rose au paradis (une) de Ren

Lucie est vendeuse de machines à coudre. Quand elle a un accident de voiture volante, elle est dépannée par George Jonas, un expert mondial en mécanique. Elle a 32 ans, lui 28, elle est célibataire, lui trop absorbé par la science pour se préoccuper des femmes. Elle l’invite à diner et se couche dans son lit. Un mois plus tard, ils se marient puis elle tombe enceinte.
Pourtant le monde est en crise. La science vient de découvrir la Bombe U, une bombe atomique si peu chère et si simple à concevoir, que les entreprises, les pays africains, les églises et les lycées peuvent les construire. La Terre entière est remplie de Bombe U, on parle même de les construire à la chaîne. Un Homme, M. Gé, décide de s’y opposer. Il construit une arche contenant les animaux et les plantes les plus importants, et s’y enferme avec les Jonas. Juste avant, il fait sauter une Bombe U qui, dans une réaction en chaîne, fait exploser les autres. Il ne reste de la Terre qu’un immense champ de ruines et de désolation, soumis aux retombées radioactives.
Dans leur abri, les Jonas ont eu une fille, Jif, et un garçon, Jim. La vie est monotone, les repas ne varient jamais, tout est figé, jusqu’à ce que les deux enfants commettent l’irréparable : l’inceste.


Ce livre est un des derniers de René Barjavel, le premier et un des plus grands auteurs français de SF. Souvent renié à cause de ses liens bizzares avec l’occupant allemand lors de la seconde guerre mondiale, il n’en reste pas moins que ses livres sont toujours excellente, comme le montre une fois de plus ce livre.

Dans celui ci, il réunit plusieurs mythes marquants de la civilisation occidentale, qu’ils soient modernes ou antiques. Nous avons ainsi droit à la corne d’abondance et l’âge d’or, les survivants sont oisifs, tranquilles, reçoivent tout le nécéssaire de la machine. On dirait presque une traduction moderne des métamorphoses d’ovide, quand il parle de l’âge d’or. (j’ai le texte latin, mais ce n’est pas nécéssaire), suivi du mythe chrétien de l’arche de Noé. Hormis qu’ici, les animaux sont en quantité différente, selon leur utilité future, et certains ont totalement disparu. Ainsi M.Gé garde des milliers de papillons, mais seulement d’un sexe, pour éviter la reproduction, tout en provoquant un peu de joie le jour de leur envol. Il a adapté l’arche aux exigence modernes, capitalistes, productivistes.

Il y a aussi la peur de la Bombe, qui est ici largement parodié, avec une succession de bombes toutes plus puissantes les unes que les autres, pour finir par la Bombe U, peu chère, facile à concevoir, qui est à portée de tous. Ainsi les églises, les lycées, les pays pauvres, les PME, les particuliers, tous fabriquent des bombes U. Evidemment, avec la Bombe, il y a aussi les survivants. Loin des stéréotypes du paysan isolé, du stupide individu, de l’asile de fous, nous avons ici une famille normale, une mère ancienne vendeuse, un père génie de la mécanique, et des jumeaux destinés à repeupler le monde.

En outre, Barjavel aborde un des grands tabous des sociétés primitives et dévéloppées. Toutes l’interdisent, mais lui en fait une nécéssité, l’inceste. Il reste un garçon et une fille, ils sont de la même famille. Ce sont les derniers représentants de l’humanité, comment faire???

Au final, une fresque burlesque, où des instincts primaires se reveillent dans les endroits les plus incongrus. Les héros font des bêtises inconcevables, reflètent bien l’humanité, quand elle est prise au piège : chacun pour soi, les autres on s’en fout !!

Barjavel aura écrit sur à peu près tous les grands sujets majeurs de la SF, reprenant ici une partie de la trame de Ravages, son chef d’oeuvre. Même si la situation est légèrement différente.

Une gigantesque manifestation réunit Place de la Concorde des millions de femmes enceintes venues dénoncer les effets de la bombe U. Mais il est déjà trop tard…Le cataclysme se déclenche. La planète Terre est réduite à néant. Cependnat, Lucie, l’une des manifestantes échappe mystérieusement à la déflagration.
Seize ans plus tard…Lucie vit avec son mari et ses enfants dans un univers étrange où le temps n’existe plus, où il suffit d’appuyer sur un bouton pour obtenir vêtements et nourritures.
Que s’est il passé? Pourquoi ont-ils échappés au cataclysme? Qui est l’énigmatique Monsieur Gé que les enfants assimilent confusément à un Dieu?

Presses de la Cité (1981)217 pages ISBN : 2-266-03258-5 Couverture : Michell Funk
1981

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