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Mélangez un livre d’histoire et un peu de fantasy, et vous obtiendrez le Roi d’Août.
Ce roman sur la vie de Philippe Auguste est bien documenté. La Croisade, Freteval, Bouvine, on y est, c’est certain, dans le sable et la chaleur en Judée, dans le… dans les combats en France. C’est peut-être un peu trop chevaleresque, et manque un peu de réalisme. On ne parle jamais ce qui arrive au gros des troupes… aux pietons…

Si vous aimez l’histoire pleine de batailles et d’intrigues politiques simples, vous y trouverez sans doute votre compte. Si vous souhaitez un roman avec un peu plus de détail sur le contexte politique de l’époque, sur la culture, il vaut mieux choisir un autre roman. L’effort est cependant remarquable et portera ses fruits pour certains. J’ai cependant trouvé que l’univers médiéval reconstitué par Michel Pagel était comme trop souvent composé de clichés, ceux avec lesquels on apprend l’histoire, mais ne les dépasse pas. Je trouve dommage que le roman en reste un peu là.

Pour ce qui est de l’intervention du merveilleux, si l’on commence en y entrant de plein pied avec le personnage de Lysamour, il disparaît pour un temps certains. Les personnages féériques réapparaissent, certes, mais avec un certain retard. Isambour est de même un peu lente à la comprenette, quand elle ne comprend que sur le tard comment elle peut se rendre utile pour son cher amour. Et mademoiselle est tellement pleine de bons sentiments. Ces bons sentiments peuvent évidemment expliquer une page… non, un paragraphe… étrange de l’histoire. Mais c’est tellement rose…

Et c’est un vrai roman merveilleux : Philippe est une espèce de bête de l’amour quand il le souhaite, et fait mal quand il en a envie. Les dames n’arrêtent pas de grimper au rideau (ou à leurs tapisseries) dès qu’on leur effleure le bliaud. C’est juste totalement extraordinaire ! Un vrai roman qui fait rêver !

Bref, c’est une bonne lecture de détente, agréable et facile.
Si vous souhaitez par contre lire un roman historique d’une rare profondeur, avec de la vie non synthétique, des croisades, et des réflexions sur la culture et les croyances de son époque, je vous conseille plutôt Baudolino d’Umberto Eco. (lecture peu facile, mais quel régal ! )

A l’âge de quatorze ans, Philippe, promis aux plus hautes fonctions du royaume de France, s’égara lors d’une chasse en forêt. De la bouche d’un être que d’aucuns auraient cru légendaire, il apprit de quelle fantastique ascendance il était l’héritier, ainsi que la véritable nature des pouvoirs royaux des capétiens. Sa vie entière, le souverain resta hanté par cet événement qui modela à jamais sa personnalité et ses actes, d’alliances en conflits avec la papauté ou les Plantagenêts, et jusqu’à la stupéfiante répudiation de sa seconde femme, la belle Isambour de Danemark. Voici contée ici la destinée exceptionnelle du roi Philippe-Auguste : une chronique strictement fidèle aux faits relatés par les témoins de l’époque, mais qui révèle enfin ce dont l’histoire n’a gardé trace…
J’ai Lu Fantasy (Février 2005)700 pages 9.00 € ISBN : 2-290-32502-3 Couverture : Vincent Madras
Flammarion 2002

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