Sans Nouvelles de Gurb de Eduardo Mendoza

“16h.00 J’entre dans une boutique. j’achète une cravate. Je l’essaye. Je conclus qu’elle me va bien et j’achète quatre-vingt-quatorze cravates pareilles. 17h.00 J’entre dans une charcuterie et j’achète sept cents jambons fumés. 20h.00 Je décide que l’argent ne fait pas le bonheur, je désintègre tout ce que j’ai acheté, et je continue ma promenade les mains dans les poches et le coeur léger.”

«Le 20
7h00. Je me pèse sur la balance de la salle de bains : 3 kilos, 800 grammes. Si on tient compte du fait que je suis pure intelligence, c’est une abomination. Je décide de faire de l’exercice tous les matins.
7h30. Je sors, dans l’intention de courir six milles. Demain j’en courrai sept. Après-demain huit, et ainsi de suite.
7h32. Je passe devant une boulangerie. J’achète une tarte aux pignons et je la mange en rentrant chez moi. Je laisse la course à d’autres.»

Gurb a disparu dans Barcelone, dissimulé sous les traits de Madonna. Précision : Gurb est un extraterrestre. Parti à sa recherche sous une apparence moins voyante, son coéquipier tient scrupuleusement le journal de ses observations. Une délirante et désopilante des moeurs de notre société…

L’avis d’Etienne

Les tribulations d’un extraterrestre débarquant sur Terre, ça n’a rien de bien original. Mais quand Mendoza imagine cette recherche du disparu, il pose un tel choc culturel entre les extraterrestres et l’Espagne qu’il est difficile de résister à son humour.

De fait, ce petit livre (125 pages) est ce que j’ai lu de plus drôle ces derniers temps, largement au niveau de Pratchett. Les rebondissements sont incessants, l’écriture est très rapide et permet de concentrer beaucoup d’aventures en peu de pages.

Mendoza en profite bien sûr pour dénoncer gentiment quelques travers espagnols. J’ai sûrement laissé passer beaucoup d’allusions, puisque le roman est fortement imprégné du contexte espagnol : lieux et noms ne me sont pas familiers. Qu’importe : Sans Nouvelles de Gurb est un “must have” que se doit d’avoir lu tout amateur de SF.

L’avis de Marie L
A la recherche de son ami et collègue Gurb, l’extra-terrestre va tenir un journal de ses (més)aventures. Imbibés d’alcool, les E.T. vont perdre toute inhibition et décrire, adopter et très vite parodier, caricaturer nos modes de vie, nos comportements parfois grotesques, superficiels. Ainsi, le regard étranger (celui de l’E.T. qui découvre un lieu inconnu) révèle toute l’absurdité de notre société !
Avec beaucoup d’humour, le récit de l’E.T. livre une peinture douce-amère de notre société, une satire assez juste, mordante, mais qui n’invite pas à la réflexion, qui n’approfondit pas la critique (comme le ferait un Persan ou un Ingénu, mais peu importe!).
En bref : une lecture très divertissante, un petit plaisir !

Le Seuil Point (2001)125 pages 5.00 € ISBN : 9782020482363
Traduction : Francois Maspero
Titre Original : Sin noticias de Grub (1990)

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