaille entre autres avec la revue Khimaira)
Je vous dis à bientôt sur Quaza-Millenium.
»

Ce roman est un récit post apocalyptique, sujet typique de la science-fiction où l’on retrouve tous les traits du genre, lorsque la situation a mal tourné : civilisation recentrée sur elle-même, pouvoir politique «renforcé », reconstruction par l’écrasement des plus faibles, toutes ces choses qui nous font un futur paisible et heureux.

Mais il y a toujours des fauteurs de troubles, des jamais contents. Et c’est la vie de ces mauvais outils conscients, comme Gaïl, clone génétiquement modifié pour être un parfait jouet sexuel, ou bien Gabriel, brute moitié tigre moitié humain, dont une Inédite Tasha a éveillé l’intelligence avant de fuir les bienfaits du Dôme pour créer EDen. Gabriel qui va permettre au mythe de la Belle et la Bête de revivre une nouvelle fois.

Puis d’autres personnages, comme Théo, lui aussi un inédit, ancien militaire, qui aide les GeMs à fuir le dôme. Ou bien, ce tueur implacable mystérieux, dont l’un des plaisirs les plus jouissifs est la chasse de tout ce qui est perdu dans l’EDo, la torture morale de ses proies, et leur lente agonie entre ses mains.

D’autres font vivre ce récit, mais j’ai l’impression qu’il va falloir faire attention à ne pas trop s’accrocher aux personnages. EDo est violent, et la Mort y est une habitante beaucoup plus présente que la Vie.

L’écriture est agréable, et le monde est bien posé dans ce «pilote ». Juste équilibre entre description du monde et celle des personnages, chacun ayant déjà une forte personnalité, comme Tasha ou Gabriel, où à construire comme Gaïl.

Maintenant, il ne reste plus qu’à découvrir vers quels nombreux chemins nos deux auteurs vont nous mener. Qui est ce tueur sanguinaire ? Il me plaît bien lui. Et donc à attendre les volumes suivants… harglll. Je hais les séries. 🙂

Pour ceux qui trouveraient la date, 2070, «un peu proche » il est vrai, sachez que c’est un problème déjà amplement discuté sur le forum de http://www.quazar-millenium.net

En prime, quelques auteurs, comme Pierre Bordage, semblent être aussi impatients que moi.

Maintenant, patience, et bonne continuation à Corinne Guitteaud et Isabelle Wenta.

A télécharger ici

Allan : On a souvent l’habitude de dire que les livres de SF abordent toujours les mêmes thématiques et que partant de là, ils se ressemblent tous.
Cela ne s’applique absolument pas à GeMs.
Nous allons pouvoir découvrir dans le roman de Corinne Guitteaud et Isabelle Wenta de nombreux thèmes abordés généralement dans les livres SF… Nous sommes dans un futur indéterminé temporellement (les repères ont changé) ; la couche d’ozone est percée, le soleil tue par ses rayons, des inondations ont tout ravagé, le clonage est fonctionnel, … Comme je le disais, au niveau des thèmes abordés, rien de bien nouveau.
Et pourtant, GeMs ne ressemble à aucun autre roman, la façon d’aborder chaque thématique le rend unique, et nous donne l’impression de tout redécouvrir.
Loin de vouloir nous soumettre à un battage sur les défauts humains, et les conséquences probables de notre incapacité à anticiper, tout est suggéré, donné par petits a-coups, qu’on se prend comme des petites claques…
Quand vous commencez à suivre Gaïl et Gabriel, vous avez l’impression de redécouvrir totalement ce futur pourtant maintes fois décrit.
On peut donc se concentrer sur l’essentiel de l’histoire à savoir : la relation qui va se développer entre Gaïl et Gabriel et au fur et à mesure de l’avancée de cette relation et des évènements, nous allons nous rendre compte que les deux auteures n’ont pas lésiné sur les moyens !
L’Œuvre est bien écrite et bien rythmée ; nous sommes trimbalés d’une communauté à l’autre sans avoir le temps de récupérer…
Par contre, ne lisez pas GeMs comme un simple roman, tentez d’aller au-delà et de réfléchir à la façon dont les clones sont traités dans le livre… Comme si le passé se reproduisait ad vitam et que nous soyons incapables d’accepter “la différence”…Vous pourrez réfléchir notamment comme annoncé en quatrième sur l’humanité mais aussi notre propension à surmonter les différences et à abattre les obstacles

FUTUR PROCHE. La couche d’ozone en lambeaux ne protège plus des rayonnements solaires une Terre dévastée par la brutale montée des eaux. Les survivants de la catastrophe refluent vers l’intérieur, se massent autour des grandes villes repliées sous leurs dômes abritant une élite riche et insouciante. Face aux gouvernements fantoches, ProsPectiVe, un puissant consortium martien, étend son emprise sur la planète mère à bout de souffle. Grâce aux bienfaits qu’il dispense, la vie est facile intra-dôme, surtout depuis la commercialisation d’esclaves clonés, les GeMs, créés pour servir les humains “inédits”. Tandis que l’extérieur des dômes, l’Edo, accueille dans ses ruines les réfugiés, laissés-pour-compte et clones en fuite…
Gaïl s’est évadée du dôme parisien, fuyant un maître haï. Gabriel veille sur EDen, une communauté mixte qui s’est organisée au mieux dans l’ex-banlieue de la grande cité. Lui aussi est un GeM. Mais d’un modèle singulier.
Gaïl et Gabriel vont se rencontrer. C’est l’histoire de la Belle et la Bête dans un avenir hostile où l’on ne sait plus ce qu’est l’humanité. Mais les âmes pures ne renoncent jamais à la quête d’un monde meilleur.

L’Atalante La Dentelle du Cygne (Mars 2006)452 pages 9.99 € ISBN : 2-841-72329-1 Couverture : de Gess

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