Reflets de la conscience (Les) de Michel Rozenberg

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  • Tout n’est qu’illusion : Stanislas fait depuis quelques temps des rêves bien étranges ce qui n’a de cesse d’énerver sa femme Jocelyne. Après un réveil post-cauchemardesque, Stanislas se prépare à partir au travail, avec d’autant plus d’enthousiasme – et de stress – que cette journée est d’une certaine façon une consécration avec une évolution hiérarchique non négligeable.
  • Indécence : Comme tous les jours, Jérôme se met dans le fond du bus de façon à pouvoir regarder et imaginer les scènes les plus torrides avec ces lycéennes qui ne font qu’aguicher les passagers.
  • Allessandra : Quand il est allé à Venise, il ne se doutait pas qu’il assisterait à une scène de ménage aussi violente et plus étonnant encore, il croise la femme battue un peu plus tard !
  • Bourg paisible : En gare de V., le rôdeur a averti que l’homme était de retour et qu’il devait fuir, se cacher car son dernier passage fut aussi celui où un mystérieux drame s’est joué dans cette ville où pourtant plus aucun train ne devrait s’arrêter.
  • La proximité des extrêmes : Théo finit ses vacances qu’il a voulu de rêves à Rome, et c’est donc avec déjà l’esprit au retour qu’il circule dans les rues de la ville. Quand il bouscule une vieille femme, il l’injurie, lui refuse tout aide, après tout si elle est là, c’est parce qu’elle n’a pas pris soin de se couvrir tout au long de sa vie.
  • Jusqu’au bout des rêves
  • Chinoiseries : trois amis en vacances se trouvent attirés dans un restaurant chinois au cours de leurs vacances car l’une d’entre eux est persuadé d’avoir été appelée par un homme à l’intérieur… Pourtant, le restaurant est vide.

La préface de Claude Bolduc (que nous avions interviewé il y a quelques temps, c’est par ICI) résume en somme très bien tout ce qui fait l’intérêt des nouvelles de Michel : à savoir, il s’agit d’un glissement dans le fantastique pour des hommes et des femmes ordinaires, qui vont se retrouver dans un situation extraordinaire.
Mais pas forcément de façon subite, il va leur falloir un certain temps pour assimiler leur nouvelle existence, pour assimiler cette diffraction de la réalité qui va les entraîner bien souvent dans un monde d’angoisse qu’il ne pouvait soupçonné, souvent confrontés à leurs démons intérieurs, comme ce pervers qui traîne autour du lycée et que l’on sent capable de passer à l’acte.
Le titre de ce recueil représente très bien son contenu ; chaque nouvelle va mettre le protagoniste en face de ces défauts, rarement de ces qualités : soif de pouvoir dans Tout n’est qu’illusion, perversion sexuelle dans Indécence, Curiosité dans Alessandra, …
J’ai accroché plus particulièrement à La proximité des extrêmes qui malgré un fond déjà lu et relu plusieurs fois, prend une dimension particulière sous le traitement de texte de Michel.

Asgard–  (Mai 2010)- Les Nuits d’Avril 244 pages – 17.00€ – 9782960076608 
Couverture : Pascal Thiebaux

Imaginez que vos fantasmes les plus secrets soient percés à jour ; que les fondations de votre vie se désagrègent ; que votre espace se réduise et vous piège ; que des objets apparaissent et s’évanouissent autour de vous ; que vous arriviez trop tard à chaque évènement de votre vie. Que feriez-vous pour empêcher l’inéluctable ?

Lorsque le rêve et la réalité se confondent, lorsque des brèches zèbrent le mur de la cohérence, lorsque le banal dérape pas à pas, lorsque les repères et les références s’effilochent, il ne reste plus qu’un ultime garde-fou pour nous protéger de la chute finale : notre conscience.

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