Spin de Robert Charles Wilson

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Moyenne : 9.0/10 (1 vote pris en compte)

Nous sommes restés assis hanche contre hanche tandis que le ciel s’obscurcissait.
Puis les étoiles sont apparues.

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  • Allan : Depuis que les étoiles ont disparu alors qu’ils avaient une dizaine d’années, Tyle Dupree, Jason et Diane Lawton ont eu des réactions différentes.
    Tyler est devenu médecin, tandis que Diane s’est réfugiée dans la religion et que Jason tente de percer les secrets du Spin.
  • Orcusnf : Les étoiles disparaissent une belle nuit, mais la vie continue, différente désormais. Car, on s’en rend vite compte, à chaque année qui passe, c’est 100 millions d’années qui s’écoulent dans l’univers. Il ne reste guère que 50 ans à vivre pour les terriens. Mais la vie continue, elle le doit.Jason et Diane Lawton sont tous deux enfants d’un riche industriel, et sont surdoués qui plus est. Propriétaire d’une entreprise d’aérostats, le père profite du Spin pour faire fortune. Car tous les satellites sont retombés sur terre, alors la solution pour les communications réside dans le plus léger que l’air, dans l’aérostat. En quelques années, il se batit un empire technologique, et devient le conseiller des présidents américains. Plus rien ne se fait sans lui. Il fonde alors Périhélie, un lobby scientifique censé l’aider dans sa tâche. Mais de lobby, l’organisation devient agence gouvernementale spatiale, à la tête de laquelle est Jason. Contrairement à son frère, Diane a mal vécu le Spin, et a sombré dans le fanatisme chrétien, entrant dans le mouvement NR.C’est une longue déchéance qui commence pour elle.

    Dans leur sillage, il y a Tyler Dupree. Ami d’enfance, d’un an plus jeune qu’eux, son père, mort dans un accident, avait fondé avec E.D Lawton l’entreprise d’aérostats. Lui et sa mère vivent de l’hospitalité des Lawton. Amoureux en secret de Diane, il sait pour autant qu’à cause de son père, ils ne pourront jamais s’aimer. Il reste l’ami pauvre, qui fait des études de médecine sans prétention. Le confident, celui qui est toujours là, mais qu’on oublie quand on en a pas besoin. Et pourtant, son rôle devient crucial, étroitement lié au Spin.

 

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  • Allan : Je viens de passer en compagnie de Robert Charles Wilson une excellente semaine. La façon dont sont décrites les situations ne laisse a priori aucune chance de survie à l’humanité.
    En effet, très rapidement, nous apprenons que le Spin en plus d’occulter les étoiles et notre soleil, protège la Terre du temps qui passe : le temps se déroule beaucoup plus vite à l’extérieur du Spin qu’à l’intérieur entrainant une précipitation – dans la mesure terrestre du temps – de la fin du monde (car il est connu que le Soleil est voué à disparaitre). La question de la cause de cet évènement est bien entendu une partie importante du récit mais passe néanmoins au second plan – à mon sens – par rapport aux réactions humaines.
    J’ai trouvé que les trois personnages au centre de l’intrigue représentent de façon indiscutable la majorité des réactions possibles de l’humanité… Entre le renoncement de Diane (réfugiée dans la religion), la soif d’explication de Jason et la neutralité de réaction de Tyler qui décide de poursuivre sa vie tranquillement.
    Tout le roman oscille entre l’intime (et les relations entre les 3 amis) et les grandes scènes.
    Un vrai régal et pas étonnant que le roman ait décroché le Hugo…
    A savoir maintenant si la fin doit être considéré comme optimiste ou pessimiste…
    J’attends la suite avec impatience.
  • Orcusnf : Spin est le lauréat 2006 du prix Hugo, autant dire que ce n’est pas de la camelote. Il y a quelque chose en dessous, un truc qui l’a rendu meilleur (ou moins pire) que la concurrence. Déjà, avec Darwinia, Wilson avait failli le décrocher son Hugo, et maintenant il l’a. A nous d’en profiter, et de voir ce qui s’est passé.Déjà, une chose n’a pas changé, Wilson est toujours l’écrivain de l’Evenement. J’entends par là qu’après un début normal, une situation initiale paisible mais brève, on arrive en quelques pages à l’Evenement, celui qui change tout, affecte tout le monde, rend le monde différent, indéniablement. Dans Darwinia, c’était l’Europe remplacée par un nouveau continent, ici c’est la disparition des étoiles. Et c’est toujours le même mécanisme. Des héros qui y assistent dans leur enfance, y sont impliqués immédiatement, et se sentent donc concernés. Sans surprise, ils orbiteront autour de cet Evenement, une fois adultes, et chercheront à percer ses secrets. Et à la fin, nous aurons des révélations, pas forcément riches, mais satisfaisantes.
    Une démarche classique, mais efficace aussi. Car, il n’y a pas à dire, l’histoire tournoie autour de nous. L’intrigue est riche, en détails, en rebondissements, en personnages, en hypothèses qui s’effondrent les unes après les autres. On croit imaginer beaucoup d’explications, l’auteur nous y encourage, et casse tous nos échafaudages par un renversement de situation. Mais ici, aucune facilité scénaristique, le deus ex machina, s’il existe vraiment, ce sont les créateurs du Spin. Tout se construit à partir de leur postulat de départ, on entre presque dans démarche de Hard Sf, c’est logique, implacable, mécanique. Il y a des indices, toujours, à nous de les saisir et de les mettre dans le bon ordre. Et c’est dur, heureusement que la fin arrive d’ailleurs. Mais c’est agréable aussi, car on sait que l’auteur ne se moque pas de nous, que son livre nous pousse à réfléchir, à s’y engager.

    Il n’est pas consensuel, il n’est pas facile, il n’est pas à dévorer. Il est à lire,à apprécier, à examiner. Tous les livres ne le sont pas, et ne sont pas forcément mauvais pour autant. Il occupe un pan particulier, avec d’autres, et le fait bien. Personnellement,,j’ai lu des livres bien meilleurs que Spin cette année, mais ils avaient le tort d’être français, et de n’obtenir qu’un grand prix de l’imaginaire, qu’un bob morane, ou qu’un rosny par exemple, et pas un Hugo. Il est bon, mais les français aussi le sont. Dans un cas comme celui ci, il n’a pas démérité son Hugo, mais ça n’en fait pas le meilleur livre de l’année, loin de là. On y prend du plaisir, car Wilson maîtrise son art, mais on ne le mettra pas pour autant au pinacle de la SF.

 

Etienne : Retour sur ce livre avec la sortie de l’édition poche début 2010. Pas grand chose à ajouter sur le fond de l’intrigue, je trouve effectivement les personnages centraux assez représentatifs, même si Tyler aurait mérité un peu plus d’épaisseur : sa position de narrateur empèche un peu son épanouissement et, comme dans Le Meurtre de Roger Ackroyd, son rôle de narrateur tend à cacher son rôle effectif dans l’intrigue, semblant secondaire mais central.
Contrairement à d’autres romans construits autour de l’imbrication de plusieurs histoires, celle-ci est plus linéaire, faisant seulement des bonds d’avant en arrière dans la chronologie. C’est un roman qui reste épais mais sans susciter l’ennui le moins du monde. Pas au point de ne pas réussir à attendre la suite en poche mais je suis impatient quand même.<br ><br >Une nuit d’octobre, Tyler Dupree, douez ans, et ses deux meilleurs amis, Jason et Diane Lawton, quatorze ans, assistent à la disparition soudaine des étoiles. Bientôt, l’humanité s’aperçoit que la Terre est entourée d’une barrière à l’extérieur de laquelle le temps s’écoule des millions de fois plus vite. La lune a disparu, le soleil est un simulacre, les satellites artificiels sont retombés sur terre. Mais le plus grave, c’est qu’à la vitesse à laquelle vieillit désormais le véritable soleil, l’humanité n’a plus que quelques decennies à vivre… Qui a emprisonné la terre derrière le Bouclier d’Octobre ? Et s’il s’agit d’extra-terrestres, pourquoi ont-ils agi ainsi ? <br >Denoël Lunes d’encre (Février 2007)545 pages 9.99 € ISBN : 9782207258040 <br >Traduction : Gilles Goullet <br >Titre Original : Spin (2006)<br ><br >Couverture : Manchu <br >

Spin de Robert Charles Wilson, 9.0 out of 10 based on 1 rating

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