Un long voyage de Claire Duvivier

Un long voyage est un roman qui plaira autant aux amateurices de fantasy qu’à des personnes qui vont découvrir le genre en nous faisant rencontrer un héros bien loin des standards de la fantasy puisqu’il n’a aucun pouvoir ou ni don particulier si ce n’est celui de l’humanité.

Liesse est un jeune garçon dont le père vient de mourir et la charge familiale fait que sa mère doit se résoudre à le vendre pour permettre aux autres de survivre. Pourtant, l’Empire que nous décrit Claire tente de faire table rase de ces pratiques esclavagistes et c’est donc avec beaucoup de réticences que des représentants de l’Empire l’achèteront, pour de bonnes raisons et pour lui éviter un destin plus tragique.

Cet achat n’est pas anodin dans l’histoire que nous raconte le jeune homme puisqu’il aura deux conséquences principales qui guideront sa vie à venir : frappé du “tabou” dans son pays d’origine, il ne sera pas non plus plus accepté par l’Empire dans lequel il ne disposera d’aucun statut réel. Voulant bien faire et sauver Liesse, ils rendront quasiment impossible son intégration en tant que membre à part entière de l’Empire, tout en mettant en difficulté aussi ses bienfaiteurs.

Pourtant, le jeune homme va creuser sa route et ses qualités vont rapidement le faire repérer par la régisseuse Malvine Zélina de Félarasie. Malvine, contrairement à Liesse, est une héritière d’une des grandes familles de l’Empire couplée à une scolarité d’exception. C’est cela qui la rendra ambassadrice sur l’île de Tan-henua avec pour objectif de développer la relation entre l’île et l’Empire.

Le jeune Liesse va se retrouver le témoin des événements à venir, un témoin privilégié qui va être aussi la mémoire de ce qui s’est réellement passer et du rôle prépondérant de Malvine, On sent que les événements commencent à dater et que la retranscription qu’il en fait se veut fidèle. C’est probablement la raison pour laquelle les dérives et à-côtés se multiplient, rendant pleinement le vécu de l’enfant et de l’homme qu’il est devenu. Rien n’est laissé au hasard et loin de tenter de nous perdre, nous avons le sentiment d’être pris par la main et surtout, d’être l’oreille attentive de l’histoire.

L’Histoire, justement, que nous sentons se dérouler sous nos yeux, page après page, avec cette étrange impression que le narrateur veut que nous la vivions de l’intérieur ou en tout cas que la personne pour qui il la retranscrit la vive ainsi.

Une histoire pleine de nostalgie et de sentiments.

Claire Duvivier a su ici construire son univers, rendre ses personnages vivants et crédibles et plus que tout, elle a réussi de mon côté à me faire voyager.

Aux Forges de Vulcain (Mai 2020) – 315 pages – 19 € – 9782373050806
Couverture : Elena Vieillard

Issu d’une famille de pêcheurs, Liesse doit quitter son village natal à la mort de son père. Fruste mais malin, il parvient à faire son chemin dans le comptoir commercial où il a été placé. Au point d’être pris comme secrétaire par Malvine Zélina de Félarasie, ambassadrice impériale dans l’Archipel, aristocrate promise aux plus grandes destinées politiques. Dans le sillage de la jeune femme, Liesse va s’embarquer pour un grand voyage loin de ses îles et devenir, au fil des ans, le témoin privilégié de la fin d’un Empire.

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