Sociales Fictions de Gérard Klein

Voici enfin le livre que j’attendais depuis très longtemps !! Pourquoi ? parce que le but est cette fois de montrer que la science-fiction n’est pas uniquement une littérature populaire ou une sous littérature mais qu’elle peut répondre à des questions futures mais aussi actuelles.
Dans cet ouvrage, vous allez pouvoir, après avoir lu une nouvelle faisant partie du patrimoine mondial, avoir une réaction d’économiste et de sociologues autour de cette histoire.
De nombreux thèmes vont être traités : société d’information, surpopulation, économie, mimétisme…
Le choix des nouvelles est très bon et la façon d’élargir sur les problèmes de société nous permet peut-être de mieux appréhender les difficultés contemporaines.
Une expérience à renouveler bien évidemment…

Quelle chance nous avons !! Pour compléter notre dossier sur Sociales Fictions nous avons pu poser quelques questions aux sociologues et économistes qui ont participé à l’élaboration du livre qui rappelons-le est un livre plutôt scolaire mais qui pourra néanmoins intéressé tout le monde…

Allan : La première question qui me brûle les lèvres est : comment et pourquoi avez vous été liés à cette aventure ?
Sylvie, François et Christophe : Sylvie, sociologue qui travaille au Département des études, de la prospective et des statistiques du Ministère de la culture, a toutsimplement été contactée par Nolwenn Tréhondart des éditions Bréal quiavait le projet d’un ouvrage original mêlant science fiction et commentaires socio-économiques sur le monde contemporain. Elle-même lectrice de SF et très intéressée par le projet, Sylvie a contacté François, économiste qui travaille aussi au DEPS et Christophe, sociologue en poste à la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou. Nous avons vu dans le projet une triple opportunité : travailler sur un genre littéraire encore largement marginalisé sur le plan institutionnel mais qui nous tenait à coeur ; articuler les regards sociologique et économique souvent disjoints pour mieux appréhender le monde contemporain ; jouer à plein sur le parallèle a priori improbable SF/Sciences sociales (d’où le titre, et le sous-titre qui est un clin d’oeil à K. Dick). Il faut dire aussi que nous étions séduits par l’idée de disposer d’un support original et riche (voir l’iconographie) pour proposer une pédagogie ludique des sciences sociales s’inspirant assez librement des programmes scolaires des classes de 1ère et terminale mais surtout des problématiques actuelles (chômage technologique, cybernétique, culture jeune… Pour ce faire, il était crucial que le recueil comporte des nouvelles récentes).

Allan : Êtes vous vous mêmes fan de SF ?
Sylvie, François et Christophe : Nous sommes lecteurs de SF, ex-gros lecteurs de SF à vrai dire (plutôt que de fantasy), en un mot : amateurs. Il faut préciser également que certainsd’entre nous sont de gros lecteurs de bandes dessinées qui émargent de cet univers (comme certains choix d’iconographie l’indiquent) On peut dire que ce qui nous intéresse dans la SF, c’est ce projet de construction de mondes possibles, nous qui, par professions, sommes plutôt dans le “démontage analytique”.

Allan : Pensez vous que ce genre d’ouvrages permettra un jour de faire sortir la SF (mais aussi la Fantasy ou le Fantastique) de cette image de sous-littérature ?
Sylvie, François et Christophe : Participer à un projet d’édition d’une anthologie commentée de nouvelles de science fiction chez un éditeur scolaire et universitaire est en soi une entreprise de légitimation qu’on le veuille ou non, en l’occurrence, c’était délibéré de notre part ! Ceci-dit, aujourd’hui on peut plus facilement qu’hier remettre en question l’idée que la SF soit une sous-littérature : elle est une littérature “de genre”, identifiable tant par ses productions que par le coeur de son lectorat, et de ce fait, légitime en tant que telle.
Ce que l’on retire de cette expérience c’est d’abord et avant tout la satisfaction d’avoir mené l’entreprise à son terme et d’être parvenus à un résultat que l’on espère agréable, instructif et stimulant pour le lecteur. Si le lien paraissait relativement logique intellectuellement parlant entre SF et sciences sociales, les choses ont été moins évidentes quand il s’est agit de bâtir le format d’un commentaire pertinent. Pour le dire vite, il fallait éviter tout autant le piège du commentaire littéraire (tout en restant très proche des nouvelles qui ne sont pas que des alibis) que celui de l’analyse critique sur les erreurs et les impasses de certaines des anticipations, notamment des textes les plus anciens.

Allan : Comptez vous renouveler l’expérience ?
Sylvie, François et Christophe : Oui, bien sûr, c’était une aventure très riche et la collaboration avec Nolwenn Tréhondart a été très fructueuse. Si cet ouvrage trouve ses lecteurs, nous avons en réserve d’autres idées…

Interview réalisée par mail entre le 2 et le 8 novembre 2004. Mise en ligne : 9 novembre 2004 © 2004 www.fantastinet.com – Tous droits réservés –

Les androïdes rêvent-ils d’insertion sociale ? Que dirait E.T s’il décrivait le monde des hommes tel un chercheur en sciences sociales ? Les aliens sont-ils bien ceux que l’on pense ? La société a-t-elle trouvé sa forme la plus aboutie chez les humains ?
Au fil de douze nouvelles de science-fiction, sélectionnées par Gérard Klein et couvrant une période allant de 1955 à 2002, deux sociologues et un économiste, Sylvie Octobre, Christophe Evans et François Rouet atterissent ainsi dans des mondes étranges et commentent les textes de J.B. Morton, Harry Harrisson, Isaac Asimov, Ann Warren Griffith, Robert Sheckley, William Gibson, Jean-Pierre Hubert, Lee Hoffman, Kurt Vonnegut Jr., Cami, Robert Sheckley et Jacques Sternberg.
Et si tout l’économie capitaliste n’était finalement… qu’une bulle de savon ?

Bréal (Septembre 2004)287 pages 22.00 € ISBN : 2-749-50065-6 Couverture : Joëlle Parreau

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