Temps des changements (le) de Robert Silverberg

Kinnal est le fils cadet du plus grand septarque (seigneur d’une des sept terres de la planète Bortham) et à ce titre il ne montera jamais sur le trône car comme le veut la tradition, c’est l’aîné qui accède au pouvoir. La planète a été colonisée quelques millénaires auparavant par les terriens. Ils ont installé une religion particulière : on ne doit pas parler de soi sous peine d’être un « montreur de soi », ce qui est l’insulte suprême. Cela entraîne une grammaire particulière : on ne dit ni « je » ni « me, moi » , l’expression est totalement impersonnelle et pour compléter l’image de la planète, il est impossible de se confier à qui que ce soit excepté les frères et sŒurs de lien : chaque enfant à la naissance reçoit un frère et une sŒur de lien à qui confier ses turpitudes. Kinnal, à la mort de son père se voit obliger de quitter son pays car l’accession de son frère au trône représente un danger pour lui. Il profite d’une visite de Noïm, son frère de lien, à son père, pour quitter la région. La séparation est d’autant plus dure qu’il est amoureux de Halum, sa sŒur de lien, amour par ailleurs impossible. C’est au cours de son voyage qu’il rencontrera Schweiz le tentateur, terrien à la recherche de croyances, qui partagera avec lui la drogue de Sumara permettant la fusion des esprits et la découverte du Soi.

L’histoire est bien trouvée, avec cette civilisation totalement en opposition à notre mode de pensée. Contrairement à nous aucune des personnes de ce monde ne se confie à ses congénères mais seulement à des frères de lien et à des personnes spécialement payées pour écouter (qui sont en fait des prêtres de leur religion). Pourtant, l’action se traîne en longueur. On a du mal à se concentrer sur cette histoire où la raison de la traque du héros n’apparaît que bien tardivement. Perdu dans les méandres de la conscience du héros , on se retrouve en plus gêné par la tournure des discussions notamment par l’emploi de l’impersonnel par les protagonistes. Ce n’est pas la meilleure Œuvre de Silverberg

Le Livre de Poche (2002)253 pages ISBN : 2-253-02310-8
Traduction : Alain Dorémieux
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Couverture : Jackie Paternoster
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