Peuch

Luc aime beaucoup l’histoire de l’ogre de Gésirac. Il ne se lasserait pas de l’entendre. Et chaque fois, du haut de ses sept ans, qui font déjà de lui un solide bonhomme, il frémit: penser que ce mangeur d’enfants crûs habitait là, tout près, à deux lieues de chez lui, et qu’il aurait pu venir, une nuit… Luc se sent inondé d’une délicieuse terreur, lui qui a sur les petits garçons d’autrefois l’appréciable avantage de vivre en des temps sans alerte. Car les ogres, bien sûr, maintenant, ça n’existe plus…» Les formes brèves, poèmes ou contes, peuvent aussi bien s’imposer comme nécessaires, à la minute — immédiate ou restituée par le souvenir — où tel son frappe l’oreille, telle image les yeux, telle sensation le toucher, que s’élaborer lentement à partir d’une idée purement abstraite soudain apparue; elles s’accommodent par conséquent de deux modes de perception très distincts, l’un sensitif, à quoi l’intellect ne prête main forte qu’en un second temps, l’autre fonctionnant à données exactement inversées. Aucun exemple ne saurait, probablement, mieux illustrer cela que l’ensemble formé par les Contes de Michel Rullier.
La Clef d’Argent KholekTh (Février 2009 )233 pages 12.00 € ISBN : 9782908254716 Couverture : Sébastien Hayez

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