Une cité en flamme de Clément Bouhelier

Olangar – Tome 2

Suite de Bans et barricades, prix de la 25ème heure 2018, Une cité en flamme va nous replonger dans l’univers créé par Clément Bouhelier même si ce deuxième volume peut se lire en toute indépendance du premier. Néanmoins, les personnages étant pour partie ceux de la première aventure, et la situation étant elle aussi la conséquence de Bans et barricades, ceux qui ont suivi Olangar depuis le début resitueront plus rapidement l’univers.

Pourtant, les choses ont évolué : les nains, au travers de leur confrérie, tiennent les activités du port, le chancelier mis en place à Olangar doit essayer de maintenir un équilibre politique fragile et les elfes semblent vouloir se regrouper…

Et nous nous rendons compte très rapidement que la situation est en voie de dégénérer de façon exponentielle. Si les elfes semblent vivre tranquillement à l’écart des hommes, la situation à tendance à se tendre avec la perte de culture et la mort de certain.e.s compatriotes du fait d’une pollution des ressources naturelles. Et les coupables sont tout désignés : il s’agit nécessairement des hommes ! La conséquence va en être que les elfes vont se mettre sur le pied de guerre pour faire stopper une bonne fois pour toute la mise en danger de leur peuple.

Mais ce n’est pas le seul danger qui menace Olangar puisque des terroristes semblent décidés à déstabiliser la région en déclenchant des incendies dévastateurs comme va l’apprendre à ses dépends Evyna, personnage déjà présente dans le premier opus et devenue entre temps suzeraine. Savoir si ces attentats sont dus à la politique de la jeune femme (c’est vrai qu’elle fait énormément de choses pour son peuple, notamment en terme de soins et d’éducation) ou à une volonté d’indépendance de certaines régions.

A Olangar même, la situation n’est pas simple entre un chancelier qui doit ménager chèvre et chou pour maintenir l’ordre et conquérir de nouveaux territoires et une situation intérieure qui est toujours très tendue entre les nains de la confrérie et les forces de l’ordre. On pourrait même ajouter que la situation est tendue entre les nains et notamment entre Kalin et Nockis sur la façon de poursuivre le combat pour les ouvriers.

Donc, la situation devient explosive et ce n’est pas Torgend, exilé qui dira le contraire quand il se rendra compte que des mercenaires orcs sont recrutés pour rejoindre Olangar.

Pour faire simple, on sent que des événements terribles sont en train de se préparer et qu’il va être difficile de les contrer. Pour essayer de prévenir la guerre, la Chancellerie va demander à Kalin et Nockis de rejoindre une enclave d’où semble venir une partie du problème et d’essayer de trouver des preuves pour éviter que les elfes rentrent réellement en guerre. De son côté, Evyna va aussi décidé de rejoindre la même enclave pour des raisons similaires.

L’intrigue va se concentrer essentiellement sur l’enquête menée d’un côté par Kalin et Nockis, d’un autre par Evyna et d’un dernier par Torgend. Les personnages ont une vraie épaisseurs, une personnalité qui va les rendre tantôt attachants, tantôt agaçant mais cohérents de bout en bout dans leurs actions et leur réflexion. On se posera de nombreuses questions, autour du terrorisme qui est au coeur de l’histoire mais aussi bien sûr de l’écologie, de la finance, de la gestion de la chose politique et j’en passe.

Il y ait aussi question de rapports humains (difficile de dire cela en parlant de peuples aussi différents que les elfes, les nains, les orcs et les hommes), tant dans la volonté des 2 nains de mener l’enquête alors même qu’ils sont en opposition avec la chancellerie humaine ou par Torgend qui va contribuer à sauver la situation malgré son exil, auquel nous pourrons aussi ajouter son amitié avec l’orc Ergan.

Clément Bouhélier a réussi avec Une cité en flammes a m’embarqué dans son univers, alors que je n’avais pas participé à l’aventure du premier et je dois avouer que j’ai été beaucoup plus intéressé de mon côté par la dimension politique et la construction du final que par les combats (qui pourtant m’ont aussi beaucoup plu). Le final est plus que surprenant et je n’ai pas vu venir le dénouement même s’il était évident que les trois enquêtes se rejoindraient.

Si le second volume se lisait indépendamment, la fin de celui-ci ne laisse par contre aucun doute sur un futur volume 3… ou alors ce serait une déception tant un certain nombre d’éléments nécessitent une réponse, notamment celle concernant le nouveau meneur du côté des elfes, Alrud, que nous n’avons finalement que peu vu.

Critic (Juin 2020) – 672 pages – 24€ – 9782375791790
Couverture : Sébastien Morice

La menace d’une nouvelle guerre gronde aux portes d’Olangar.
  Furieux de la pollution qui touche leur fleuve sacré, les elfes sont sur le pied de guerre. La Chancellerie charge deux nains, Kalin et Nockis, de trouver les preuves qui permettraient de maintenir la paix.
  Pendant ce temps, dans l’arrière-pays, d’insaisissables incendiaires frappent au hasard, ne laissant dans leur sillage que des cadavres brûlés. Quand la province d’Enguerrand est frappée à son tour, la jeune suzeraine Evyna n’a d’autre choix que de revenir à la capitale pour mener l’enquête et arrêter les tueurs.
  Elle ignore que, très loin de là, son ancien compagnon d’armes, l’elfe Torgend, a décidé de quitter son exil forcé sur le continent des orcs et de regagner lui aussi le royaume.

Laisser un commentaire