Trilogie Loredan (la) de K. J. Parker

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Allan : Loredan est avocat, un très bon avocat… Entendez par là qu’il est dans les meilleurs dans le métier, sa longévité en étant la preuve. Faut savoir que le talent oratoire des avocats n’a aucune importance, les affaires judiciaires se réglant au cours d’un combat d’épée.
Son dernier combat d’ailleurs s’est conclu par sa victoire ce qui ne fut pas du gout de la nièce de l’avocat occis.
Elle décide donc de le maudire, de façon à ce qu’elle lui reprenne la vie au cours d’une autre joute judiciaire…
Cela va sans dire que ça provoquera des remous, car entre temps, il se retrouve protégé de ses autres adversaires…

Et s’il n’y avait que cela !! Une guerre se profile à l’horizon contre les peuples des plaines et comme Loredan est un « ancien » héros, il risque de reprendre du service dans une ville où l’on considère être protégée du fait de son importance…
Dilvich :Bardas Loredan est juriste, ou plutôt avocat dans la ville de Perimadeia. Avant d’être avocat, il a été soldat, combattu les tribus nomades, et a fait parti des quelques survivants de la dernière compagnie de cavalerie de la ville.

Perimadeia est une cité immense, trois villes construites les unes sur les autres, ceinte de murailles telles qu’elle n’a jamais été prise. C’est le pôle commercial le plus important de ce monde. On y fabrique, on y achète et on y vend tout ce qu’il est possible de fabriquer, acheter ou vendre. C’est un lieu où artisans, inventeurs, créateurs trouvent toujours à faire. Une ville riche, mais qui, comme pour toute ville riche a besoin d’avoir ses pauvres pour le montrer.

Bardas est avocat donc. Et le système juridique de Perimadeia est très particulier. Pour être avocat, il faut d’abord, et surtout savoir manier l’épée. Oui, c’est un système particulier, parce qu’une affaire non résolue à l’amiable fini par se régler entre deux avocats, l’arme à la main. Bardas fait ce métier depuis dix ans. On peut en déduire que c’est un très bon épéiste. Mais l’âge le rattrape, les genoux deviennent douloureux, même si les réflexes sont toujours là.

A Perimadeia, il y a aussi des écoles de magie. Mais malheureusement, à la grande tristesse des mages, pas de cette magie qui permet d’envoyer des boules de feux, de repousser les démons, et de se transporter instantanément d’un point à l’autre. On y étudie le Principe. Cette chose qui lie toute chose. Cependant, cela permet quand même de lancer des malédictions. Et malgré sa sagesse, le Patriarche Alexius, cédant à une jeune élève, va faire des avancées bien malencontreuses et douloureuses dans sa connaissance du Principe.

Pendant ce temps, dans les Iles proches, et chez les barbares nomades, certaine personne s’intéressent de plus en plus à ce havre marchant. Bardas Loredan va se retrouver contre son gré au centre de multiples évènements dont il se serait bien passé. C’est vrai quoi, juste au moments où il prend enfin sa retraite.

Allan : Avant de parler du contenu, je parlerais du design particulier que les éditions Bragelonne ont donné à cette série : il est très réussi. Je trouve que la couleur vieillit l’Œuvre, lui donnant un petit air ancien qui pourrait passer pour des mémoires. Par contre, la police de caractère pour le quatrième de couverture ne me semble pas trop lisible…

En ce qui concerne l’histoire, je la trouve un peu longue à démarrer et bien qu’il soit nécessaire de bien poser l’histoire comme dans toute Œuvre de fantasy, je trouve néanmoins cette mise en place trop détaillée et certains détails auraient peut-être mérité d’être développés un peu plus tard.
Cette façon de rendre la justice est pour le moins originale – non pas le fait de la rendre par les armes, mais le fait de le faire par les armes dans un tribunal – et les conséquences de la malédiction étonnante mais à bien y réfléchir cohérentes.
Autre point agréable, le caractère de Loredan qui est loin d’être le héros habituel, bravant tous les dangers et toujours sûr de ces actions : le notre a une légère tendance à l’alcoolisme (ou au moins à la beuverie répétée) et est bien loin d’être un personnage « fréquentable ».
Le tout est servi par un écrit fluide, ponctué de scènes d’action (pas trop nombreuses, juste ce qu’il faut) et des dialogues qui permettent de couper un peu l’ensemble…

Dilvich : D’abord, Bragelonne nous a fait un très joli objet. Un livre que l’on a plaisir à avoir en main. Juste un regret, il manque une carte du monde de J.K. Parker. Mais cela vient peut être de l’auteur lui-même. Bon, je passe au contenu.

De l’heroic fantasy. Des guerriers, de la magie, un monde de fantasy, des pouvoirs, de l’héroïsme. Voilà pour les constituantes normales. Ce qui fait la différence c’est la façon de traiter tout cela.

Pour la ville, il n’y a rien de particulier, un style de ville de récit de fantasy assez classique, mais bien décrite, vivante. Beaucoup de descriptions, peut-être trop pour certain, car cela ralenti un peu le rythme de la lecture. Mais on sent que l’auteur s’est renseigné. N’étant ni artisan, ni ingénieur, je ne m’avancerais pas sur la véracité, ou l’authenticité du détail techniques, mais cela fait « vrai » 🙂 .

Ce qui fait la différence, c’est son système juridique. Il est amusant de penser que l’auteur, ancien juriste, est inventé ce système. La loi rendu a coup d’épée dans un tribunal est une vision assez intéressante. Il y a aussi la mentalité de la population, cosmopolite, mais on ne trouve aucune trace de racisme. Ce serait plutôt le contraire. Un bien fait apporter par le commerce ?

Du côté personnage, ils sont tous aussi bien rendu que la ville. Que cela soit au niveau de la description physique et que mentale. Les « héros » on bien sur la prédominance, mais l’auteur s’attache à des personnage de second plan, leur donnant le temps que quelques lignes autant d’importance que ceux de premier plan.

En parlant de héros, Bardas est dans celui du héros malgré lui, presque l’anti héros, qui a conscience de ses limites, un peu alcoolique, poursuivit par un passé pas très propre. Un homme qui est bien au courant que lorsque l’on a cette étiquette de héros, c’est que l’on est mort, ou que l’on va mourir. La mort fait partie de son métier, mais il est loin de la souhaiter, et pas par héroïsme.

Les rapports entre personnage sont nombreux, et sans être intenses – même des sentiments comme l’amour ou la haine peuvent donner l’impression d’être un peu froid – ils apportent un véritable contenu émotionnel au récit.

Au sujet de l’écriture, j’ai déjà parler de l’abondance de descriptions, allant de la fabrication de catapulte, et celle d’une épée, dans le détail, presque seconde après seconde. Mais cela est bien fait. Pas de syndrome Zola. Le rythme de lecture est agréable, et les différentes histoires ne perdent pas lecteur. Rajoutez à tout ça quelques mystères par-ci par-là, et vous avez là un bon récit.

Plus qu’à attendre la suite.

Bragelonne (Novembre 2005)
Traduction : Olivier Debernard
Titre Original : The Fencer Trilogy (1998)

Couverture : Didier Graffet

Bardas Loredan se sent bien fatigué…
Il a beau savoir se battre comme personne, les duels sont éprouvants et les affaires bien maigres. Même pour un avocat qui plait en maniant le fleuret.
Et voilà que les terribles tribus des plaines se rassemblent : une gigantesque attaque est imminente. En tant que vétéran, l’un des survivants d’une escouade mythique, Loredan est directement concerné : c’est à lui qu’on a confié la défense de Perimadeia, la Triple Cité que l’on prétend imprenable…
Ajoutez à cela les espions de tous poils, les luttes intestines et tout récemment une malédiction qui lui tombe sur la tête. Pour résister au plus grand siège de tous les temps, il va lui falloir bien plus que du courage.

Trilogie Loredan (la) de K. J. Parker, 5.0 out of 10 based on 1 rating

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