POD de Stephen Wallenfels

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Moyenne : 10.0/10 (1 vote pris en compte)

J’ai trouvé l’écriture de Stephen Wallenfels vraiment très agréable et le choix du présent comme temps de narration est très bon ; ajouté à la première personne du singulier, il rend ce titre très immersif. On suit les personnages au jour le jour, un parti pris parfait pour ce genre de roman ‘post-apocalyptique’. En effet, l’ambiance est sombre, très sombre, à l’image de “Je suis une légende” de Matheson ou “La Route” de Cormac McCarthy. En un peu plus léger puisque les protagonistes sont très jeunes… même si certaines situations restent difficiles à supporter.

 “Surviving an alien siege is one thing…

Surviving humanity is the real battle !”

Dans “POD“, deux personnages principaux nous sont présentés, dont les voix s’alternent. La situation est simple : d’étranges sphères extra-terrestres ont envahi le ciel et pulvérisent tout ce qui bouge. Josh, un jeune homme de seize ans, est enfermé chez lui avec son père et son chien à Washington. Il tente d’aborder la situation avec beaucoup de légèreté et de prendre du recul, une façon de voir les choses adaptée à son âge où profiter du moment présent est le point central et l’avenir n’est que très abstrait ; pour le coup, dans cette situation, l’avenir est vraiment abstrait. Bien sûr, la réaction de son père est bien différente et quelques conflits de génération s’installent, qui font naître des discussions fort intéressantes. Megs, quant à elle, n’a que douze ans et se retrouve seule dans une voiture, dans un parking de Los Angeles. Elle va faire preuve d’une grande maturité et d’un immense courage pour survivre. On lui découvre également une vie chaotique, de quoi la rendre extrêmement touchante. En règle générale, les héros de ce roman sont vraiment attachants et ont une très belle évolution au cours du roman.

 “Une semaine ou deux… voilà qui mérite réflexion. A quoi ressemblera la vie à ce moment-là ? Mmm… finalement, c’est assez facile à prévoir. Un peu comme si je lisais un livre qui ne contiendrait que des chapitres absolument identiques. Chaque fois qu’on tourne la page, on retrouve les mêmes mots. Autant sauter directement à la fin et en finir.”

Le début du roman coïncide avec le début de l’invasion extra-terrestre ; tout comme les personnages, le lecteur n’en sait pas grand chose et n’en saura pas plus au cours de l’histoire. Le point central de “POD” réside dans la survie et dans les différents comportements qui se mettent en place chez l’être humain pour permettre cette survie. Ils sont confrontés à la faim, la douleur, la mort… Autour d’eux, d’autres personnages ont d’autres comportements dont certains plein d’égoïsme, qui prennent le pouvoir et font régner la terreur afin d’assurer leur confort. Il y a peu d’entraide, le ‘chacun pour soit’ prime ; un point qui ressort toujours dans ce genre de récit, pourtant je ne suis pas totalement convaincue que toute l’espèce humaine réagirait ainsi… A mon sens il y a peu de suspense dans ce roman et pourtant, il est très prenant et je l’ai lu très rapidement. J’avais toujours très envie de savoir ce qui adviendrait des personnages centraux. D’autant plus que sur la fin, quelques évènements ont tout de même réussi à faire monter la tension et même à me tirer quelques larmes. D’ailleurs, le dénouement m’a semblé abrupt, j’aurais aimé rester plus longtemps en compagnie de Josh et de Megs.

 Pour conclure, “POD“, pour un premier roman de Stephen Wallenfels, est vraiment très bien écrit et pose une ambiance oppressante. La survie prime, les simples choses de la vie ressortent vraiment et la nature humaine se dévoile. Une suite est en cours d’écriture.

“Josh a quinze ans. Megs en a douze. Josh vit à Washington ; Megs est coincée dans le parking d’un hôtel. Tous deux sont prisonniers : lui dans sa propre maison, avec son père et son chien, elle, seule, dans une voiture. Dehors, des Perles de mort sont apparues dans le ciel et zappent tous ceux qui osent s’aventurer dans la rue. Dans ce nouveau monde, un seul mot d’ordre : survivre… La fin de l’humanité. Ou peut-être son commencement ?”

Hachette (14 septembre 2011) – Black Moon – 288 pages – 16€ – ISBN : 9782012022911

Traduction : Alice Delarbre

Titre VO : POD (2009)

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