Rivages de Gauthier Guillemin

Nouveau titre de la collection Albin Michel Imaginaire, Rivages de Gauthier Guillemin va nous narrer la recontre entre un citadin et la nature, dans un monde qui semble être d’une façon post-apocalyptique au vue des signaux que nous recevons.

En effet, notre personnage principal semble décider à quitter ce monde froid et enfermé que représente la Cité : isolée du reste du monde et totalement métalisée, cette cité semble enfermée les derniers humains qui ne voient dans la nature à côté qu’une source potentielle d’agressions depuis les temps où l’homme déforestait…

Tout en béton armé d’acier, tout en aspérités de ferraille et de verre, cette fortification des humains s’élevait telle une île au milieu d’une canopée ininterrompue. Le ressac verdoyant se brisait inlassablement contre les rives inhospitalières d’un des derniers territoires des hommes.

Alors, lorsque celui qui deviendra le Voyageur décide de quitter ce monde de béton et de métal, pour l’ensemble des hommes restants dans cette enclave, il s’agira d’un départ définitif, et c’est aussi ainsi que notre Voyageur fera ses premiers pas dans le Dômaine, non donné à cette grande canopée qui semble faire le siège des dernières zones humaines.

Pourtant, loin de l’image qu’il s’en faisait, mais sûrement parce qu’il souhaitait aussi s’y intégrer, notre homme va rapidement se transformer et croiser différentes populations, issues ou non des légendes populaires qui l’aideront à mener cette transformation. Après la difficulté à rechercher son alimentation, notre homme va découvrir qu’il a le don de voyager d’arbre en arbre : sa symbiose avec cette nature qui semblait hostile est désormais totale. Sa rencontre avec les Ondines et notamment Sylve, une herboriste, sera l’apogée de sa nouvelle vie.

Il rejoindra cette étrange communauté où chacun travaille pour la communauté dans son domaine de compétences sans qu’il n’y soit poussé ou bousculé par les autres membres de la Communauté. C’est aussi au sein de cette nouvelle vie qu’il en apprendra plus sur l’histoire du monde et sur les raisons de ce nouvel état de fait.

Le récit est à l’image de l’excellente couverture d’Aurélien Police relativement contemplative, ce que je veux dire par là qu’il s’agit essentiellement de retracer le cheminement personnel du personnage principal. Il s’agit aussi comme vous vous en doutez d’une réflexion écologique et notamment notre positionnement vis-à-vis de cette nature que nous maltraitons encore et toujours malgré le risque avéré que cela peut avoir sur notre avenir. Cette réflexion autour de notre rapport au vivant peut être un sujet qui détournera le lecteur d’un récit poétique et philosophique dont l’action est totalement absente. Cette lenteur du récit est déstabilisante, de même que la forme d’écriture, à la troisième personne, et la quasi absence de dialogue.

Cela peut paraître long par moment, on peut le reconnaître, mais le reconnaître sans préciser que cela nous permet une forme d’introspection ne serait pas lui rendre hommage. Il est évident pour moi qu’il faut vouloir rentrer dans le texte et dans le sujet pour l’apprécier. La mise en avant d’une citation d’auteurs classiques (Charles Baudelaire, Victor Hugo, …) donne l’impression d’être un petit clin d’œil au métier de l’auteur, ces citations étant en même temps le titre et l’accroche du chapitre.

Un roman donc qui permet de réfléchir à la place de l’homme et à son rapport à la nature, un récit relativement contemplatif qui ne plaira pas à tout le monde.

Albin Michel Imaginaire (Octobre 2019) – 250 pages – 18,90€ – 9782226443762
Couverture : Aurélien Police

On l’appelle le Voyageur.

Il a quitté une cité de canalisations et de barbelés, un cauchemar de bruit permanent et de pollution qui n’a de cesse de dévorer la forêt.
Sous la canopée, il s’est découvert un pouvoir, celui de se téléporter d’arbre en arbre.
Épuisé, il finit par atteindre un village peuplé par les descendants de la déesse Dana, une communauté menacée par les Fomoires, anciennement appelés “géants de la mer”. Là, il rencontre Sylve, une étrange jeune femme au regard masqué par d’impénétrables lunettes de glacier.
Pour rester avec elle, dans ce village interdit aux Humains, le Voyageur devra mériter sa place.
Le seigneur des anneaux est assurément le livre préféré des Ents, mais Rivages pourrait sans doute les séduire.

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