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First, the foot race; then, the arm race; then, the brain race, and, finally, the human race

Le révérend Lazare prêche pour l’Eglise de la pénétration infinie qu’il a crée il y a 9 mois de cela. Ses quêtes lui rapportent beaucoup, ses adeptes sont nombreux et fidèles. Dans ce monde, les églises traditionnelles ont été remplacées par des évangelistes escrocs toujours prêts à donner un peu de sécurité à des populations mal à l’aise. Mais, en pleine nuit, une enfant vient lui avouer qu’elle a assassiné sa mère. Puis un des employés d’une agence anti-trauma, une entreprise chargée de soigner violemment les enfants pour les remettre dans le droit chemin, lui annonce qu’ils ont fait rêver l’enfant de ce meurtre pour lui en ôter l’envie. La colère inhibe toute prudence et le révérend se laisse entrainer. Il insulte l’employé qui, pour se venger, envoie un virus bloquer le compte bancaire du prêtre.

Celui-ci, déciode alors d’envoyer un contre-virus pour débloquer son compte. Mais ne voulant pas être découvert, il change d’identité et décide de devenir informaticien, un retour aux sources en somme. Il sera Sandy.P.Locke.

En vacances, il rencontre une cadre de GTS, une entreprise chargée de construire des usines en orbite. Grâce à elle, il est embauchée dans cette firme d’où il pourra s’assurer que son compte est intact et toujours non détecté par les autorités.

Il est un pirate, en fuite depuis 6 ans après son évasion d’un centre gouvernemental. Son génie lui a permis de rester incognito, mais pour combien de temps encore.


Ce livre semble, de loin, être le plus réussi. Non pas qu’il soit particulièrement bien écrit, le style de Brunner est toujours le même et celui-ci ne dépassera jamais Tous à Zanzibar, son chef-d-oeuvre. Mais sur l’onde de choc est, de tous ses livres appartenant au cycle des futurologies, celui qui est le plus proche de la vérité. Bien sûr, tous les autres avenirs décrits dans Tous à Zanzibar ou dans Le Troupeau aveugle restent possibles, voire inéluctables. Mais dans l’état actuel des choses, il n’est vraiment pas tombé loin. Il prédit en effet l’hégémonie d’un réseau informatique sur les Etats-Unis pour 2010. Nous sommes actuellement en 2006 et apparemment, il ne s’est pas trompé.

Bien sur, de petits détails ne sont pas réalisés et ne le seront pas à temps, tels la panaoïa de l’information, les agences anti-trauma ou l’explosion des paris. Mais quand au reste, le processus est en bonne voie et pourrait être réalisé pour 2020.

Ce qui fait le plus peur n’est pas le réseau informatique, c’est le sort d’individus comme Nickie Halflinger, enfermés dès l’enfance dans des centres de formation d’élites. Dans le contexte actuel où les pays sont prêts à trahir leurs idéaux pour recruter des diplomés, cette prévision nous semble bien proche. Les grandes écoles à la française en sont un des aspects bien particulier.

Mais, en dépit du poids écrasant du réseau sur les individus, le héros réussit grâce à ses talents personnels voire, disons le, son génie, à échapper à son destin tragique et à retourner la situation. C’est ici la préfiguration du personnage du Hacker, individu solitaire toujours en train de trafiquer des logiciels.

Ce qui nous amène à dire que ce livre est peut être le premier ouvrage cyberpunk. Bien que John Brunner le nie, les faits sont là, Nécromancien est encore loin et ce livre traite déjà des méfaits de l’informatique sur une société future. Avec Dick, il est le père du cyberpunk. Ses virus ne sont encore que des couleuvres, ses ordinateurs sont encore assez limités, mais ils existent. Rappelons nous Tous à Zanzibar où les ordinateurs sont des mastodontes réservés à des grosses firmes et au coût faramineux. Ici, chaque famille dispose de son propre ordinateur. Brunner sait s’adapter à son époque. Son oeuvre repose toujours et encore sur les faits, la science et les accidents déjà arrivés.

Et franchement, ça fait toujours aussi peur.

2010…L’Amérique du Nord est recouverte d’un réseau informatique qui traite et retient toutes les données concernant les personnes, les entreprises, les institutions et toutes autres entités identifiables.
Le réseau est accessible à partir de n’importe quel téléphone public, ou privé. Encore faut-il connaître un code privilégié pour avoir accès à toutes les informations du réseau. Ou à presques toutes. Car il existe sans doute des codes plus puissants.
Tous vivent dans l’angoisse d’en savoir moins que le voisin, et tous subissent “le choc du futur”, entrainé par les modifications constantes de l’environnement, les mutations technologiques, les migrations incessantes auxquelles contraint la nécessité de changer fréquemment d’emploi.
Nickie Haflinger, sorte de génie de l’informatique qui compose des programmes pour ordinateur comme s’il s’agissait de symphonies, à une revanche à prendre sur ce réseau. Il veut sa ruine. Mais un homme seul peut-il venir à bout de la sociéte informatisée?

Robert Laffont Ailleurs et demain (1977)290 pages ISBN : 2-221-01706-4
Traduction : Guy Abadia
Titre Original : The Shockwave Rider
Fact et Fiction 1975

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