Roi du matin, reine du jour de Ian McDonald

“Charlotte, qui occupe le lit voisin, m’a demandé pourquoi je reste assise à la fenêtre, à longueur de nuit. Ne suis-je pas consciente de ce qui m’attend si soeur Thérèse me prend sur le fait ? D’ailleurs, que puis-je voir de si intéressant dans les ténèbres ?
“La chasse de Ceux qui vivent éternellement, partis aux trousses d’un cerf aux bois d’or dans la forêt de la nuit en compagnie de leurs chiens aux oreilles écarlates. Ecoute ! Ne les entends-tu pas aboyer ? N’entends-tu pas tinter les clochettes d’argent des harnais de leurs chevaux ?”
Journal d’Emily Desmond

Roman en trois parties, racontant l’histoire de trois héroïnes irlandaises : Emily, Jessica et Enye. Trois générations de femmes dans l’Irlande du XXème siècle, de 1913 au début des années 90. Chacune d’elles a des pouvoirs mystérieux (que nous ne dévoilerons pas ici), leur permettant d’entrer en contact (que ce soit voulu ou non) avec le surnaturel.

La première partie, sous forme épistolaire, donne la parole à Emily, qui s’exprime à travers son journal. Les autres personnages interviennent eux aussi au moyen de correspondances ou de journaux. C’est aussi la partie la plus poétique, qui donne la part belle à la mythologie celtique.

La seconde partie concerne le personnage de Jessica, et c’est avec elle que l’on commence à réellement saisir le propos de l’auteur, que je ne peux dévoiler ici, au risque de gâcher le plaisir du futur lecteur…

La troisième partie, très rythmée, s’attache au personnage d’Enye, jeune femme active vivant donc au début des années 90. Le jour, elle travaille dans une agence de pub, et la nuit, elle combat le “Mal” (en fait les créatures surnaturelles qu’elle seule peut voir mais qui menacent notre monde…) sabre au poing.

Ian McDonald, auteur britannique passionné par l’Irlande, n’est pas encore très connu en France, et c’est bien dommage. Il est vrai que seuls deux autres ouvrages ont été traduits avant celui-ci (“Desolation road” en 1989 chez Robert Laffont, pour lequel il avait eu le prix Locus, et “Necroville” en 1996 chez J’ai Lu, plus quelques nouvelles). Mais il faut croire que 2009 est l’année de son retour chez les éditeurs français puisque Denoël prévoit la sortie d’un deuxième ouvrage (“River of Gods”), ainsi que Bragelonne (“Brasyl”). Et c’est une bonne nouvelle !

“Roi du matin, reine du jour” est de ces romans qui vous marquent durablement. Savant mélange de fantasy et de fantastique, avec une petite dose d’histoire et de mythologie irlandaise, et ces trois héroïnes, très différentes (car chacune bien campée dans son époque) et particulièrement attachantes. Chacune d’elle pourrait en fait être une personnification de l’Irlande, à différents stades de son histoire( mais c’est une interprétation personnelle).

Si la première partie pourra paraître déroutante à certains par sa forme épistolaire, elle est en fait parfaitement justifiée car elle “colle” exactement au personnage d’Emily (qui est dans l’introspection), et surtout au contexte temporel, en donnant une petite impression désuète (nous sommes au début du XXème siècle).

On ne peut que saluer le travail du traducteur, Jean-Pierre Pugi, qui restitue subtilement le style magnifique de l’auteur.

En bref, un roman magnifique, profond, qui ravira les lecteurs de fantasy exigeants, voire sûrement les lecteurs non initiés au genre mais connaisseurs de l’Irlande et/ou de mythologie celtique.

Roman en trois parties, racontant l’histoire de trois héroïnes irlandaises : Emily, Jessica et Enye. Trois générations de femmes dans l’Irlande du XXème siècle, de 1913 au début des années 90. Chacune d’elles a des pouvoirs mystérieux (que nous ne dévoilerons pas ici), leur permettant d’entrer en contact (que ce soit voulu ou non) avec le surnaturel.

La première partie, sous forme épistolaire, donne la parole à Emily, qui s’exprime à travers son journal. Les autres personnages interviennent eux aussi au moyen de correspondances ou de journaux. C’est aussi la partie la plus poétique, qui donne la part belle à la mythologie celtique.

La seconde partie concerne le personnage de Jessica, et c’est avec elle que l’on commence à réellement saisir le propos de l’auteur, que je ne peux dévoiler ici, au risque de gâcher le plaisir du futur lecteur…

La troisième partie, très rythmée, s’attache au personnage d’Enye, jeune femme active vivant donc au début des années 90. Le jour, elle travaille dans une agence de pub, et la nuit, elle combat le “Mal” (en fait les créatures surnaturelles qu’elle seule peut voir mais qui menacent notre monde…) sabre au poing.

Emily Desmond, Jessica Caldwell, Enye MacColl, trois générations de femmes irlandaises, folles pour certains, sorcières pour d’autres. La première fréquente les lutins du bois de Bridestone quand son père, astronome, essaie de communiquer avec des extraterrestres qu’il imagine embarqués sur une comète. La seconde, jeune Dublinoise mythomane, se réfugie dans ses mensonges parce que la vérité est sans doute trop dure à supporter. Quant à Enye MacColl, katana à la main, elle mène un combat secret contre des monstres venus d’on ne sait où.
Creusant la même veine, âpre et magique, que “La Forêt des Mythagos” de Robert Holdstock, “Roi du matin, reine du jour” nous convie à un incroyable voyage dans l’histoire et la mythologie irlandaises.

Denoël Lunes d’encre (janvier 2009)480 pages 25.00 € ISBN : 9782207259818
Traduction : Jean-Pierre Pugi
Titre Original : King of morning, Queen of day (1991)

Couverture : Michael Koch

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