Planète à louer de Yoss

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  • La Travailleuse Sociale : Buca est devenu dans cette nouvelle organisation une travailleuse sociale, ce qui revient à dire une prostituée, et elle va réussir enfin à quitter la Terre mais à quel prix ?
  • Le spectacle de la mort : Moy est un métis qui a réussi à se faire un nom grâce à un spectacle époustouflant.
  • L’Equipe championne : quand le sport est un moyen pour les terriens de prendre la revanche sur les extraterrestres.
  • Les Règles du Jeu : Les règles « tacites » des agents de la Sécurité Planétaire doivent être expliqués aux jeunes pour éviter qu’ils ne se montrent trop zélés.
  • L’entretien d’aptitude : Si la prostitution, l’art et le sport sont des moyens de dépasser sa condition, un autre de ces moyens est la science.
  • La carte platine : Dans ce monde où les extra-terrestres écrasent l’humanité, l’un d’entre eux semblent vouloir rétablir un peu la balance.

Les guides les emmènent à l’extérieur du gigantesquue édifice et leur montre un simple kiosque à souvenirs de l’Agence Touristique Planétaire, autour duquel le reste des touristes s’affairent, achetant des souvenirs de leur séjour sur Terre.

Et avec un sourire triste et désinvolte, les guides expliquent que le montant des profits journaliers de ce simple kiosque est égal au budget mensuel du Parlement Humain Mondial.

ALLAN

Nous suivons au travers de nouvelles, des personnages différents mais qui ont pour beaucoup fait le choix de quitter la Terre, tout comme un certain nombre de cubains dans les années 90 (et même encore maintenant certainement). Ce n’est d’ailleurs pas moi qui fait le rapprochement entre ces évènements et la fiction décrite dans le livre, c’est l’auteur lui-même au travers de son préface… C’est vrai que ça enlève un peu le charme au récit du coup puisque nous cherchons absolument à trouver ces références à notre monde actuel… Ce qui est rendu d’autant plus difficile que les années 90 sont loin maintenant et que nous n’avons pas forcément tous connu cette période particulière. De plus, les informations actuelles ne nous renseignent pas beaucoup sur le devenir de cette île tellement proche en terme de distance des Etats-Unis et aussi loin au niveau des idéologies…

La trame globale de ces nouvelles et l’annexion de la planète par des extra-terrestres pour éviter la destruction de cette dernière… En tout cas, sur le papier puisque dans les faits, les gentils aliens vont en profiter pour faire de notre belle planète bleue, le summum des lieux touristiques et l’exemple ultime du capitalisme. Bien entendu, cela n’a rien à voir avec ce qui se passe au sein de nos gouvernements : nous intervenons dans les pays en guerre civile uniquement à des fins humanitaires et si nous en profitons pour récupérer un peu de bien être pour nos concitoyens, notamment en terme énergétique, cela n’a pour autant rien à voir avec les faits décrits dans ce livre ;).

Ce qui est intéressant est la position de l’auteur sur la « Fuite » des cubains (en fait dans notre cas, les terriens) : nous retrouvons exactement les mêmes ficelles qu’actuellement et, s’il est indéniable que l’auteur à l’époque parlait de Cuba, cela peut s’adapter à n’importe lequel des pays sous régime dictatorial… Certains vont fuir en acceptant la prostitution, comme Buca, et espérer qu’un riche accepte par la suite de les tirer de cet engrenage, quelqu’en soient les conséquences. D’autres moyens de fuite existent aussi tel le sport, les arts et les sciences… Mais toujours avec un prix très élevé, commençant déjà par l’abandon de toutes les connaissances, la famille, …

Et pour au final quoi ? N’est-il pas plus utile de lutter sur place, et d’essayer de participer à la libération globale plutôt que de faire le choix de l’égoïsme ? Car c’est bien de cela dont il s’agit dans le livre de Yoss : l’opposition entre ces personnalités qui décident de tout sacrifier pour s’en sortir seul et ceux qui choisissent de lutter pour la collectivité.

Bien sûr, certaines ficelles sont grosses et on pourra reprocher certaines lenteurs pour certaines des nouvelles mais je trouve que l’auteur a bien réussi à rythmer l’ensemble puisqu’il a alterné des nouvelles courtes, présentant le monde tel qu’il est devenu de façon « factuel » à ses nouvelles concernant les personnalités.

J’ai trouvé par contre les descriptions dans « Le Spectacle de la Mort » à la limite du supportable, trop c’est trop mais d’un autre côté, rien ne m’empêchait de sauter à la nouvelle suivante. Un gros bémol aussi sur L’entretien d’aptitude non du fait de la nouvelle en elle-même se présentant comme un entretien… Or les réponses de cet entretien sont « décalées » par rapport aux questions… J’entends par là que la réponse 2 est mise sous la question 3, la réponse 3 sous la question 4… Je ne sais pas si c’est volontaire, mais en tout cas, je n’ai pas pu la finir ;). Complément : je viens d’avoir confirmation qu’il s’agit bien d’une volonté de l’auteur, et donc c’est bien moi qui suis passé à côté ;).

Les remerciements de l’auteur ne sont pas à négliger bien que nous les passions souvent, car il fait le rapprochement entre ses personnages et la réalité de la vie cubaine de l’époque nous facilitant la tâche de compréhension… D’ailleurs, il faut probablement les lire avant 😉

Un recueil / roman à découvrir pour plusieurs raisons : d’abord parce qu’il est globalement intéressant en terme d’histoires mais aussi parce que la SF Cubaine n’est pas forcément courante sous nos cieux.

ETIENNE

La Terre est sous tutelle extraterrestre (xénoide) pour lui éviter l’autodestruction. Les xénoides la considèrent cependant plus comme une colonie à exploiter, limitent son développement et en ont fait un parc d’attraction à grande échelle, y compris pour du tourisme sexuel – thème particulièrement présent.

Le roman est écrit comme une série de portraits indépendants – qui naturellement se rejoignent et se complètent à la fin. Portrait assumé d’une ile de Cuba transportée dans le futur, les héros n’en sont que rarement admirables, les tranches de vie décrites sont souvent tragiques, le désespoir y est un des moteurs principaux d’action.

Le rythme est plutôt agréable, les chapitres/nouvelles/portraits se lisent rapidement, mais à part le portrait de Cuba transposé dans un futur pessimiste, l’ensemble aurait pu avoir plus de profondeur, plus de développements. Une novella aurait pu suffire.

Les remerciements de l’auteur ouvrent quelques pistes d’autres auteurs sud américains à découvrir, espérons les croiser prochainement, ou trouver leurs rares livres traduits : Domingo Santos, Eduardo Heras Leon, Roberto Urias, Eduardo Galeano

 

Mnemos (Janvier 2011) – 272 pages – 19,50€ – 9782354080938

illustration : Alain Brion

Traduction : Sylvie Miller (du cubain)

Titre Original : Se alquila un planeta (2002)

Premier Chapitre : Lire

Dans un futur indéterminé, une guerre nucléaire totale est sur le point d’éclater. Afin de sauver la Terre, des espèces extraterrestres en prennent possession, après avoir fait montre de leur force en annihilant l’Afrique. Ils y imposent des règles draconiennes visant à rétablir l’équilibre écologique. Un siècle plus tard, notre planète est redevenue un paradis, un « monde souvenir », où les riches xénoïdes viennent faire du tourisme. Mais derrière l’image d’Épinal, les conditions de vie des Terriens sont loin d’être idylliques.

Buca, la prostituée, Moy, l’artiste métis ou Alex, le scientifique de génie, tous n’aspirent qu’à une seule chose : fuir… partir… s’exiler… quitter la Terre… par tous les moyens !

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