Trois pépins du fruit des morts de Mélanie Fazi

Annabelle est encore une enfant. Amoureuse des livres, surtout ceux de contes et légendes. Très consciente de ses racines grecques aussi. Et son prénom lui déplait, sorte de trahison à son patronyme, Stavrakis.
Elle est encore une enfant, mais à douze ans, bientôt une adolescente. Mais elle refuse les transformations que cela implique. D’abord celles de son corps, puis les autres, sociales. Elle veut rester une enfant. Ne jamais vieillir, ne jamais devenir grande, adulte.
Sa volonté est forte, si forte qu’une déesse va vouloir utiliser ce besoin… ou bien est-ce l’enfant qui a provoqué cette rencontre ?
Kyra est une déesse, anciennement Perséphone, et avant encore, Cora. Sa réponse à Annabelle, l’offre qu’elle lui fait est-elle aussi désintéressée qu’elle veut bien le montrer. Mais les dieux, surtout ceux que l’on oublie, ne sont pas bon avec les humains.

Dilvich : La quatrième de couverture dit « Un roman terrible et fascinant », et je ne peux que rejoindre cet avis. Un roman où l’on retrouve toute la peur de la transformation dû au passage de l’enfant à l’adulte, et plus particulièrement, de la fille à la femme. La perte de la sécurité parentale, les rapports fille et garçon, qui se transforment en adolescent/adolescente. Une peur qui va l’amener sur les berges de la dépression, en tout cas, vu par les yeux des adultes.
De l’autre côté de la réalité, une déesse déchue par les nouvelles croyances, au passé divin meurtri. L’auteur reprenant la pensée selon laquelle les dieux ne sont que création de ceux qui croient en eux.
D’un bout à l’autre, le récit tiens le lecteur, parcourant ce nouveau voyage qui renie toute initiation vers un stade adulte, plongeant dans la sécurité de l’immobilisme de la mort, dans la stase d’un hiver infini. Annabelle suivra l’évolution de son mentor, Kyra, avec ses changements de nom, chrysalide, puis chenilles, pour finir papillon de nuit, mais sans en affronter les affronts du temps. De même pour être mère, elle trouvera une solution, une solution qui existait déjà depuis des millénaires dans les légendes, les contes.

Pour jeunes… filles ?
Impératrice Moa : Enthousiasmant.
Un roman pour adolescent qui a une grande finesse d’écriture, un vocabulaire recherché, un vrai travail d’écriture et d’expression. L’expression des sentiments sonne vraiment juste, et j’ai particulièrement apprécié toutes les évocations de ces petits riens qui rendent le texte réellement vivant. L’ambiance palpable.
On passe très loin des clichés des fins attendues des romans pour ados.
L’approche de la mythologie grecque est remarquable.
Si l’approche psychologique adolescente est très présente au début, elle laisse tout de même rapidement place au fantastique, dès le début des monologues de Kyria.
Je reprocherais simplement un certain manque de clarté sur les tenants et les aboutissants de la chute. Mais je comprendrais sans doute quand je serais grande. 🙂

Annabelle est encore une enfant. Amoureuse des livres, surtout ceux de contes et légendes. Très consciente de ses racines grecques aussi. Et son prénom lui déplait, sorte de trahison à son patronyme, Stavrakis.
Elle est encore une enfant, mais à douze ans, bientôt une adolescente. Mais elle refuse les transformations que cela implique. D’abord celles de son corps, puis les autres, sociales. Elle veut rester une enfant. Ne jamais vieillir, ne jamais devenir grande, adulte.
Sa volonté est forte, si forte qu’une déesse va vouloir utiliser ce besoin… ou bien est-ce l’enfant qui a provoqué cette rencontre ?
Kyra est une déesse, anciennement Perséphone, et avant encore, Cora. Sa réponse à Annabelle, l’offre qu’elle lui fait est-elle aussi désintéressée qu’elle veut bien le montrer. Mais les dieux, surtout ceux que l’on oublie, ne sont pas bon avec les humains.

Nestiveqnen (1 septembre 2003)208 pages 13.50 € ISBN : 2-910899-81-0 Couverture : Jean-Yves Kervevan

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